Rencontre avec Jean-Marc Pansa, qui est le numéro 27 de Nanterre ? Il vous dit tout!

Aujourd’hui WeSportFR part à la rencontre de Jean-Marc Pansa, pivot à Nanterre 92, évoluant en pro A. Comment le jeune Guyannais de 20 ans seulement, qui a commencé le basket sur le tard, est devenu en l’espace de 4 ans seulement professionnel. Rencontre avec le jeune prodigue futur champion

 

Bonjour Jean-Marc, WeSportFR est très heureux de pouvoir vous poser ces quelques questions.

Commençons par le début,

Qui êtes-vous, d’où venez-vous ?

 

Bonjour ! Je m’appelle Jean-Marc Pansa, j’ai 20 ans et je suis né à Kourou en Guyane. Je suis originaire également du Suriname qui est un tout petit pays qui a été colonisé par les Pays-Bas.

 

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 Il me semble que vous étiez gardien de but, comment et pourquoi avez-vous abandonné le foot pour commencer le basket ?

 

Je suis très grand, c’était difficile pour moi de plonger et d’arrêter certaines frappes. Tout le monde me poussait vers le basket mais au début ça ne me plaisait pas vraiment. J’ai tout de même tenté l’expérience pour voir ce que ça allait donner et au final ça m’a beaucoup plu donc j’ai continué.

 

 

Vous êtes devenu pro en l’espace de 4 ans de pratique seulement, comment se passe vos entraînements pour parvenir à ce résultat ?

 

C’est un très beau parcours, en fait j’ai beaucoup travaillé et patienté. C’est quelque chose que j’ai en moi depuis longtemps d’être très patient car quand j’étais en Guyane j’étais passionné par la pêche, je le suis toujours mais je n’ai plus l’occasion de le faire, mais la pêche en Guyane c’est vraiment ce qui a pu développer ma patience dans beaucoup de choses, notamment dans le basket.

Ensuite passer pro en 4 ans c’est quelque chose d’énorme, c’est un beau parcours mais il ne faut pas que je m’arrête là-dessus. C’est beaucoup de travail, de temps d’adaptation, il fallait progresser pour rattraper le retard que j’ai par rapport aux autres, c’est ce qui fait que j’en suis là aujourd’hui.

Concernant les entraînements, je travaillais beaucoup individuellement, surtout l’été quand je rentrais en Guyane, j’allais à la salle de 7h à midi où je bossais mes shoots à mi-distance, je me préparais vraiment des programmes. Mon ancien coach qui était responsable du centre de formation de Nanterre, Charles Dubé-Brais, qui était également mon coach en espoirs, me préparait lui aussi des programmes d’entraînements pour progresser individuellement puis Vincent Dziagwa, notre préparateur physique du centre de formation et des pro, qui me faisait également des programmes physiques, c’est ce qui a permis ma progression rapide pour avoir le niveau que j’ai aujourd’hui.

 

En 2014, vous débarquez à Nanterre après une détection, quel était votre état d’esprit à ce moment-là ? Comment se passe l’adaptation en métropole loin des siens ?

 

J’ai d’abord fait le camp Kévin Séraphin, c’est là que Nanterre m’a repéré. Ma détection s’est donc faite en Guyane et non à Nanterre.

C’est là que tout à commencé, je suis arrivé le premier jour à l’entraînement où j’ai mis les pieds sur le parquet et j’ai fait un tour sur moi-même et j’ai regardé tous les titres, j’ai vu aussi de belles photos quand Nanterre est devenu champion de France de Pro B et Pro A. Je m’étais fixé un objectif avant mes 21 ans, décrocher un contrat pro.

L’adaptation a été très difficile, il fallait quitter la famille, apprendre à vivre tout seul, se débrouiller seul sachant que ici je n’ai pas de famille. L’avantage par contre c’est qu’on avait match quasiment tous les week-ends donc j’étais avec les autres, je sentais le manque de la famille mais j’étais bien entouré quand même. Dans l’ensemble l’adaptation s’est bien passée, je pouvais toujours appeler ma famille, mes parents, mes petits frères et sœurs, d’ailleurs je les appelle quasiment tous les jours, je garde contact avec eux. C’est ce qui m’a permis de m’adapter vite car ils sont toujours là à me donner des conseils, à me motiver, à me donner beaucoup d’énergie.

 

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 Vous évoluez à la fois avec Nanterre mais également avec le Centre Fédéral, est-ce que ce rythme est plus intensif qu’un autre pro ?

