Coupe Davis : Nous nous sommes tant aimés… - We Sport FR - "Partageons notre passion !"

Coupe Davis : Nous nous sommes tant aimés…

Rassurez-vous, je ne vais pas vous annoncer une disparition, ni même vous rapporter la fin d’une belle romance… quoi que. En fait, il y a un peu des deux. Tout commence lundi dernier. Enfin non, tout commence il y a 118 ans. Dwight Davies, alors lui-même joueur de tennis, décide de créer une compétition opposant les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. La Coupe Davis est née. Autant dire qu’entre un match à deux nations, et la compétition que l’on connait aujourd’hui, il y en a eu des (r)évolutions. Quantité d’équipes, format des matchs, ambiance… il y en a eu des rebondissements pour rendre la compétition toujours plus exceptionnelle. Et puis, il y a ce lundi 26 février. La vision de Dwight Davies, joueur de tennis, a laissé place à celle de David Haggerty, hommes d’affaires, qui a passé un contrat avec un footballeur, Gérard Piqué. L’affaire de 3 milliards.

Voilà notre chère et tendre transformée en compétition d’une semaine, à la fin de l’année, sur terrain neutre et disputée en 3 matchs au meilleur des 3 sets… Ce n’est pas ma vision de la Coupe Davis. Pour moi, la Coupe Davis, ce sont les matchs interminables en 5 sets. La Coupe Davis, c’est un sport individuel qui se joue en équipe quatre week-ends par année, pour faire se lever un pays. La Coupe Davis, ce sont des supporters en feu derrière leurs joueurs. La Coupe Davis, ce sont des mal classés qui se transcendent pour faire tomber les gros, poussés par leur public en délire. La Coupe Davis, ce sont mes premières larmes de passionné… Bref, la Coupe Davis, ce sont des histoires à raconter, de génération en génération, des carrières brisées ou sublimées, des matchs de légende et des émotions inexplicables.

Pour quelques milliards de plus…

Je veux continuer à rester cloué à mon canapé pendant trois jours. Je veux continuer à soupirer quand je découvrirai, déçu, que le prochain match de Coupe Davis se jouera à 500km de chez moi. Je veux continuer à imaginer tous les scénarios possibles du week-end, pour finir par rager sur mon capitaine qui n’aligne pas les joueurs que j’imaginais. Je veux continuer à regarder mon portable toutes les cinq minutes, les vendredis après-midi, pendant les cours, pour voir Tsonga ramer à battre un inconnu. Je veux regarder un Mayer-Souza un dimanche soir, veille de lundi pourri, pour assister au 2eme match le plus long de l’histoire. Qui regarderait cette affiche dans un 250 au fin fond du monde ? Tout simplement, je veux continuer à regarder la Coupe Davis.

En bref, je ne veux rien de vos idées. Aucune de vos modifications ne me séduit. Et certainement pas pour 3 milliards. Laissez les Nadal, Federer et autres là où ils sont. Je me contenterai largement d’un duel épic entre deux joueurs moins huppés, mais qui illumineront le tennis de leur détermination, leur combativité. Lorsque vous assassinez la Coupe Davis, c’est la passion que vous tuez avec elle. Vendez son âme, achetez sa réputation pour la transformer en semaine d’exhibition. Mais l’histoire, elle, est indélébile. Et elle vaut bien plus que tout l’argent que vous investirez. J’ai 21 ans, la Coupe Davis a 118 ans. Pourtant, j’ai toujours espéré mourir avant elle. Malheureusement, je n’aurai que peu profité d’elle de mon vivant. RIP.

A propos de l'auteur

Je ne sais pas qui attaque le plus entre Pierre Rolland et Rafael Nadal. Je ne sais pas qui monte le mieux entre Chris Froome et Ivo Karlovic. Je ne sais pas non plus qui cumule le plus de revers entre Stan Wawrinka et Nacer Bouhanni. Je n'ai jamais su choisir entre le tennis et le vélo. Mais ce dont je suis sûr, c'est que je n'ai percé dans aucun de ces deux sports.

Poster un commentaire

pulvinar quis amet, elit. Praesent justo dolor. porta.