Ça roule…

Davide Rebellin, papy fait de la résistance

À plus de 50 ans, Davide Rebellin sera toujours présent dans le peloton en 2022. Controlé positif à l'EPO Cera, l'italien est le stéréotype parfait du coureur italien de la fin des années 90. Mais voilà un 50 ans, Rebellin a rempilé pour une année supplémentaire. Une preuve qu'au delà des histoire qui ont gâché une partie de sa carrière, la passion parle avant tout.

Une carrière aboutie

Infatigable est le mot parfait pour résumer ce qu'est David Rebellin. Pourtant revoir l'italien en 2022 était presque un miracle. En septembre dernier, il s'est fracturé le tibia lors d'une chute sur le Mémorial Marco Pantani. On a alors cru que Rebellin tirerait sa révérence après plus de 20 années de carrière. Mais non, “Papy” ne pouvait pas finir sa carrière au sol.

« Je suis contradictoire, plus j’avance dans les années et plus je me sens jeune. » Les mots de Davide Rebellin, dans une interview pour Velo-Club.net, suffisent à résumer la carrière de l'italien. Rebellin n'a jamais été à précoce. Il a connu le sommet de sa carrière à 33 ans avec le triplais ardennais en 2004, là où les autres s'accomplissent avant les 30 ans. À 37 ans, il remportait encore la Flèche Wallonne (2009). Un an plus tard, la patrouille de l'anti-dopage le rattrapa après son contrôle positif à l'EPO lors des Jeux Olympiques de Pékin en 2008.

À cet âge avancé, beaucoup de coureurs auraient mis fin à leur carrière. Mais voilà, Davide Rebellin est toujours là. Depuis le début de l'année 2021, il évolue dans la modeste formation italienne Work Service évoluant en Continental soit le plus bas échelon du cyclisme professionnel. Auteur d'une belle saison avec notamment une dixième place au classement général de l'exigent Sibiu Cycling Tour. Il n'est même pas passé très loin de la victoire sur le Turul Romaniei avant de connaitre sa terrible chute sur le Mémorial Marco Pantani. Preuve qu'à 50 ans, il lui reste encore de beau reste.

Évoluer dans l'autre cyclisme

Loin des paillettes du cyclisme, l'italien s'amuse aujourd'hui dans l'autre cyclisme. Et même si sa dernière victoire remonte au Tour of Iran en 2017, la passion elle est toujours là pour celui qui vit aujourd'hui à Monaco. « Ma femme me dit souvent que je suis né pour pédaler, confiait-il, toujours à Velo-Club.net. Je me vois pédaler la nuit aussi, pendant que je dors. » 

Aujourd'hui l'italien évolue dans une modeste équipe italienne. “C'est une équipe Continentale italienne, basée pas loin de chez mes parents. C'est un peu comme une école du cyclisme, avec des équipes à partir des minimes, dans les catégories jeunes, les amateurs et les pros. Le patron Massimo Levorato m'a contacté quand il a vu que je cherchais une équipe après les difficultés avec Cambodia. Il m’a contacté via un ami pour me présenter son projet et ça m'a intéressé. Je vais courir en Italie, et pas seulement, et puis suivre les jeunes, être un peu comme un directeur sportif dans la course. Massimo a aussi repris la marque de vélo Dynatec l'an dernier et je fais des tests sur les nouveaux cadres. C'est un projet qui me permet de faire plus de choses que simplement courir” déclarait Rebellin dans une interview pour Eurosport au début de l'année 2021.

Finir sur une bonne note

« En fait, je voulais raccrocher mon vélo cette année, mais je ne peux pas le terminer avec une fracture » affirmait Rebellin il y a quelques semaines. « Je ne veux pas finir par une rupture. Je veux m’arrêter dans la course, en tant que coureur dans le peloton. L’idée est donc de disputer quelques courses avec l’équipe en mars, avril et mai », a-t-il ajouté. Et si on lui demande le secret de sa longévité, l'italien déclare : «Tout est une question de passion ».

Rebellin ne court pas après la victoire, il court par pure passion. Et rien que pour cela on se doit de le respecter. Peu de personnes seraient capable de s'infliger autant de sacrifice pour rester compétitif. Car oui, Rebellin ne reste pas dans les pelotons pour faire de la figuration comme en témoigne les Top10 qu'il a encore signé aujourd'hui.

Davide Rebellin sous les couleurs de Work Group Service

Raccrocher ? Pas vraiment …

Après son bloc de courses sur route, l'italien ne compte pas avoir une retraite tranquille? Il a déjà affirme “qu'ensuite, ce sera la course Gravel. Le Gravel ‘est un monde en constante expansion et il façonne l’avenir du cyclisme. J’aimerais combiner les courses sur route et gravel en 2022.” Bref, papy n'est pas prêt d'arrêter le vélo.

Un régiment alimentaire millimétré 

Il est évident qu'une telle longévité se trouve aussi dans le mode de vie. « Je ne mange plus de viande rouge depuis des années et je vis sans gluten depuis 1997. J’ai une alimentation équilibrée, je récupère plus vite et je me sens mieux. La nourriture est le carburant de votre moteur » explique Rebellin.

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