Bilan mi-saison de Domino’s Ligue 2 – Episode 19 : ES Troyes AC

Alors que la trêve hivernale vient de toucher à sa fin, l’heure est aux derniers bilans de la première partie de saison avant la reprise de la Domino’s Ligue 2 ce vendredi. C’est aujourd’hui au tour de Troyes, ex-pensionnaire de Ligue 1, qui est en course pour les playoffs malgré une irrégularité chronique.

ES Troyes AC

Classement : 9ème avec 29pts / 9v, 2n, 8d – 26 bp, 19 bc

Coupe de la Ligue : éliminé au 2ème tour par Le Havre (2-0)

Coupe de France : éliminé au 8ème tour par St Pryvé-St Hilaire (3-2), club de N2

Une intersaison estivale très agitée

Après une saison correcte pas insuffisante en Ligue 1, l’ESTAC s’est retrouvée dans la charrette et n’a pas pu éviter la relégation. Et comme à chaque fois dans ce genre de situations, les mouvements au mercato sont nombreux, avec certains joueurs qui veulent évoluer à l’échelon supérieur, ou d’autres qui veulent simplement changer d’air. Résultat, le club aubois a subi énormément de départs, dont plusieurs cadres majeurs qu’étaient Christophe Hérelle (Nice), Karim Azamoum (Cadix), François Bellugou (Auxerre), Charles Traoré (Nantes), Adama Niane (Charleroi), Hyun-Jun Suk (Reims), Samuel Grandsir (Monaco) ou encore Erwin Zelazny (Caen), mais aussi d’autres joueurs de rotations comme Rémy Walter (retour de prêt à Nice), Saïf-Eddine Khaoui (retour de prêt à Marseille puis prête à Caen) et Tristan Dingomé (Reims). Sans parler du coach Jean-Louis Garcia, remercié à l’issue d’une deuxième partie de saison ratée.

Dès lors, une reconstruction s’annonçait à Troyes, mais tout ne s’est pas passé comme prévu. Au début, le projet du nouvel entraîneur Rui Almeida était de s’appuyer sur les jeunes issus de la formation, à savoir Bryan M’Beumo, Warren Tchimbembe et Bakary Sissoko ; tout en ajoutant quelques recrues : Yoann Touzghar (ex-Sochaux), Rayan Raveloson (ex-Tours), Ahmed Kashi (ex-Charlton), Jason Berthomier (ex-Brest) et Yoann Salmier (prêté par Strasbourg). Lors de la préparation et des premières journées de championnat, le groupe a évolué en ce sens, tout en incorporant les éléments peu utilisés l’an dernier tels que Jonathan Tinhan, Chaouki Ben Saada, Aloïs Confais ou Johann Obiang, et les cadres restants Jimmy Giraudon, Bryan Pelé, Mamadou Samassa ou Bryan Pelé. Puis les recrues se sont ensuite enchaînées fin août, et c’est au soir du 31 août, après une cinquième défaite consécutive en Ligue 2 concédée sur la pelouse du Paris FC (2-0) que tout a changé. Le président Daniel Masoni s’est vu forcé de bâcler la fin de son recrutement au vu de la situation. Entre fin août et début septembre, l’ESTAC a enregistré les arrivées de Kévin Fortuné (ex-Lens), Yohan Tavarès (ex-Setubal), Demba Camara (libre), Claude Gonçalves (ex-Tondela), Christopher Martins-Pereira (prêté par Lyon), Alexandre Letellier (prêté par Angers), Vincent Marcel (prêté par Nice) et Morgan Poaty (prêté par Montpellier). Une arrive massive donc, des transferts réalisés dans l’urgence, mais qui ont permis aux Troyens de redresser la barre en championnat. Pour la stabilité de l’équipe en revanche, avoir un effectif de 35 joueurs au total semblait problématique…

