Coupe du monde

Coupe du Monde : Ces Français maudits

Paul Pogba et N'Golo Kanté ne verront donc pas le Qatar cet hiver. Et avec eux, la liste des incertains est longue comme le bras. De Raphaël Varane à  Lucas Hernandez en passant par Steve Mandanda et Jules Koundé, nombreux sont les Bleus qui pourraient manquer la plus prestigieuse des compétitions. Avant eux, de nombreux internationaux ont également connu cette grande désillusion. Depuis le début du siècle et la Coupe du Monde 2002 au Japon et en Corée, ils sont un grand contingent à avoir été frustrés.

2002, Robert et ses problèmes de muscles

Il était pourtant au sommet de sa forme et devait se rendre en Asie dans la peau d'un leader. Lui, remplaçant en 1998, sur le banc également en finale de l'Euro 2000 mais décisif sur le but en or de Trezeguet. Lui, c'est Robert Pirès. Joueur majeur des Gunners d'Arsenal, il se rompt les ligaments croisés un soir de semaine de mars, en Coupe d'Angleterre contre Newcastle. Six mois d'arrêt minimum, il sait qu'il ne pourra malheureusement pas aller défendre son titre avec les siens. Il encaisse, durement, mais avec dignité : “Je ne vais pas pleurer sur mon sort. C'est comme ça. Il y a des moments où il faut être philosophe. Jusqu'à présent, j'avais été épargné par les blessures. J'ai toujours dit que jouer des matches tous les trois ou quatre jours ne me déplaisait pas car cela permet de maintenir un rythme. Je ne vais pas changer d'avis aujourd'hui. “

Il évitera le fiasco mais malheureusement, ses heures de gloire sous le maillot tricolore sont derrière lui. A l'Euro 2004, il ne fera qu'illusion, tout comme les Bleus, vulgairement éliminés par le futur champion, la Grèce. Puis sa brouille avec Raymond Domenech par la suite mettra un terme à sa carrière internationale. Son dernier fait de gloire en Equipe de France restera donc ce centre décisif face à l'Italie en 2000 pour “Trzegoal”. Mais quel centre.

2006, Djibril Cissé, la rechute

Il s'en était pourtant déjà relevé, une fois. Après une double fracture tibia-péroné quelques semaines après son arrivée à Liverpool, Cissé s'était remis sur pied, prouvant son énorme force de caractère. C'était à l'automne 2004. Revenu à temps pour le sprint final qui vit les Reds remporter la finale de la Ligue des Champions 2005, l'ancien Auxerrois s'était remis sur les bons rails. Et puis, régulièrement appelé en sélection, il espérait être de la partie en Allemagne, pour enfin avoir une carrière internationale digne de ce nom. Mais voilà, lors du dernier match avant le départ pour la Coupe du Monde, contre la Chine au stade Geoffroy Guichard à Saint-Etienne, le coup de massue tombe: nouvelle fracture, et une image atroce, que l'on ne digère que difficilement. C'est un coup dur, terrible. Pour le joueur, mais pour tous ses coéquipiers et amis. Thierry Henry, présent sur la pelouse, déclarait après la rencontre : “Perdre un ami et un équipier comme Djibril juste avant de partir en Allemagne, c'est difficile. J'étais juste à côté de lui lorsqu'il est tombé et je l'ai entendu hurler. C'est des choses que l'on n'aime pas voir dans le football. 

Pour Raymond Domenech aussi, la sentence fait mal : “C'est une nouvelle terrible. Pour nous, c'est dramatique.” Le sélectionneur comptait sur Djib'. Malheureusement, il faudra faire sans lui. Et c'est de son canapé qu'il assistera à la belle campagne des Bleus.

2010, les absents.. n'ont pas toujours tort

S'il y avait bien une édition à manquer, c'était celle-là. Au coeur d'un fiasco international, les Bleus se sont ridiculisés aux yeux du monde entier et finalement, ceux qui ont vécu ça depuis leur canapé n'étaient pas plus mal bien au chaud chez eux. Malgré tout, avant coup, louper le rendez-vous planétaire de l'été 2010 pouvait s'avérer être une déception. C'est le cas de Lassana Diarra. Titulaire indiscutable au sein de l'équipe de Raymond Domenech, l'ancien du Real, qui pouvait jouer au milieu mais également latéral droit, est pris de maux de ventre lors de la préparation. Quelques analyses sanguines plus tard, le voilà forfait pour cause de drépanocytose. Si finalement, rien de bien grave n'est détecté, il aura eu la “chance” de ne pas se déplacer pour rien.