 

En effet le rythme est assez intensif même si pour le moment je n’ai fait que 4 matchs avec le centre fédéral. Depuis octobre je n’ai plus joué avec eux car Pascal le coach pro m’a dit « tu vas rester avec nous » ! Pour le moment j’évolue avec les pro où j’essaie de m’intégrer dans le groupe, et ça se passe très bien comme ça pour le moment donc je ne sais pas si je vais retourner avec le centre fédéral avant la fin de la saison ou pas.

 

Vous êtes très grand, le poste de pivot s’est imposé à vous naturellement ?

 

Oui ! Le poste de pivot s’est imposé à moi naturellement, déjà être grand, avoir une envergure hors normes m’avantage beaucoup. C’est un poste que je kiffe beaucoup, on a déjà essayé de me décaler en 4 et une fois en 3 parce qu’il manquait un joueur et j’étais pas à l’aise.

J’aime vraiment être en 5, peut-être qu’un jour qui sait j’évoluerai en 4, mais pour le moment je me sens bien en 5, j’aime le contact !

 

Comment décrieriez-vous votre style de jeu ?

 

Bonne question, je suis un poste 5 moderne, qui roule très vite, qui pose de bons écrans rapidement, qui a un certain toucher avec un bon shoot en mi-distance. On me compare souvent à Clint Capela mais avec plus de toucher !

 

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Racontez-nous votre tout premier match Pro ! Sportivement et émotionnellement.

 

C’était il y a tout pile un an, le 14 février 2017 contre Dijon en coupe de France. C’était ma première rentrée en pro où d’ailleurs j’ai mis un gros contre, malheureusement sifflé comme une faute. J’étais très content de rentrer sur le terrain, tout s’est bien passé, j’ai juste fait ce que je savais faire, donc émotionnellement et sportivement parlant j’étais hyper content.

 

Grosse défense, gros moral, on peut dire que vous avez un profil du style Dikembe Mutombo non ?  D’ailleurs vous venez de nous en parler, vous avez placé un contre assez spectaculaire en coupe de France, qu’avez-vous ressenti ?

 

Non je ne dirai pas ça ! Lui il plaçait beaucoup de contres, puis il avait son geste avec le doigt «  not in my house ». Je l’ai fait qu’une fois en coupe .. Ce n’est pas le même style.

Ce contre était assez spectaculaire, je regarde de temps en temps la vidéo et j’avoue que je me suis étonné moi-même, c’est un de mes plus gros contres sur mes 5 années de basket.

 

 Vous avez signé un contrat avec Nanterre jusque 2021, pourtant on parle d’une éventuelle inscription à la DRAFT, est-ce vrai ? La NBA est votre objectif numéro 1 ?

 

Quelques personnes me parlent de l’inscription à la draft, ce n’est pas un objectif pour le moment, je ne me concentre pas là dessus, j’essaie de m’incorporer dans la rotation et vraiment intégrer l’effectif pro pour ensuite pourquoi pas penser à la NBA.

 

Avez-vous une franchise qui vous fait rêver en particulier ?

 

J’y pense jamais, mais si je devais faire un choix ce serait Houston, pourquoi pas, et Phoenix Suns.

 

Quel(s) joueur(s) admirez-vous le plus ? Pourquoi ?

 

C’est Rudy Gobert ! Et Pourquoi ? Parce que c’est le premier joueur pro que j’ai rencontré, avec qui j’ai pu prendre une photo et lui faire signer un autographe. Déjà sa taille et son envergure m’avaient beaucoup impressionné, je ne me rendais pas compte que moi aussi j’avais une grande envergure à cette époque là.. Depuis je ne fais que le suivre, je regarde beaucoup de vidéos de lui, sa manière de défendre, ses contres, je suis son parcours. C’est à partir de cette rencontre que je me suis intéressé à son jeu, sa dissuasion dans la raquette, c’est aussi la raison pour laquelle je porte le numéro 27..

 

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Qu’est ce qu’on peut vous souhaiter pour la suite ?

 

Beaucoup de réussite et d’avoir une grande carrière puis continuer à progresser dans le basket.

Merci beaucoup WeSportFR !

 

 

Merci à vous Jean-Marc, nous vous souhaitons le meilleur pour la suite,

Charlotte Gruszeczka

A propos de l'auteur

Amoureuse du ballon rond depuis mon plus jeune âge, j'essaye d'exploiter mes talents sur les terrains depuis quelques années, même si mon profil ressemble à celui de Gregory Vignal. Le sport est ma religion, l'humour mon passe-temps.

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