Objectif Loujniki : Le Mexique

WeSportFR vous propose « Objectif Loujniki », en référence à la mythique enceinte moscovite récemment rénovée pour la Coupe du monde 2018 qui accueillera notamment la finale le 15 juillet prochain. Cette série livrera un focus sur les 32 pays participant au Mondial, par ordre croissant du classement FIFA d’avril 2018.

Aujourd’hui, à J-9, on parle quesallidas et carnitas avec l’une des sélections les plus excitantes de ce Mondial : le Mexique !

Parcours en qualifications

Pour le Mexique, les éliminatoires 2018 de la zone Amérique du Nord ont ressemblé, comme à l’accoutumé, à une vraie balade digestive. Entrée au Quatrième Tour avec les autres têtes de série, El Tri a d’abord disposé d’une poule dans laquelle figuraient le Honduras, le Canada et le Salvador….pour un quasi sans-faute (5V, N, 16 points sur 18 possibles).

Au cinquième et dernier tour, qui voit les six meilleures nations des éliminatoires se battre pour trois places (plus une qualificative en barrage), les hommes de Juan Carlos Osorio ont rapidement mis fin au débat en enchaînant les matchs sans défaite, tout en remportant les confrontations directes face aux concurrents les plus « menaçants » (Costa Rica, Panama..). Avec un ticket pour la Russie validé à trois journées de la fin, le Mexique a pu tranquillement préparer sa septième participation de rang à la compétition reine…Un peu trop tranquillement d’ailleurs, puisque neuf joueurs de la sélection ont été pris en flagrant délit, le week-end dernier, de soirée très arrosée en charmante compagnie dans un hôtel de Mexico, provoquant un gros scandale au pays !

Style de jeu

Pour tout amoureux de jeu et de tactique, le Mexique est une source d’inspiration sans fin. Menée depuis 2015 par le Colombien Juan Carlos Osorio, grand adepte de Marcelo Bielsa, El Tricolor propose un jeu merveilleux d’intensité et de dynamisme, avec un jeu de position comportant une coloration inspirée du FC Barcelone de Johan Cruyff, mais aussi du Mexique 2006 de Ricardo La Volpe qui avait détonné lors de la Coupe du Monde en Allemagne.

Souvent campé avec une défense à quatre (modulable), la Verde est une équipe constamment en mouvement, avec un objectif clair : déséquilibrer par les déplacements le bloc équipe adverse, pour trouver rapidement le décalage vers les zones de supériorité numérique, notamment vers les côtés ou les paires Lozano/Salcedo et Layun/Vela combinent très bien et débordent souvent leurs adversaires directs. Pressant très haut à la perte du ballon, en favorisant des zone-press latérales à deux voire à trois avec l’apport d’un milieu axial afin d’étouffer rapidement l’adversaire, les coéquipiers de Chicharito Hernandez parient sur une récupération haute du ballon afin d’être plus dangereux en transition. D’ailleurs, le milieu à trois composé d’Hector Herrera (FC Porto), Marco Fabian (Eintracht Francfort) et Andres Guardado (Betis Seville), trois joueurs extrêmement polyvalents capables de dézoner vers les couloirs, rend cette équipe extrêmement difficile à lire de par les incessantes permutations qu’elle impose à l’adversaire.

Cependant, cette philosophie de jeu a son prix. Physique tout d’abord, car elle impose un volume de courses extrêmement conséquent, mais aussi tactique. En effet, les risques à la relance demandant une grande disponibilité des milieux, et les permutations de zone rendent cette équipe extrêmement vulnérable à la perte de balle, notamment face à des équipes aux transitions verticales. La confrontation face au Chili en quart de finale de la Copa America Centenario, qui tourna au massacre (7-0), a mis en évidence les difficultés de la Tri dans ce genre de situation. A l’inverse, face aux équipes pressant haut, les Mexicains sont capables de détruire l’adversaire grâce aux multiples occupations interlignes, notamment lorsque Lozano et Vela rentrent dans l’axe. La prestation majuscule face à l’Uruguay lors de la même Copa a montré toute la qualité de cette sélection, qui dispose en plus d’une profondeur de banc très homogène.

Line-up probable : Ochoa – Salcedo, Reyes, Moreno, Layun – Herrera, Guardado, Fabian – Lozano, Chicharito, Vela

Le joueur à suivre.

Nouvelle star incontestée d’une équipe pourtant remplie de talent, et considéré comme l’un des prospects européens les plus excitants, Hirving Lozano a profité de son entrée tonitruante sur le Vieux Continent pour définitivement se faire sa place en sélection. Auteur d’une saison stratosphérique sous la liquette du PSV Eindhoven (17 buts, 11 assists en 29 matchs d’Eredivisie), qu’il a rejoint la saison précédente en provenance de Pachuca, le jeune ailier de 22 ans a déjà tout pour plaire.

source : real liverpool

Dans un style qui n’est pas sans rappeler un autre surdoué en la personne de Kingsley Coman, Lozano a déjà toutes les armes pour faire de cette Coupe du Monde une scène parfaite pour exprimer tout son talent. Explosif et ultra rapide, le natif de Mexico est un génie dans l’art de l’élimination, et est tout bonnement inarrêtable une fois lancé en 1v1. Poli par l’académie de Pachuca, une des meilleures du Mexique, il possède une excellente vision du jeu et d’appréhension des espaces libres, ce qui le rend très difficile à défendre aussi bien individuellement que collectivement. Extrêmement spectaculaire, il se mariera à merveille dans la fête du football qu’est le Mondial.

Le prono de la rédac’

Tombé dans le groupe F avec le champion du monde en titre, l’Allemagne, ainsi que la Suède et la Corée du Sud, El Tricolor aura fort à faire pour poursuivre sa route vers la phase à élimination directe. Supérieure aux deux dernières nations citées dans de nombreux domaines, son imprévisibilité tactique et son inconstance pourrait la mettre en difficulté, notamment face à la rigueur suédoise qui a su faire tomber la France et l’Italie lors de son parcours de qualifications. Gageons cependant que ses individualités étincelantes sauront faire la différence lors que le besoin se fera sentir.

La liste des 23 :

Gardiens : Jesus Corona, Alfredo Talavera, Guillermo Ochoa
Défenseurs : Hugo Ayala, Jesus Gallardo, Miguel Layun, Héctor Moreno, Diego Reyes, Carlos Salcedo
Milieux : Jonathan Dos Santos, Marco Fabian, Andrés Guardado, Héctor Herrera, Rafael Marquez
Attaquants : Raul Jiménez, Giovani Dos Santos, Carlos Vela, Javier Hernandez, Jesus Manuel Corona, Oribe Peralta, Javier Aquino, Edson Alvarez, Hirving Lozano

A propos de l'auteur

Penseur éclairé sur la tectonique des plaques footballistiques. ADN Bielsista, esprit Sarriste et coeur jaune et bleu. Djoko for ever et n'oubliez pas que Klay Thompson est le vrai GOAT.

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