Un Paris-Roubaix tragique, mais aussi magique

Il y a tout juste une semaine, nous vivions une édition un peu spéciale de la reine des classiques : Paris Roubaix. Celle qui connaît des moments de joie, de tristesse, de gloire… de bons et mauvais moments. Nous revenons sur cette 116ème édition qui aura une fois de plus marquée les esprits.

Chronologie inversée

Nous savons tous le drame qui est survenu, nous l’aborderons donc en dernier point. Pour commencer, voici la plus belle histoire. Celle d’Evaldas Siskevicius. Alors qu’il était déjà hors délai, ce dernier a tenu coute que coute à finir l’épreuve. Juste devant la voiture balai. Le problème est que passé un certain temps, l’organisation est obligée de rouvrir les routes. C’est donc par radio que le conducteur a été contacté pour prévenir le coureur de la formation marseillaise. Il n’avait alors plus beaucoup de choix. Soit il montait dans le fourgon, soit il finissait la course seul, sur route ouverte, en respectant le code de la route. Il a donc opté pour ce second choix. Entre temps, il a été victime d’une crevaison. Mais… sa voiture était sur la remorque. Il s’est donc auto-dépanné. Avec tout ça, on pourrait dire que cette histoire est magnifique et fait preuve d’une détermination exemplaire. Ce n’est pas tout ! Arrivé une heure après le vainqueur (Peter Sagan), il fait face à un vélodrome fermé. Pas de quoi arrêter notre guerrier. Il a demandé à ce qu’on lui ouvre le portail afin qu’il puisse goûter lui aussi au tour et demi de la gloire. On retiendra cette superbe aventure, d’autant plus que les jours suivants seront moins glorieux pour son équipe.
Ci-dessous, le récit en vidéo :

Adversaires, frères, arrivée en duo

L’autre belle histoire de cette Classique, c’est l’arrivée en duo des frères Turgis. Adversaires sur le vélo, Jimmy roule dans l’équipe nordiste Cofidis et Tanguy porte les couleurs « glaz » et noir de la formation bretonne Vital-Concept Cycling Club. Ils ont parcouru les dix derniers kilomètres côte à côte pour arriver ensemble sur le vélodrome. Et pour embellir cette histoire, Tanguy était le plus jeune coureur à battre le pavé dimanche dernier. À seulement 19 ans, il aura su gérer ses efforts et finir la course dans les temps ! Le papa, Rémy, a de quoi être fier, puisque son troisième garçon, Anthony, est lui aussi cycliste professionnel.

Doubles félicitations

Dans ce paragraphe, nous féliciterons les deux vainqueurs. Oui, nous pouvons dire qu’il y a eu deux gagnants. Bien sûr, un seul repart avec le titre, Peter Sagan. Pour la première fois, il réussit à afficher ce Monument à son palmarès. Sa campagne flandrienne n’ayant pas été très fructueuse avec sa seule victoire sur Gent-Wevelgem, le triple champion du monde n’a pas couru qu’avec ses jambes. Il a aussi été très stratégique ! Choix payant. À la seconde place sur le podium, le champion suisse Silvan Dillier. Lui aussi mérite un tonnerre d’applaudissements. Parti dès le kilomètre 40, son échappée aura été jusqu’au bout. Arrivé au vélodrome, il aura un sprint à faire avec Peter Sagan. Avec plus de 200 kilomètres à l’avant, il est évident que la fraicheur n’était plus la même. Et ce sera la pointe de vitesse du Slovaque qui fera de lui le vainqueur. Cependant, le champion de Suisse mérite tout autant cette victoire. Sa seconde place n’est pas anecdotique et, est une belle récompense.

Parce que nous ne pouvons pas l’ignorer, mais pour ne pas attristé cet article et tenter de retenir que les bons moments, nous n’oublions pas Michael Goolaerts, victime d’un arrêt cardiaque alors qu’il entamait le deuxième secteur pavé. Malheureusement, la vie n’est pas toujours juste. Il aura fallu cette tragédie pour « gâcher » cette si belle course.

Arnaud Lisse

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