Corruption du Qatar : La boite de Pandore est ouverte

Alors que Nasser al-Khelaïfi vient d’être mis en examen pour « corruption active », cela fait plusieurs années que le dirigeant parisien, et plus généralement l’Etat du Qatar, accumulent les accusations de corruption et les doutes sur l’attribution de la Coupe du Monde 2022.

 

 

Un homme troublant. Président du Paris Saint-Germain,  président de beIn Media Group, président de Qatar Sports Investment (QSI) mais aussi de la Fédération de tennis, squash et badminton du Qatar, et enfin vice-président de West Asian Tennis Federation. Sans parler de son statut de membre du comité d’organisation de la Coupe du Monde 2022 au Qatar et du comité exécutif de l’UEFA. Nasser al-Kheïlafi multiplie les casquettes…et les casseroles. Cela fait plusieurs années que l’homme d’affaires est au coeur d’un tourbillon d’allégations de corruption pour obtenir des passe-droits ou des grands événements sportifs.

 

13 octobre 2017 : Soupçons de Corruption sur l’attribution des droits télés de la Coupe du Monde 2026 et 2030

 

Le président du PSG est au centre d’une enquête pour corruption sur la distribution des droits télé pour la Coupe du Monde 2026 et 2030. Il est soupçonné d’avoir versé des pots de vin à l’ancien secrétaire général de la Fifa Jérôme Valcke, contre l’attribution de ces droits TV. Une enquête a été lancée depuis le 20 mars 2017 pour « soupçon de corruption privée, d’escroquerie, de gestion déloyale et de faux dans les titres ». La police italienne et la Fifa ont aussi mandaté plusieurs enquêteurs qui ont perquisitionnés une villa en Sardaigne qui serait le moyen de corruption de al-Khelaïfi envers Valcke.

02 novembre 2018 : Les Football Leaks jettent l’opprobre sur le Paris Saint-Germain

Cela fait plusieurs années que le Paris Saint-Germain entretient des relations controversées avec les instances du fair play financier. Des doutes qui vont prendre plus d’ampleur avec l’obtention de documents privés par un consortium de journalistes dont Mediapart en France, mettant en cause les agissements du Paris Saint Germain pour contourner les sanctions du fair play financier. Le président de beIn Media Group aurait conclu de nombreux arrangements avec les deux dirigeants de l’UEFA jusqu’en 2016 : Michel Platini et Gianni Infantino. À commencer par le contrat du Paris Saint-Germain avec l’Office du Tourisme du Qatar (Qatar Tourism Authority). Le contrat est valorisé à hauteur de 215 millions d’euros par an alors que deux cabinets mandatés par l’UEFA l’ont évalué entre 77 et 1750 fois moins que ce montant. Un doping financier dont le club de la capitale se défend en avançant que l’UEFA a reconnu qu’il « assurait la promotion et le rayonnement du pays ». Toujours autour de cet accord avec QTA, Infantino aurait accepté que le PSG comptabilise de façon rétroactive une partie du contrat pour la saison 2013-2014.

Mediapart révèle aussi d’autres informations autour de l’enquête du fair play financier sur le PSG en 2017. Selon les Football Leaks, une délégation de l’UEFA avait indiqué au club de la capital en mai 2018 que l’enquête allait être classée sans suite « pour des raisons politiques ». Où encore qu’après une colère de Nasser, Platini avait réduit une amende (60 millions d’euros) du club parisien.

10 mars 2019 : Soupçons de corruption sur l’attribution de la Coupe du Monde 2022 au Qatar 

Le Sunday Times révèle que le Qatar aurait proposé 400 millions de dollars à la Fifa en 2010, dont 100 millions si le Qatar remportait l’organisation de la Coupe du Monde 2022. Le journal assure détenir des preuves de versements financiers à hauteur de 783 millions d’euros de la part du pays émirati vers la Fifa pour obtenir le Mondial 2022. Un autre contrat de droits télés aurait permis au Qatar de payer 480 millions de dollars supplémentaires à la Fifa en 2013, juste après la clôture d’une enquête interne de l’instance internationale sur les accusations de corruption.

23 mai 2019 : Nasser al-Khelaïfi mis en examen pour corruption dans l’attribution des Mondiaux d’athlétisme 

Le dirigeant qatarien est mis en examen pour “corruption active”. Il est accusé d’avoir versé plus de 3 millions d’euros à Lamine Diack, l’ancien président de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF), pour obtenir l’organisation des Mondiaux d’athlétisme au Qatar en 2019 (28 septembre-6 octobre). Une mise en examen qui pourrait permettre de relancer les allégations envers la Coupe du Monde de football en 2022 au Qatar. Une Coupe du Monde qui se déroulera pour la première fois en hiver pour éviter que les températures ne soient trop élevées.

L’organisation de la Coupe du Monde 2022 au Qatar est-elle menacée ?

Difficile aujourd’hui d’affirmer les soupçons de corruption tant que la justice n’a pas statué dessus. Une décision qui serait difficile à prendre tant les enjeux financiers sont colossaux, exerçant de multiples pressions sur la Fifa. Néanmoins, si les accusations s’avèrent exactes, le Mondial pourrait être retiré au Qatar. Pour l’instant, il n’y a que dans le monde virtuel que ce procédé est effectif. Depuis plusieurs éditions du jeu Football Manager, le Qatar perd l’organisation de le Coupe du Monde à cause des protestations de nombreux clubs sur le changement de calendrier. Du réel au virtuel, il n’y a parfois qu’un pas.

 

 

L’affaire ne fait que commencer et nul doute que l’on entendra encore parler des soupçons de corruption autour du Mondial 2022. Nasser al-Khelaïfi et le Qatar retiennent leur souffle.

 

 

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Crédit photo : Ouest France

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"Il faut souffrir pour être beau"...Supporter de l'OM mais toujours moche In Russell Westbrook we trust #whynot

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