Azpilicueta, Ave César

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Ligue 1

Le géant Thibaut Courtois dans les cages, la révélation Marcos Alonso en défense, l’incroyable N’golo Kanté au milieu, le génial Eden Hazard et le tueur Diego Costa devant : tels sont les joueurs les plus régulièrement cités quand on évoque la dernière saison victorieuse des Blues. Mais un homme de la troupe d’Antonio Conte est trop souvent oublié : Azpilicueta, titulaire lors des 38 matchs de la dernière Premier League. Voilà arrivée l’heure de rendre à César ce qui appartient à César.

            A vrai dire, « Azpi » ne cherche pas particulièrement à faire parler de lui. Ce n’est pas le genre de joueur qui va retourner le vestiaire, sortir la veille d’un match, ou prendre 8 rouges en une saison. Non, César Azpilicueta c’est de la discrétion et seulement 2 rouges en plus de 10 saisons professionnelles en défense. C’est surtout un titulaire indiscutable dans chaque club où il est passé. D’abord à Osasuna, son club formateur où il est lancé à seulement 17 ans en 2007 pour affronter le Real.

Un baptême de feu mais surtout la révélation d’un grand espoir aux yeux du public espagnol. Azpi, alors défenseur droit, s’impose dans toutes les catégories jeunes de la Roja et devient titulaire indiscutable à Osasuna, à peine la majorité passée. Une centaine de matchs joués en Liga lui permet de se faire repérer par beaucoup. Vincente Del Bosque d’abord, qui sélectionne le gamin de 20ans dans sa pré-liste pour la Coupe du Monde 2010 (sans pour autant faire partie des 23 champions en Afrique du Sud) mais aussi l’OM, tout juste champion de France, qui n’hésite pas à débourser 7M d’euros pour l’international espoir espagnol.

On pense cependant que son aventure marseillaise va tourner au cauchemar. Après une victoire en trophée des champions et quelques premiers matchs intéressants en Ligue 1, il est touché par une rupture des ligaments croisés. Pendant ses longs mois d’absence, il se fait un petit peu oublié, l’OM ayant recruté Rod Fanni au même poste. Il prouve alors que l’attention qu’on lui donne importe peu : il revient plus fort pour les deux dernières journées, mais surtout pour l’Euro espoir au Danemark, qu’il remporte et prouve qu’il reste une des grandes pépites à son poste.

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Tout juste sorti de ce succès, Azpi retrouve une place de titulaire sur le côté droit de la défense olympienne pour une saison particulière. Vainqueurs de la Coupe de la Ligue et quart de finalistes de la LDC d’un côté, mais 10eme de Ligue 1 de l’autre. Peu importe la compétition, l’espagnol est titulaire (44 matchs toutes competitions confondues), s’imposant sans faire de bruit comme un membre fort de l’OM. Mais là où Brandao et André Ayew font les grands titres en marquant face à l’Inter, l’ancien d’Osasuna poursuit son bout de chemin dans l’ombre des médias mais éclate aux yeux de certains.

Surtout aux yeux de Roman Abramovitch, le richissime propriétaire de Chelsea, qui décide de dépenser une petite dizaine de millions pour s’attacher les services d’Azpilicueta. Voilà comment à 22ans à peine, César se retrouve chez le champion d’Europe en titre. Là encore, l’aventure chez les Blues ne démarre pas idéalement : Di Matteo se retrouve très vite limoger et Chelsea perd son statut de champion d’Europe dès les phases de poules. Mais Rafa Benitez reprend avec succès la tête du club, en gagnant la Ligue Europa et replaçant Chelsea sur le podium de la Première League. Remplaçant sous Di Matteo, Azpi est plus en vue sous la houlette de Benitez : 48 matchs avec les Blues. Surtout, l’ancien Marseillais va disputer ses premiers matchs avec la Roja.

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Mourinho est de retour à Chelsea à l’été 2013 et va décider d’aligner le plus souvent Branislav Ivanovic sur le flanc droit de la défense des Blues. Où passe donc Azpi ? Côté gauche, tout simplement. Pas besoin de temps d’adaptation : à force de travail, et toujours sans broncher, l’espagnol est très vite convainquant à son nouveau poste. Encore une fois, il devient titulaire indiscutable dans un Chelsea qui retrouve des sommets européens (demi-finaliste de la LDC) et continu d’occuper le podium du championnat anglais.

Mais le Mou’ décide de renforcer le côté gauche de sa défense en recrutant Filipe Luis, titulaire indiscutable dans l’Atletico finaliste en titre de la dernière LDC. Aucun problème pour Azpi, qui continue sa progression et met le Brésilien sur le banc. On en entend toujours peu parler mais César Azpilicueta est un des membres forts de Chelsea qui va alors être sacré champion d’Angleterre.

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 Ce n’est pas la saison compliquée que vont connaître les Blues après ce succès qui va remettre en question sa place de titulaire dans le club londonien. Malgré les performances mitigées et le limogeage prématuré de Mourinho (remplacé par Guus Hiddink), Azpilicueta dispute 49 matchs avec Chelsea cette saison là et continue d’être appelé avec l’équipe d’Espagne.

Été 2016 : la Roja déçoit à l’Euro et est éliminé par l’Italie d’Antonio Conte. Antonio Conte justement, prend les rênes de Chelsea dans la foulée. Morale dans les chaussettes après l’Euro, encore un nouveau coach chez les Blues : ça sent le roussi pour Azpi ? C’est mal le connaître. Antonio Conte lui fait confiance, cette fois-ci dans l’axe de la défense. Encore une fois, César bosse, ne râle pas, mais s’impose. Un défenseur central qui ne se jette pas, propre dans ses relances, mais surtout efficace, le Chelsea « New-look » en 3-4-3 écrase la Première League. Deuxième titre de champion d’Angleterre pour l’espagnol dans l’ombre des Eden Hazard ou N’golo Kanté.

Cette saison Chelsea a moins de facilité que l’an dernier, dépassé notamment en Premier League par le Manchester City de Guardiola. De son côté, Azpi peu importe son poste, tantôt dans l’axe, tantôt à droite, est reparti pour faire une superbe saison : déjà 4 passes décisives en championnat et un but pour sceller la victoire des siens samedi dernier face à Watford.

Titulaire dans chaque club où il est passé peu importe le coach ou son poste, la seule chose qu’il manque véritablement à Azpilicueta est une place de titulaire important avec la Roja en y gagnant pourquoi pas un titre. Peut-être va-t-il le faire dès la Coupe du Monde 2018…

 

Rémi COLLENOT

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