2014, la der' de Kaiser Franck

Il restait sur trop d'échecs avec l'Equipe de France. Fer de lance de la révolution de 2010, éliminé piteusement en 8ème en 2012, Ribery voulait une revanche. Lui qui arrivait pleine bourre après une année 2013 où il s'est fait “voler le Ballon d'Or” selon ses dires, Ch'ti Franck voulait aller au Brésil pour tenter, enfin, de faire taire ses détraqueurs. Malheureusement, un problème aux lombaires durant la préparation ne lui laisse que peu d'espoir. “La mort dans l'âme”, il déclarera forfait avant même le premier match amical.  Abattu, il tenait tout de même à annoncer ce forfait de sa propre bouche : “C'est la mort dans l'âme que je suis contraint de quitter l'équipe de France et de renoncer à la Coupe du monde. J'ai toujours espéré, après avoir noté des signes encourageants ces derniers jours, pouvoir être d'attaque pour France-Jamaïque. Mais les tests poussés auxquels je me suis soumis ce vendredi matin ont réveillé mes douleurs lombaires. L'IRM passée à l'hôpital de Rambouillet n'a fait que confirmer les impressions ressenties à chaud et l'aggravation du mal (…). Dans ces conditions (…), mon forfait était inévitable. Je quitte mes coéquipiers le cœur gros, mais je sais qu'ils vont faire le maximum pour le maillot bleu et pour aller le plus loin possible dans la compétition.” Sa dernière sélection restera donc un match amical, en mars 2014, contre les Pays-Bas.

Mandanda connaîtra lui le bonheur de soulever le trophée quatre ans plus tard. Mais le gardien Marseillais a également manqué ce mondial Sud-Americain. En pleine bourre avec l'OM, il est blessé aux cervicales après un choc terrible avec le Guingampais Yatabaré lors de l'ultime journée de Ligue 1. Le remplaçant d'Hugo Lloris est lui aussi contraint au forfait.

2018, Koscielny, le cœur meurtri

Il avouera quelques mois plus tard avoir espéré une défaite des Bleus en finale. Non pas par méchanceté, mais parce qu'il était blessé, touché dans son ego. “Je voulais qu'ils se qualifient, et en même temps je voulais qu'ils perdent. C'est un côté égoiste, c'est la vie. C'est comme ça… Certains vont dire : “Comment ça, il voulait que l'équipe de France perde ?” mais c'était mon sentiment à ce moment. (…) Je pense que la victoire des Bleus m'a fait beaucoup plus de mal psychologiquement que la blessure.” Laurent Koscielny, titulaire indiscutable avec Didier Deschamps, se rompt le tendon d'Achille à un mois du mondial Russe. En pleurs, il sait qu'il ne disputera jamais la compétition. Un crève-cœur dont il ne se relèvera jamais. Il aurait dû y être, mais le destin en a décidé autrement. “En cinq secondes, j’ai compris que tout était fini, que j’allais faire une croix sur tout : la finale de la Ligue Europa, la fin de saison en club, et surtout la Coupe du monde. Je suis sorti les larmes aux yeux. ” Terrible

Lui aussi était en pleurs et lui aussi aurait sans doute dû y être. Dimitri Payet, blessé aux ischio-jambiers, est un incontournable des listes de DD. Il avait participé à l'Euro 2016 et arrivait pleine bourre pour le mondial, avant de se blesser. La course contre la montre était lancée et son retour, pour la finale de la Ligue Europa contre l'Atletico au Groupama Stadium, était à double tranchant. Soit le Réunionais parvenait à montrer ses progrès physiques, soit le timing était trop tendu. Et malheureusement, la rechute eut lieu.. Contraint de céder sa place après une petite demi-heure de jeu, il savait. Il savait que son destin avait tranché. Le coup de massue était énorme.

Crédit photo : France Infos


Valentin Martin

Le cœur meurtri par la fin de carrière de Rodgeur, je m'en remets aux stepback de The Beard. Rien de tel qu'un Vélodrome incandescent pour me faire chavirer de bonheur

Dernières publications

En haut