Du spectacle avant les larmes : retour sur la semaine cycliste

On ne pouvait pas commencer cette chronique sans un mot sur la principale information de la semaine. Comme vous le savez sans doute, Michael Goolaerts est décédé à la suite d’un arrêt cardiaque durant Paris-Roubaix. Nous renouvelons nos condoléances à tous ses proches. Le cyclisme est bien sûr dérisoire face à de tels événements. Mais la saison va continuer de battre son plein, alors en attendant, on revient sur les tops et flops de la semaine : Paris – Roubaix, Tour du Pays Basque et une multitude d’épreuves Continentales en France ou en Belgique. Il y en a pour tous les goûts.

Peter Sagan a décroché tous les favoris de Paris-Roubaix à 50km de l’arrivée, avant de s’imposer en duel avec Dillier. C’est l’homme fort de la semaine.

Top coureurs

Peter Sagan (Bora Hansgrohe)
Il remporte enfin Paris – Roubaix ! Souvent déçu sur les pavés français, il n’avait jamais fait mieux que 6eme. Cette année, Peter Sagan a réparé l’erreur en s’adjugeant la course pour la première fois. Après le Tour des Flandres 2016, il ajoute donc un deuxième Monument à son palmarès. Un coup de génie tactique. A plus de 50 kilomètres du terme, il profite d’une succession d’attaques, et donc une désorganisation générale, pour prendre le large. Les favoris ne le reverront plus. En duel avec Dillier, échappé matinal, le sprint est une formalité ! Sagan did it !

Primoz Roglic (LottoNL-Jumbo)
On passe du nord de la France au Pays Basque. Primoz Roglic a parfaitement géré sa semaine espagnole. D’abord dans la roue de Julian Alaphilippe, il a profité d’un contre-la-montre largement favorable à ses qualités pour s’imposer et tuer la course. La suite n’a été qu’une formalité, avant de gérer son écart sur la dernière étape. Déjà très à l’aise sur cette épreuve en 2017, avec deux étapes à la clé, il remporte sa première course par étapes World Tour.

Silvan Dillier (AG2R La Mondiale)
Il n’a pas gagné, mais il était évident qu’il méritait une place importante dans les tops de la semaine. Quelle course il a proposée sur Paris-Roubaix ! Silvan Dillier prend l’échappée matinale en début de course. Un relais pour Naesen ? En théorie pourquoi pas. Jusqu’à ce que Sagan débarque sur son porte-bagage. A deux, ils vont aller au bout. 250 kilomètres d’échappée, et une 2eme place à l’arrivée sur le vélodrome ! Même si sa tactique de rouler de A à Z peut être contestable, rien que pour l’exploit, on ne peut que l’applaudir.

On peut également nommer Julian Alaphilippe (Quick-Step) qui a remporté les deux premières étapes au Pays Basque, malgré une fin de semaine plus compliquée. Jasper Stuyven (Trek Segafredo), qui malgré la tactique assez catastrophique de son équipe, a sauvé les meubles en terminant à une très belle 5eme place. Enfin, Tanguy Turgis (Vital Concept), plus jeune coureur à terminer Paris-Roubaix depuis plus de cinquante ans, à seulement 19 ans. Il termine même 2eme Français.

Flop coureurs

Arnaud Démare (Groupama FDJ)
Il l’a reconnu lui-même à l’issue de la course, il n’avait pas les jambes. Ce n’est bien sûr pas suffisant pour éviter les flops de la semaine. On peut tout autant pointer du doigt la performance d’équipe de FDJ, qui a roulé à l’avant à 200km du but, lorsque l’intérêt était très limité. Et quand les ennuis d’Arnaud Démare ont commencé, personne ne l’a aidé avant un moment. L’équipe est passée à côté de son Paris-Roubaix, son leader ne termine qu’à une anecdotique 61eme place.

