Cleveland Browns, entre hype et espoir

Alors qu’ils étaient la risée de la ligue depuis de nombreuses années, les Browns ne finissent plus d’enchaîner les bons coups. A coups de trades, Draft et signatures intelligentes, ils sont aujourd’hui considérés par les bookmakers comme les favoris dan l’AFC Nord et même comme la 5e équipe ayant le plus de chances de remporter le Superbowl. Zoom sur une équipe intrigante.

La transformation :

Les fans de Cleveland lors de leur saison terminée à 0W-16L. (Crédits : USA TODAY Sports)

 

Se transformer de la pire équipe de l’histoire en 2017 (bilan de 0W-16L à égalité avec les Detroit Lions de 2008) en une des franchises les plus intrigantes et excitantes de la ligue en à peine deux intersaisons relève presque de la magie. Pourtant c’est bel et bien une réalité dans l’Ohio, car Cleveland commence à faire peur, et dans le bon sens du terme cette fois-ci. L’attaque est tout simplement impressionnante : Baker Mayfield (QB), Nick Chubb (RB), David Njoku (TE) et Jarvis Landry (WR) auquel viennent de s’ajouter Kareem Hunt (RB) et donc Odell Beckham Jr (WR) ! Et dire qu’il y a encore un an les joueurs sur ses positions s’appelaient DeShone Kizer (QB, Packers), Isiah Crowell (RB, Jets) et Corey Coleman (WR, Giants)…

Statistiquement, c’est aussi délirant. Pour les rookies Mayfield et Chubb, c’est respectivement 3725 yards pour 27 TD et 14 INT en 13 matchs pour l’un et presque 1000 yards (996 yards) à la course pour l’autre. Concernant les deux anciens receveurs de LSU, ils sont tout simplement capables d’atteindre les 1000 yards à la réception chaque saison ou presque, en atteste la moyenne de 1293 yards/saison d’Odell Beckham Jr sur son début de carrière (la saison 2017 n’est ici pas prise en compte car il n’y a disputé que quatre matchs). On peut aussi noter que Kareem Hunt était considéré comme un des tous meilleurs coureurs de la ligue avant sa suspension et sa coupe par les Chiefs, avec 1327 yards au sol en 2017 et 1202 scrimmage yards (yards à la course et à la réception) en seulement 11 matchs cette saison !

L’autre côté du ballon n’est pas en reste. Sur le Front Seven, on trouve d’excellents joueurs comme Myles Garrett (DL), auteur de 13,5 sacks en 2018, ou les nouveaux venus Sheldon Richardson (DL) et Olivier Vernon (Edge-Rusher). On note aussi la présence de joueurs intéressants dans la rotation comme Larry Ogunjobi ou Joe Schobert (LB), qui a quand même réussi à être Pro Bowler dans une équipe à 0-16. Chez les defensive backs c’est moins reluisant surtout depuis le départ de Jabril Peppers, mais on remarque tout de même la présence de Denzel Ward, quatrième choix de la dernière draft, au poste de cornerback.

L’architecte :

Comment parler du renouveau annoncé des Browns sans parler de John Dorsey. A la tête de la franchise depuis Décembre 2017, il est responsable de tous les bons choix (ou presque) de Cleveland ces dernières années. On peut lui créditer les drafts de Baker Mayfield, Denzel Ward ou encore Nick Chubb, mais aussi les arrivées par transfert de Jarvis Landry, Odell Beckham Jr et Olivier Vernon ainsi que les signatures de Sheldon Richardson et Kareem Hunt. Rien que ça !

Bien sûr, l’ancien manager général des Chiefs arrivait à la tête d’une franchise possédant de nombreux ”assets” (nombreux choix de drafts et énormément d’argent à dépenser) lui laissant une importante marge de manœuvre. De plus, certaines décisions pourraient être critiquables (le transfert pour Tyrod Taylor voire le recrutement de Kareem Hunt après les accusations à son encontre). Mais au vu des résultats des Browns ces dernières années et de comment ont été utilisés leurs précédents atouts, on ne peut que tirer notre chapeau à Monsieur John Dorsey. Alors merci (ou pas) à Sashi Brown d’avoir déblayé le terrain, car son successeur a su être plus efficace que la très grande majorité de ses prédécesseurs du 21e siècle.

