Alexey Shved, la locomotive Russe



Le Khimki Moscou n’est pas au mieux en Euroleague. 12ème à 2 victoires du top 8 après 9 journées, les Russes, qui ne font évidemment pas partis des favoris, espèrent intégrer le gratin européen, comme ils ont pu le faire l’an passé. Si cela s’annonce compliqué (3 victoires seulement depuis le début de la saison européenne), le club Moscovite peut compter sur Alexey Shved, très performant depuis le début de cette nouvelle campagne. 

Bientôt la trentaine, et meilleur que jamais 

Car le fidèle moscovite ne fait pas les choses à moitié depuis la reprise. Lui qui n’a jamais joué pour un autre club que ceux de Moscou en Europe franchi encore un cap, à son âge. Après des débuts au CSKA, et des prêts au Khimki justement et au Dynamo, c’est sa dernière saison en Russie, en 2011-2012, dans son club formateur, qui lui a permis de réellement lancer sa carrière. Il est repéré par les scouts des Timberwolves, qui lui font signer un contrat de 3 ans dans le Minnesota. Malgré quelques bons perfs outre atlantique, une bonne première saison chez les Wolves (8.6pts de moyenne), puis une dernière saison galère entre trades (échangé à Philly par les Wolves, à Houston puis à New-York) et blessures, et malgré un bon passage du coté de Big Apple (près de 15pts de moyenne), Shved retrouve sa Russie natale, direction le Khimki Moscou. Et c’est en Euroleague que le natif de Belgorod va prouver pourquoi il vient de passer trois saisons aux Etats-Unis. Après une première année conclue à presque 16pts de moyenne, puis une seconde à 22.1pts mais en Eurocup (la faute à une mauvaise saison en VTB United League du Khimki), il a maintenu ces standards élevés en terminant la campagne Européenne 2017-2018 à 21.8pts. Mais le plus fort, c’est qu’avec la nouvelle formule de l’Euroleague, il l’a fait en 34 rencontres! Le plus impressionnant, c’est qu’il est reparti sur des bases encore plus élevées cette saison : 25.2pts de moyenne, meilleur marqueur et seul joueur à plus de 20pts de moyenne, 7.4asts, deuxième derrière l’éternel Calathes, troisième intercepteur avec près de 2 ballons volés par match, et bien entendu meilleur évaluation de la compétition européenne reine, avec 25.88 sur ses 8 matchs disputés. Tout simplement impressionnant. Mais à bien y regarder, ce n’est pas une surprise de voir le sniper Russe caracoler en tête de tous ces classements. C’est un coutumier du fait.


Un tombeur de records en tout genre

Car oui, il est capable de repousser les limites du réel: sa saison fantastique l’an passé lui a permis de battre le record de paniers à trois points réussis sur une saison (104 filoches en 34 matchs), faisant tomber le précédent record de Bobby Dixon. Il obtiendra, grâce à cette formidable performance, le prix Alphonso-Ford, récompensant le meilleur marqueur de la compétition. Car en plus de son nombre impressionnant de shoots du parking réussis, il supprima des tablettes la performance de Keith Langford, ancien détenteur du record du nombre de points inscrits sur une saison avec 609 points. Shved en inscrira 131 de plus. C’est également lui qui a inscrit le plus de points sur un match de playoffs, avec 36pts lors de la défaite dans le derby contre le CSKA. Enfin, avec 8 paniers primés inscrits lors de ce match, il détient également le record du nombre de paniers à 3pts réussis au cours du même match. Le Steph Curry de l’Euroleague? Nous n’irons pas jusque là, mais le bougre incite à la “comparaison”. Pour couronner le tout, l’arrière Moscovite est devenu en fin de saison dernière le meilleur marqueur de l’histoire du championnat Russe, dépassant une légende Serbe désormais en NBA, Milos Teodosic.

Une équipe instable autour de lui

Si Khimki reste sur deux succès en coupe d’Europe et s’est quelque peu relancé, le gros défaut de cette équipe, c’est sa régularité. Anthony Gill et Charles Jenkins, régulièrement titulaires, n’arrivent pas à enchaîner les grosses performances pour soutenir un Shved lui toujours régulier. Le premier cité ne tourne à peine qu’à 11pts de moyenne à seulement 30% longue distance, lui si adroit la saison passée (47% à 3pts sur l’ensemble de la saison). Le second est aussi en retrait par rapport à la saison dernière: 3.9pts de moyenne, et un arrosage à tout va du parking (27.8%). Pas terrible. Jordan Mickey quant à lui est capable de grosses prestations en sortie de banc, et s’affirme comme une vraie arme dans la raquette, bien qu’esseulé. Malcolm Thomas, en balance avec Mickey, n’a pas la présence escomptée à l’intérieur, ce qui fait défaut à cette équipe Russe, qui avait commencé par 3 défaites. Idem pour Dee Bost, l’ancien monégasque, titulaire à la mène mais pas assez décisif, bien qu’important dans le jeu. Le roster est plutôt intéressant tout de même, en atteste les 8 victoires en 8 rencontres de championnat. Mais cela reste léger pour espérer une place dans le top 8 Européen.

Le khimki Moscou n’est pas armé pour lutter tout en haut de l’Euroleauge. En tout cas, pas sur le papier. L’effectif est plutôt bon, mais bien inférieur à des équipes comme le CSKA, le Fener ou encore le Réal. Mais les Moscovites comptent dans leur rang celui qui se détache déjà pour le titre de MVP. Alors pourquoi pas espérer décrocher un billet surprise comme l’an dernier? 



A propos de l'auteur

Supporter inconditionnel de l'Olympique de Marseille mais aussi du football en général. Fan des Houston Rockets mais surtout de The Beard.

Poster un commentaire

fringilla dolor. facilisis porta. nunc Lorem vel, quis Nullam accumsan