CDM 2022 : Quelle équipe pour le Qatar ?



Cette première trêve internationale de la saison est le moment idéal pour se projeter sur l’équipe qu’alignera le Qatar à la coupe du monde 2022. Directement qualifiés en leur qualité de pays hôte, les qataris feront partie des grandes interrogations de cette première coupe du monde disputée en hiver. Spécialisées dans la diplomatie sportive et la naturalisation des joueurs étrangers, que seront en capacité de faire les instances qataries pour présenter une équipe compétitive ?

Prendre exemple sur le handball ?

 

Quand on pense au Qatar sur la scène internationale des sports collectifs, l’épopée de l’équipe de Handball au mondial organisé chez elle est la première chose qui nous vient en tête. Deuxième de son championnat du monde derrière les indétrônables Français, la fédération de handball qatarie avait su jouer avec les règles de le Fédération Internationale de Handball (IHF) afin de naturaliser à tout va. En effet, sur les 17 joueurs sélectionnés pour cette compétition, uniquement 5 n’étaient pas des étrangers naturalisés. Les règles de l’IHF spécifiaient qu’un joueur non appelé actuellement dans son équipe nationale et qui résidait depuis 3 ans dans un pays étranger pouvait intégrer son équipe nationale. Des conditions assez souples donc dans lesquelles les dirigeants du handball qatari ont su s’engouffrer pour bâtir une équipe très solide.

Revenons donc au foot pour scruter les conditions imposées par la FIFA concernant la naturalisation. Pour qu’on joueur puisse postuler à l’équipe nationale d’un pays où il n’est pas né et avec lequel il n’a aucun lien de parenté sur deux générations, il faut que ce joueur ait habité durant une durée de 5 ans dans ce dit pays. La durée précédente n’était que de deux ans, mais en 2008, dans l’optique de préserver l’intégrité sportive des compétitions internationale, cette période a été allongée à 5 ans. Autrement dit, un joueur qui partirait demain pour la Qatar ne serait pas éligible pour la Coupe du Monde 2022. Sans oublier la condition sine qua non, le joueur ne doit jamais avoir porté le maillot d’une autre sélection dans un match officiel (cette condition peut être transgressée en cas de reconnaissance par la FIFA d’une nouvelle fédération, comme cela fut le cas avec le Kosovo en 2016). Cela signifie que nous pouvons d’ores et déjà identifier les joueurs susceptibles d’intégrer l’équipe nationale du Qatar à l’orée de la Coupe du monde 2022.

Quels renforts et sous quelles conditions ?

(Football365.com)

La liste des joueurs pouvant possiblement renforcer l’équipe du Qatar est en réalité assez mince, la plupart des joueurs allant jouer dans le championnat qatari étant déjà en fin de carrière. Cependant, quelques pièces pourraient venir renforcer l’équipe Qatarie. Lucas Mendes, défenseur central passé par l’OM entre 2012 et 2014 évolue dans le championnat Qatari depuis son départ de l’OM et pourrait être un renfort de poids pour l’équipe nationale à condition qu’il passe encore 2 années au pays. L’attaquant Franco-Algérien Jugurtha Hamroun, qui a déjà passé deux ans dans le championnat et qui évolue actuellement à Al Sadd peut également postuler à cette sélection s’il reste au Qatar jusqu’à la coupe du monde. Auteur de 12 buts et 7 passes décisives en 18 matchs l’année passée, le joueur formé à Guingamp serait une vraie valeur ajoutée pour la sélection. Outre ces deux joueurs, trois autres footballeurs qui seront en fin de carrière seraient susceptibles d’intégrer la sélection : le défenseur central espagnol Chico, jouant actuellement au Rubin Kazan et ayant passé déjà 3 années au Qatar. Il devra retourner au Qatar avant 2020 afin de pouvoir amener son expérience et sa science tactique lors de la coupe du monde. L’attaquant argentin Luciano Vasquez, qui entame sa deuxième saison au sein du championnat qatari et qui pourra donc prétendre à la sélection en restant au Qatar jusqu’en 2022. Il sera néanmoins âgé de 37 ans. Pour terminer le milieu offensif de Sao Paulo Anderson Martins (34 ans en 2022) qui lui a déjà effectué ses 5 années au Qatar et qui peut donc être considéré comme « sélectionnable ». Pour ces 3 joueurs, la CDM 2022 pourrait ressembler à un ultime défi, une récompense à leur carrière.

À l’heure actuelle donc, et si la règlementation ne change pas, le Qatar pourrait compter uniquement sur 5 renforts étrangers. Mais l’équipe du Qatar en a-t-elle besoin ? Que vaut vraiment la sélection nationale du Qatar ?


Des résultats moyens mais de belles promesses.

 

98ème au dernier classement FIFA, la Qatar sort d’une campagne de qualification pour la coupe du monde 2018 relativement satisfaisante. Dans le marathon des qualifications asiatiques, les Qataris sont entrés au deuxième tour et ont remporté facilement leur groupe en devançant la Chine, Hong Kong, Les Maldives et Bhoutan. Malheureusement pour eux, au tour suivant d’un groupe relevé avec l’Iran, la Corée du Sud, la Syrie, L’Ouzbékistan et encore la Chine, le Qatar terminera à une décevante dernière place. Décevant mais encourageant, car le Qatar existe dans tous ces matchs, proposant une opposition solide à tous ses adversaires, ne perdant jamais par plus de deux buts d’écart. En plus, ce passage au 3ème tour leur garantit une qualification à la Coupe d’Asie 2019. Un moindre mal.

Il sera donc intéressant de garder un œil sur cette Coupe d’Asie 2019 pour voir l’évolution de cette équipe. La coupe du monde étant dans plus de 3 ans, les résultats des équipes de jeunes du Qatar sont aussi à garder en tête, et ceux-ci sont plutôt encourageants.

Pour le championnat d’Asie Espoirs 2018, les Qataris ont terminé 3ème, échouant cruellement aux tirs au but face au Viêt-Nam en demi-finale. Une belle performance pour les jeunes Qataris coachés par Felix Sanchez Bas, manager espagnol passé par la Masia, et qui est également en charge de l’équipe A désormais. Potentiellement une belle passerelle donc pour les jeunes qataris, habitués au mode de fonctionnement de l’entraineur espagnol. A l’image de joueurs comme Almoez Ali Abdulla (Avant-centre, Al Duhail) ou Akram Afif (Ailier gauche, Al Sadd), tous deux ayant fait partie de la belle épopée des espoirs, mais cependant déjà bien intégrés auparavant à l’équipe A. Leurs performances futures seront également à observer avec attention.

En somme, le Qatar ne pourra pas compter outre mesure sur la naturalisation d’étrangers pour composer son équipe nationale, et devra plutôt compter sur sa jeune génération pleine de promesses. Néanmoins, si Felix Sanchez Bas arrive à se stabiliser à la tête de la sélection (3 changements d’entraineur en 2017), il devrait avoir le temps de mettre en place un style de jeu, une identité, renforcé potentiellement par des joueurs d’expérience voulant inscrire une participation à la Coupe du Monde à leur palmarès. Dans une coupe du monde qui devrait normalement voir pour la première fois la participation de 48 équipes, le Qatar ne sera sûrement pas ridicule et pourra certainement rendre fier son public.

 

Adrien Laurent 



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