Coaching staff :

Freddie Kitchens, promu coach des Browns cette saison, avec son quarterback. (Crédits : cleveland.com)

 

Petit mot sur les hommes qui vont gérer cette franchise au moins pour la saison à venir. En haut de la pyramide, Freddie Kitchens. Coach des running backs la saison dernière puis coordinateur offensif de la franchise après le licenciement de Todd Haley, il connaît une ascension fulgurante. Il possède des schémas intéressants notamment sur les jeux de courses et a ressuscité l’attaque des Browns. C’est simple, après sa promotion, l’attaque des Browns n’avait plus le même visage. Il a notamment renforcé la protection sur la ligne offensive, ce qui a permis à son quarterback rookie de faire cette excellente deuxième partie de saison, mais aussi à Nick Chubb d’exploser.

Il sera épaulé en attaque de Todd Monken, ancien coordinateur des Buccaneers. Certes l’appel des jeux offensifs à Tampa Bay était plutô la responsabilité du head coach, mais il a quand même dirigé la meilleure attaque aérienne de 2018 avec des quarterbacks au mieux moyens ( même si les chiffres reflètent surtout l’incapacité des Bucs de faire autre chose que lancer la balle).

En défense aussi il est bien entouré. Le poste de coordinateur est possession de Steve Wilks, ancien coordinateur défensif des Panthers et Head-Coach des Cardinals. Certes son expérience à Arizona a été catastrophique, mais l’homme n’en reste pas moins un connaisseur de la défense, reconnu avec son système en 3-4.

Starpower et Renouveau :

Baker Mayfield, Odell Beckham Jr et Jarvis Landry (de droite à gauche). (Crédits Washington Post)

 

Le plus impressionnant reste tout de même la capacité de la franchise à attirer des stars. Loin d’être la ville la plus glamour des États-Unis, le star power de Cleveland a drastiquement augmenter en un cours laps de temps. Le premier joueur à citer est évidemment Baker Mayfield. Si les Cavaliers avaient (désolé aux fans des Cavs de rappeler qu’il n’est plus là) Lebron James et que les Indians ont Francesco Lindor, les Browns ont désormais eux aussi leur franchise player. Mais le DawgPound peut se réjouir car il n’est pas la seule grande star médiatique. Les Browns possèdent Odell Beckham Jr. Surréaliste. Le joueur le plus connu de toute la NFL (ou presque) dans l’Ohio. Impensable mais vrai. Ajoutez à cela un joueur fantasque comme Jarvis Landry pour ne citer que lui et vous obtenez l’équipe la plus charismatique de la ville depuis celle des Cavaliers avec Lebron, Kyrie Irving et Kevin Love.

Analogie :

La situation actuelle des Browns la lie à deux équipes importantes de 2018. La première, c’est les Rams. La Draft d’un jeune quarterback, le changement de coaching staff, une free-agency folle avec de grosses signatures et des énormes trades, la hype, … ça ne vous rappelle pas la franchise de Los Angeles ? Jeff Fisher/Hue Jackson, Sean Mc Vay/Freddie Kitchens (oui là c’est plus gros), Jared Goff/Baker Mayfield… les situations sont comparables et la construction accéléré de l’équipe pour entourer un jeune quarterback rapproche (sûrement) ces deux franchises.

Le deuxième parallèle possible, c’est avec les Chiefs. Une grosse attaque, un jeune QB, un receveur star, une défense avec de beaux noms mais qui n’est pas le point fort de l’équipe (pour les Chiefs c’est le moins que l’on puisse dire), Kareem Hunt, … là encore on peut trouver des similitudes. De plus, les Chiefs ont montré qu’une grosse attaque pouvait masquer les problèmes défensifs et emmener une franchise au moins en finale de conférence. On souhaite donc aux Browns de faire au moins aussi bien que la troupe de Patrick Mahomes (QB, Chiefs).

Des stars, un quarterback, un plan de jeu qui semble intéressant, un manager général qui n’a pas froid aux yeux et une hype qui n’en finit plus de monter. Les Cleveland Browns version 2019 sont intrigants. Avec la suite de la free agency et la Draft en ligne de mire, les démons de 2017 semblent très loin. Après le titre des Cavs en 2016 et les World Series des Indians la même année, les Browns peuvent-ils être la prochaine fierté de la ville ? Réponse dès cette saison et d’ici là, on vous invite tous à monter dans le bandwagon d’une équipe qui n’a pas fini de faire parler d’elle.

A propos de l'auteur

Victime du ''Minnesota Miracle'' et du ''No-Call'', e come si potrebbe non amare i Knicks ? Je considère Drew Brees comme un dieu et le Sport US comme ma religion.

Poster un commentaire

leo sed consequat. Praesent mattis diam