Balance ton coach #5 : c’est la lutte finale!

Vous connaissez sûrement le principe de la sackrace britannique : littéralement le classement au licenciement, soit, dit plus simplement, la probabilité qu’a chaque coach de se faire virer. À WeSportFR, on a décidé d’importer le concept dans notre bonne vieille Ligue 1. Chaque semaine, vous retrouverez donc un résumé des performances du week-end des entraîneurs, et donc leur évolution dans la race.
La fin de saison approche, mais c’est notre cinquième épisode.

Pour le fonctionnement de notre classement, c’est ici.

Ça nous fait mal au cœur de l’admettre, mais on a dû se rendre à l’évidence : aucun coach ne sera débarqué d’ici la fin du championnat. Une tragédie pour notre rubrique qui devra donc attendre août prochain pour retrouver son utilité. Il n’empêche que nos entraîneurs de L1 ont encore pour la plupart une saison à terminer, avec des enjeux importants. Et ici c’est pas Paris : même si l’issue est acquise, on veut finir l’année au mieux !

Courbis/Mercadal, Kombouaré, Gourvennec : la fureur de (sur)vivre

Sauf remontée fantastique ou craquage complet d’une équipe au-dessus, au moins deux de ces trois entraîneurs (ou duo) abandonnera les canapés confortables de la Ligue 1 pour la pizza du vendredi soir en Ligue 2. Reste à savoir lequel : Gourvennec et l’EA Guingamp restent les mieux placés pour retrouver les joies des matches face Châteauroux et Niort à la rentrée prochaine, mais Dijon n’est pas si loin. Une défaite face au SM Caen et l’affaire serait vraisemblablement pliée pour l’EAG. Du côté des Normands, une victoire conjuguée à un revers dijonnais face à Nantes leur assurerait quasiment une place en barrage.
Reste à savoir maintenant, pour faire le lien avec notre série, qui resterait en poste en cas de descente aux enfers (le cas de Rolland Courbis mis à part, puisqu’il devrait quitter Caen quoi qu’il arrive cet été). Fabien Mercadal retrouverait alors un championnat qu’il a quitté il y a une saison à peine, lui l’ancien entraîneur du Paris FC (une équipe qu’il pourrait d’ailleurs affronter en barrage dans quelques semaines, sait-on jamais), et il est probable qu’il reste à la barre pour permettre au SMC de faire l’ascenseur.
Pour les deux autres c’est moins clair.
L’attachement de Jocelyn Gourvennec pour son club rouge et noir avec qui il a tout connu, du National à la Ligue Europa, le conduirait peut-être à continuer, même si les affres de la Ligue 2 semblent quand même loin de son standing et que la valse des entraîneurs dans l’élite pourrait lui permettre d’être sollicité pour reprendre une équipe.
C’est également le cas pour Antoine Kombouaré, qui a déjà connu la deuxième division, avec Valenciennes au début de sa carrière de coach (2005-2006) et deux saisons avec Lens (2013-2014, puis 2015-2016). Le Kanak pourrait se trouver une équipe de L1 pour l’an prochain sans trop de problèmes, même si ses échecs répétés à Guingamp puis Dijon ont peut-être entamé son crédit auprès des présidents de l’élite.

Galtier, Genesio, Guion, Laurey, Tuchel : qui est le meilleur ?

« Qui est meilleur ? cet est meilleur » tentait d’expliquer Unai Emery à des journalistes médusés devant l’Espagnol et ses bouteilles d’eau.
La « concourance » fait rage en tout cas pour le trophée UNFP du meilleur coach de la saison.
Entre David Guion qui a amené le Stade de Reims, pourtant promu, à lutter pour l’Europe, Thierry Laurey qui a fait de son RC Strasbourg une machine à embêter les gros et qui a remporté la Coupe de la Ligue cette année, Christophe Galtier et son LOSC, dauphin surprise du PSG après avoir évité de peu les barrages l’an dernier, Thomas Tuchel, champion de France avec le PSG, et Bruno Genesio qui devrait qualifier pour la deuxième fois de suite Lyon en C1, faîtes votre choix (façon de parler puisque le vote n’est pas ouvert au public).
Alors, qui est le meilleur ? Tout dépend la vision qu’on a du métier d’entraîneur, disons.
Si le meilleur est celui qui gagne à la fin, alors le titre devrait revenir à Tuchel qui a écrasé le championnat avec le PSG.

C’est visiblement d’ailleurs la définition que retient l’UNFP puisque sept fois lors des huit des dernières années le coach désigné avait été sacré champion de France la même année (en 2013 Ancelotti, champion avec Paris et Galtier, alors à Saint-Etienne se sont partagé le trophée).

Mais ce serait trop simple, voire une vision déshonorante du métier d’entraîneur, que de considérer que seuls les titres comptent.
Pour être juste, on établira que la valeur d’un coach s’établit sur sa capacité à tirer le meilleur de son effectif et des moyens financiers qui sont mis à sa disposition.
Une définition qui exclue a priori d’emblée Bruno Genesio, dont la saison à la tête de l’OL est indéniablement décevante, même si les débats restent ouverts sur sa qualité de coach.
Difficile aussi de juger la performance de Thomas Tuchel en Ligue 1, tant le fossé est grand entre le PSG et le reste du championnat. On attendait d’abord l’Allemand en Champions League, avant les habituels trophées domestiques. Finalement, le PSG n’aura même pas réussi une moisson nationale, laissant les coupes à Strasbourg et Rennes et se contentant d’un titre de champion acquis finalement dès août.

Les trois derniers techniciens sont un peu plus compliqués à départager.
Thierry Laurey fait de l’excellent travail à Strasbourg, mais la saison du club en Ligue 1 n’est pas non plus super emballante, les Alsaciens ayant surtout occupé le ventre mou. Cela reste cependant un excellent résultat pour une équipe qui joue le maintien chaque année, couronné en plus d’un trophée supplémentaire pour garnir l’armoire.
La sensation de l’année est assurément pour le Stade de Reims de David Guion, emballant dans le jeu comme dans les résultats. Avec un recrutement malin et une ossature made in Ligue 2, les Rémois ont surpris tout le monde et assurément, la place de leur technicien dans cette pré-sélection des meilleurs coachs de L1 n’est pas usurpée.
Mais notre chouchou, c’est Christophe Galtier, qui a su profiter (et provoquer, forcément un peu) du réveil de ses troupes après une saison dernière ratée dans les grandes largeurs, pour permettre à Lille de vraisemblablement retrouver la C1, sept ans après.
Réponse le 19 mai prochain !

C’est tout pour aujourd’hui. Il reste quatre journées de championnat, donc quatre épisodes de notre série avant une pause bien méritée cet été. Rassurez-vous, on fera le point avant de partir sur qui a le plus de chances d’être toujours en place à la reprise en août prochain, lors du dernier épisode.

A propos de l'auteur

Diplômé ESJ Paris, journaliste foot, passé par le Paris Normandie. L'important n'est pas d'avoir raison, mais de l'argumenter. Rabiot est surcôté

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