Ajax Real Madrid : un bol de Chocapic pendant les Minikeums

Ce soir, les huitièmes de finale aller de Ligue des Champions nous offre un bon Ajax Real Madrid des familles.



Ce n’est pas un huitième de finale aller de Ligue des Champions, c’est une réminiscence. Un bol de Chocapic pendant les Minikeums ; le bruit des crampons qu’on tape aux murs du stade Armand-Salacroux pour ne pas salir les vestiaires. La nostalgie d’un temps glorieux du football, qu’on l’ait connu ou pas.

Pour autant, l’affiche relève plus du fantasme que du souvenir remâché. De la frustration, surtout, de n’avoir jamais connu ces deux monstres du football européen aux sommets respectifs de leur art.

Une révolution…

Si ces dix dernières années, les rencontres entre les deux équipes ne sont qu’une suite de matchs à sens unique remportés par le Real, longtemps l’Ajax a tenu la dragée haute au club castillan. Pour les matchs les plus marquants, se référer à 1973 et 1995.

D’abord, une demi-finale de Coupe des Clubs Champions remportée facilement par l’Ajax qui étanchera sa soif de victoires et de renouveau en ingurgitant, cette année-là, une troisième C1 de suite. Champion d’Espagne l’année passée, le club Merengue n’est pas pour autant au summum de sa forme sportive. Du moins est-il bien loin de celle qui a fait sa superbe au cœur des années 50. Tout le contraire d’un Ajax made in Kovacs, post-Michels. 3 noms qui font peur à ceux qui les jouent et qui font rêver les suiveurs : Neejkens, Cruyff et Rep. Ensemble, vraiment ensemble, ils ont participé de l’invention d’un football new-age et total. Un football utopie à la Thomas More dans lequel chaque joueur est concerné par chaque phase de jeu.

… Puis une évolution

Ensuite, deux rencontres en phase de poule de la nouvelle Ligue des Champions. Vainqueur en titre, l’Ajax se retrouve dans le même groupe que le vice-champion d’Espagne. Dans une phase de reconstruction, l’équipe de la Maison blanche n’est pas loin de redevenir une Grande d’Espagne. Pour autant, sans Redondo, Raul ou Roberto Carlos, le Real Madrid ne pourra jamais inquiéter un Ajax post-moderne. Entraîné par Van Gaal – il partira bientôt pour la Catalogne, terre providentielle de tacticiens néerlandais – le club d’Amsterdam a pimpé son héritage Cruyffien pour l’adapter aux contraintes d’un football mondial dominé de la tête et des épaules par l’Italie : marquage de zone et contres foudroyants.

Ambassadeur au Proche-Orient

L’Ajax Real Madrid qui se tient ce soir au Cruyff Stadium sentira bon ces révolutions qu’autrefois nous offraient le football batave, sans en avoir un broc de goût. Désormais, et depuis l’arrêt Bosmann, il n’est plus guère question de cela pour ce pays de football aux moyens si limités. D’autres nations l’ont de loin dépassé au rang des plus brillantes sur la scène européenne. Surtout, le Real Madrid a repris son Empire continental en main, et a enquillé 3 Ligues des Champions consécutives. Sans être génial, sans inventer quoique ce soit, mais en comptant sur les éléments les plus géniaux de son équipe, et grâce à un entraîneur aussi rompu à la diplomatie de vestiaire qu’un ambassadeur qui devrait négocier la paix au Proche-Orient.

On n’en sera pas moins impatient pour autant. Pas moins nostalgique non plus.

Crédit photo : Daily Mail



A propos de l'auteur

Fan de foot mais aussi de Serie A, je prends autant de plaisir à voir jouer Gilles Simon qu'à attendre une arrivée au sprint entre les Alpes et les Pyrénées. Talking Heads et Panetonne.

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