Alexander Kristoff (UAE Team Emirates)
Les semaines se suivent et se ressemblent pour le Norvégien. C’est la grande déception de cette saison de Classiques pavées. Alexander Kristoff était encore aux abonnés absents ce dimanche. L’ancien vainqueur du Tour des Flandres a d’abord été piégé une première fois, puis ensuite les jambes n’ont jamais répondu. 57eme au final, conclusion d’une saison flandrienne 2018 à oublier. Il va falloir vite se ressaisir car la confiance s’en va.

Sep Vanmarcke (EF Education First)
Peut-être gagnera-t-il un jour la grande Classique qu’on lui promet depuis tant d’années… On ne peut pas lui reprocher de ne pas jouer aux avant-postes. Mais il en faut plus que ça pour aller chercher un Paris-Roubaix. Il a en plus longtemps eu l’assistance de Taylor Phinney, en grande forme. Mais il n’a jamais rien tenté pour prendre le large. Au final il s’en tire avec une 6eme place. Honorable. Mais honorable seulement, comme d’habitude… pour un coureur qui n’a toujours pas la moindre victoire World Tour.

On voulait aussi parler de Greg van Avermaet (BMC), homme fort de 2017 sur les pavés, qui repart bredouille de la campagne 2018. Dimanche encore, on l’a vu puisqu’il est à l’origine de l’attaque décisive de Sagan, mais encore un peu court. Du côté du Pays Basque, on peut évoquer Michael Woods (EF Education First), qui n’a jamais brillé durant la semaine, et Ilnur Zakarin (Katusha), pour les mêmes raisons, lui qui peine à retrouver la forme.

Top équipes

Bora Hansgrohe
La victoire sur Paris – Roubaix est aussi collective. Si Peter Sagan a porté la bonne attaque comme un grand, au moment opportun, il a réussi à gagner du temps grâce au travail de ses équipiers. Daniel Oss a connu quelques galères, entre les chutes et les crevaisons, mais a quand même pu épauler son leader. Mais Marcus Burghardt, présent avec les favoris au moment de l’attaque, a pris la tête du peloton en cassant le rythme, lui faisant gagner de précieuses secondes. La suite on la connaît, le champion du monde a pris du champ jusqu’à la victoire.

Quick-Step Floors
Sur le Tour du Pays Basque, Quick-Step a encore montré le maillot. Trois victoires d’étape en six étapes : deux pour Alaphilippe, une pour Mas, qui termine d’ailleurs 6eme du général. Mais aussi la victoire de Fabio Jakobsen sur le Schelderprijs. On attendait l’équipe sur Paris-Roubaix. Si elle n’a pas gagné, sa tactique était néanmoins cohérente. Faire sortir ses cartes une par une, pour reposer Terpstra dans le peloton. Leur seule erreur aura été de ne pas suivre Sagan. Pourtant, le Hollandais s’en sort quand même avec un podium.

Flop équipes

Dimension Data
Les semaines se suivent et se ressemblent. Dimension Data n’y arrive pas. Sur toutes les courses, tous les terrains, personne dans l’équipe n’arrive à briller. Cela commence à faire beaucoup de désillusions. Un top 15 d’étape en six jours de course au Pays Basque. Et que dire de Paris-Roubaix ? Les pavés ont été une grande galère. Edvald Boasson Hagen n’a pris que la 34eme place. Les résultats de l’équipe sud-africaine deviennent préoccupants… et les semaines défilent.

Trek Segafredo
Ce n’est pas vraiment un flop de résultat comme l’équipe ci-dessus. Ici, c’est plutôt une tactique qui laisse à désirer. Sur Paris-Roubaix, Trek Segafredo a semblé complètement perdue. Pedersen avait donné d’excellentes garanties durant la saison. Pourtant l’équipe s’en est servi comme un équipier, en le sacrifiant, sans grandes raisons évidentes. Mais surtout, Stuyven et Degenkolb ont eux aussi roulé… Là, on ne comprend pas. Heureusement, le Belge était très fort dimanche et sauve les meubles de son équipe. Mais on est passé proche d’un bide complet.

Rendez-vous lundi prochain, pour un nouveau point sur la semaine cycliste à venir.

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