De confirmation en interrogation, retour sur le Grand Prix de Marrakech

Avant même de débuter, ce Grand Prix de Marrakech édition 2019 avait un petit goût amer pour les nombreux spectateurs présents sur place, tout comme pour ceux qui avaient entouré la date dans leur calendrier.

En effet, ce tournoi aurait dû marquer le retour à la compétition du champion français Teddy Riner, 1 an et demi après sa dernière apparition, son dixième titre mondial, ici au Maroc. L’histoire aurait été belle…

Oui, mais le double champion olympique a décidé de décaler sa reprise, s’expliquant devant la caméra de Tout le Sport (Fr3) :

« Marrakech, il faut vraiment oublier. C’est trop tôt. Je n’ai pas envie de monter en compétition trop tôt, pour faire de la merde. Ne pas avoir mes sensations, ne pas avoir mes capacités… Ce n’est pas comme ça que je conçois ma reprise. On va se laisser le temps. Si je dois être champion olympique, il faut le faire avec la manière. »

Dont acte. La fête n’en sera que plus belle.

 

En son absence, c’est l’allemand Sven Heinle qui repart avec l’or dans la catégorie des +100 kg, pour la première victoire en Grand Prix de sa carrière.

Sur le podium on retrouve des athlètes sans grande référence internationale, qui ont su profiter de l’absence de têtes de série et de la généreuse dotation en points de ce Grand Prix pour gagner quelques places à la Rankin List et se mettre dans la course pour Tokyo 2020.

On prend les mêmes et on recommence

Désillusion masculine avec 7 français engagés pour aucune médaille et 2 combattants 5ème.

Parmi eux, 5 était déjà de l’équipe présente à Düsseldorf il y a 2 semaines.

Le bilan est pauvre, mais on peut y voir des signes prometteurs : en -73 kilos, Guillaume Chaine déjà 7ème lors du Grand Slam de Paris, produit un judo libéré et parvient à battre des combattants mieux classés que lui, toujours par ippon (projection de l’adversaire sur le dos, terminant le combat).

Arrivé en demi-finale, il subissait la loi du n°2 mondial le géorgien Shavdatuashvili, avant de laisser échapper la médaille de bronze face au solide canadien Antoine Bouchard.

Chez les -90kg, le staff de l’équipe de France avait envoyé les mêmes combattants qu’en Allemagne, Loic Pietri et Aurélien Diesse.

Le premier, champion du monde dans la catégorie inférieure (-81kg) en 2013, tente de revenir d’une blessure sérieuse au genou tout en prenant ses marques dans une catégorie de poids différente de celle dans laquelle il a performé dans le passé.

Après deux premiers tours bien maitrisés, son combat perdu contre l’allemand Trippel, 5ème des derniers Championnats du Monde, lui a permis de voir le niveau attendu pour monter sur un podium international dans cette catégorie.

 

Diesse quant à lui, champion d’Europe juniors en 2017, avait plus de chance au tirage et arrivait en demi-finale assez facilement en battant ses adversaires dans son style tonique.

Là, l’attendait un combat compliqué face au serbe Nemandja Majdov, champion du Monde de la catégorie en 2017, mais que le français avait battu lors de l’édition 2018.

Présent sur l’engagement physique, il se faisait contrer sur une attaque pas assez franche, et répétait malheureusement le même schéma pour exactement la même finalité dans le combat pour la place de 3, contre le dominicain Robert Florentino.

Pour les autres combattants, la compétition fut nettement moins réussie, avec des éliminations au deuxième tour pour Daniel Jean, et au troisième tour pour Kevin Azema, tous deux en -66kg, contre des adversaires qui semblaient pourtant à leur portée.

Les derniers représentants français étaient en -60kg, avec le champion d’Europe 2016 Walide Khyar, et le vice-champion de France 2018 Romaric Bouda.

Gros tirage pour les 2 combattants, puisque Khyar perdra en cours de route contre le vainqueur de ce Grand Prix, l’Ouzbekh Lutfilliaev, n°13 mondial, pendant que Bouda se heurtait au 2ème tour au belge Verstraeten, n°21 mondial.

Un retour peut en cacher un autre

Elles n’étaient jamais vraiment parties, mais Amandine Buchard-Nordmeyer et Margaux Pinot s’imposent de plus en plus sur le devant de la scène en remportant (assez facilement) ce Grand Prix marocain.

En -52kg, « Bubuche » était de retour aux affaires après une petit coupure en ce début d’année 2019.

Retour probant donc, avec 3 combats sur 4 gagnés avant le terme, dont un très bel enroulé en finale sur l’espagnole Perex-Box, tombeuse de la (très) jeune et (très) prometteuse Faiza Mokdar un peu plus tôt dans la journée.

Déjà 3ème des derniers Championnats du Monde, médaillée sur toutes ses dernières sorties, l’actuelle n°1 mondial n’aura plus que les japonaises pour l’empêcher d’accrocher le titre mondial à son palmarès, cet été à Tokyo.

En -70kg, Margot Pinot fit aussi état de tout son talent en battant toutes ses adversaires par ippon avant la fin du chronomètre.

Très constante depuis quelques mois, la française actuellement classée 15ème mondiale dans sa catégorie, et médaillée sur toutes ses sorties depuis octobre 2018, sera aussi très attendu en août au Japon pour monter sur son premier podium mondial.

L’autre française de la catégorie, Clémence Eme, n’arrivait hélas pas à passer l’obstacle de la Belge Taemans au premier tour.

(Podium des -70kg : M. Fletcher ; M. Pinot ; L. Vargas-Koch ; E. Teltsidou)

© Sabau Gabriela

 

Les autres féminines ne sont pas en reste, avec une belle médaille de bronze de la vosgienne Mélanie Clément en -48kg qui conforte ainsi son leadership national dans la catégorie, en faisant mieux que Blandine Pont, 7ème.

Chez les -57kg, la médaillée des JO de Londres Automne Pavia ne peut faire mieux que 5ème, clouée au sol dans les toutes dernières secondes de la place de 3 par l’israélienne Nelson Levy, laquelle avait déjà battu l’autre française de la catégorie Gaëtane Derbert, pendant les tours préliminaires.

Enfin, en -63kg, la délégation française classe ses deux combattantes, avec une 7ème place pour la jeune Manon Deketer, et une 5ème place pour l’expérimentée Maelle Di Cintio, qui a malheureusement dû abandonner lors du dernier combat, pour cause d’une blessure au genou.

 

Si les résultats féminins permettent de déterminer une hiérarchie au fil des compétitions, il en est loin d’être de même pour les catégories masculines.

Du 15 au 17 mars, ce seront 8 masculins et 6 féminines qui seront présent en Russie pour le Grand Slam d’Ekaterinbourg.

Certains essayeront de confirmer leur bonne forme du moment pendant que d’autres feront leur première apparition à l’international depuis plusieurs mois, et chercheront à faire la meilleure impression possible pour rester dans les plans des sélectionneurs.

A 166 jours des Championnats du Monde, les portes de la sélection pourraient s’ouvrir en grand pour certains, ou se fermer devant leur pied.

 

 

Photo Une : ©Di Feliciantonio Emanuele

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