Troyes, une équipe efficace malgré un jeu peu attractif

Depuis le début de saison, Troyes souffle le chaud et le froid. Cela se ressent dans son bilan en championnat, avec neuf victoires pour huit défaites, et seulement deux petits nuls. Bien sûr, le mois d’août complètement raté alourdit ces statistiques, qui auraient pu être plus flatteuses, mais le fait est que cette équipe est irrégulière au possible. Pourtant le coach Rui Almeida est arrivé dans l’Aube avec l’ambition de produire du jeu, et a par conséquent conservé le même système tactique utilisé depuis une bonne dizaine d’années, à savoir le 4-2-3-1 avec un meneur de jeu. Mais face aux échecs répétitifs, le technicien portugais a du s’adapter à son effectif et ses hommes en formes, et est repassé en 4-4-2. Si les résultats lui ont donné raison sur le papier, cela n’empêche que l’ESTAC n’est pas agréable à voir jouer, et est très (trop) souvent poussive dans sa manière de jouer. Hormis quelques belles victoires contre des mal classés (Châteauroux, Red Star) où l’on avait vraiment un aperçu de la puissance que peut dégager cette formation, la majorité des autres rencontres se sont avérées mornes, sans mouvement au milieu, avec une nette coupure entre l’attaque et la défense. C’est simple, dans le même match, les Troyens sont capables d’étincelles devant, avec un quatuor offensif de qualité Pelé-Touzghar-Fortuné-M’Beumo, ainsi que d’énormes errements défensifs derrière. Ouvrir le score n’est même pas une garantie d’ailleurs, puisque l’équipe peine à garder son avantage à cause de relâchements coupables. Et pourtant les statistiques sont plutôt flatteuses, car Troyes possède la quatrième attaque de Ligue 2 avec 26 buts inscrits. Ces chiffres sont avant tout révélateurs d’une certaine efficacité offensive, même si paradoxalement nous ne la voyons pas sur toutes les rencontres. Il n’en reste pas moins que bon nombre de succès ont été obtenus contre le cours de jeu, contre Auxerre, Lorient, Grenoble ou Lorient notamment, et c’est ce qui maintient cette formation à seulement trois points du podium et des playoffs.

La deuxième partie de championnat sera révélatrice des ambitions réelles de ce groupe, qui possède un gros potentiel, mais qui devra tout faire pour l’exploiter au maximum. C’est là la lourde tâche de Rui Almeida, qui n’est d’ailleurs pas forcément exempt de tout reproche. Car bien qu’il clame haut et fort à chaque conférence d’avant-match que produire du jeu est sa priorité, les faits lui donnent très souvent tort. La faute déjà à un turnover inexistant, car une fois son équipe-type trouvée, les titulaires n’ont quasiment plus bougé. Bien que les joueurs sur le banc ne lui donnent pas forcément toujours la satisfaction demandée (à relativiser car les minutes sont distribuées au compte-goutte), le fait qu’aucun ne puisse vraiment avoir sa chance est un message assez négatif, et ne donne pas forcément envie de redoubler d’efforts. Autre problème, l’utilisation des joueurs à des postes qui ne sont pas les leurs. L’exemple le plus flagrant étant Jimmy Giraudon, normalement défenseur central mais repositionné milieu défensif au sein du 4-4-2. Si la période de victoires coïncide certes avec l’installation de Giraudon au milieu, tout n’est pas si simple pour autant. Car bien que l’ancien Grenoblois ait une bonne qualité de passe, la prise de risque est moindre car la plupart sont à destination de ses compères en défense. Les recrues Raveloson, Kashi voire même Gonçalves seraient plus légitimes à ce poste par exemple. Mais au-delà du cas Giraudon, les remplaçants sont souvent alignés à des postes différents pour pouvoir coller au 4-4-2. Pas étonnant donc que certains n’y arrivent pas. C’est d’ailleurs pour ces raisons que l’ESTAC a dû laisser partir Aloïs Confais (Le Mans), mais surtout Jason Berthomier (Clermont), six mois seulement après son arrivée. Pour espérer avoir un effectif concerné, le coach troyen devra sûrement revoir ses méthodes…

Valenciennes, le match à retenir

Si l’on devait choisir un match qui symbolise à merveille la première partie de saison de l’ESTAC, c’est bien celui face à Valenciennes au Stade de l’Aube lors de la treizième journée. Les Troyens ont montré ce qu’ils pouvaient faire de pire et de meilleur lors de cette rencontre. Tout d’abord le pire, en encaissant deux buts coup sur coup à la 34ème (Tony Mauricio) et à la 39ème minute (Sébastien Roudet), permettant aux Valenciennois de revenir aux vestiaires avec un avantage logique de 0-2. Après la pause, les Aubois ont tenté de réagir, et ont fini par inscrire un but à la 50ème par l’intermédiaire de Yoann Touzghar (1-2). Ensuite, le rythme du match est retombé, et jusqu’à la 89ème les Nordistes tenaient encore leur précieux succès. Et c’est là que l’ESTAC a montré son meilleur visage. Tout d’abord en égalisant grâce à Jérémy Cordoval (89ème), puis en repassant devant à la 92ème suite au doublé de Touzghar, et enfin en enfonçant le clou à la 96ème suite à la première réalisation en championnat de Jonathan Tinhan (4-2). Un ascenseur émotionnel pour les supporters, une preuve que cette équipe a du caractère et du potentiel, mais pas assez souvent exploité.

 

Emmenée par une attaque redoutable, l’ESTAC fait partie des bonnes équipes de ce championnat, mais ne produit pas assez de jeu pour pouvoir réellement inquiéter les candidats aux playoffs. Toute la tâche de Rui Almeida sur cette deuxième moitié de saison sera de corriger le tir, afin d’utiliser pleinement les capacités de sa formation. Troyes a clairement un coup à jouer, reste à savoir si le club saura saisir sa chance…

 

Source image : estac.fr

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