Hommes – Des Rocheuses à Val-d’Isère

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Ligue 1

Ce weekend, la Coupe du Monde masculine faisait étape à Val-d’Isère avec au programme, un géant et un slalom. Le résumé de ce Critérium de la Première Neige, est précédé d’un petit retour rapide sur les épreuves nord-américaines, consacrées essentiellement aux épreuves de vitesse, mais pas que, afin de bien poser les bases de ce weekend savoyard et remettre en contexte ce début de saison.

Commençons par Lake Louise où une descente et un super-G étaient au menu. Lors de la première, ce n’est autre que le Champion du Monde 2017 de la spécialité, le Suisse Beat Feuz qui a frappé d’entrée, ne devançant que de 9/100è le Champion Olympique, l’Autrichien Matthias Mayer. A la troisième place, le Roc Norvégien Aksel Lund Svindal est déjà de retour moins d’un an après sa rupture des ligaments croisés. Derrière, on retrouve les autres valeurs sûres de la discipline, comme l’Italien Peter Fill ou les autres Vikings Kjetil Jansrud et Alexander Åmodt Kilde, ainsi qu’Adrien Théaux, excellent septième malgré le contexte qui entoure l’Equipe de France de vitesse depuis mi-novembre. Feuz prend ainsi la tête de la Coupe du Monde à égalité avec Félix Neureuther, vainqueur du slalom de Levi.

 

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Le podium de la première descente de la saison. Beat Feuz encadré de Matthias Mayer à gauche et Aksel lund Svindal (crédit photo: Christophe Paillot/Agence Zoom/Le Dauphiné)

Lors du Super-G, là aussi, on retrouve des spécialistes, des descendeurs plus typés Super-G ou des techniciens qui ont décidé de “monter” pour élargir leurs palettes ou se classer pour le général. Et c’est le tenant du globe de la spécialité – vainqueur en 2017 mais également en 2015 –  Kjetil Jansrud, qui s’est imposé, devant les Autrichiens Max Franz et le vétéran Hannes Reichelt (37 ans). Au pied du podium, on retrouve les autres membres de la Patrouille Norge, à savoir, Kilde et Svindal. Suivent là aussi, une “petite armée” italienne et d’expérience, composée d’Innerhofer, Paris et Fill et un autre membre de la Wunderbar, Vincent Kriechmayr dont on reparlera dans quelques lignes. Au général, les Norvégiens prennent les commandes, Jansrud devançant Svindal. Beat Feuz redescendant sur la troisième marche.

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Kjetil Jansrud, plein écran, vainqueur du Super-G devant Matthias Mayer et Hannes Reichelt (crédit photo: FIS-SKI/Agence Zoom)

Beaver Creek entre rapaces de vitesse et rongeurs de piquets

Franchissons la frontière pour nous retrouver à Beaver Creek, avec une des mythiques pistes du circuit, la “Birds of Prey” avec un deuxième Super-G course d’ouverture. Et c’est un Autrichien qui remporte sa première victoire en Coupe du Monde, Vincent Kriechmayr (je vous l’avait dit qu’on en reparlerait rapidement). Il devance le Roi de l’épreuve, Kjetil Jansrud et Hannes Reichelt qui enchaîne avec un nouveau  podium. A noter l’excellente performance des Français, avec les quatrième et cinquième places d’Adrien Théaux et d’Alexis Pinturault, exemple du technicien polyvalent. Les deux Bleus se retrouvent pris en sandwich par la Norvège et l’Autriche, puisque derrière, se placent Svindal, Mayer et Kilde. Les Scandinaves consolident ainsi leur leadership au général.

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Vincent Kriechmayr toute à sa joie communicative de célébrer sa première victoire en Coupe du Monde (crédit photo: FIS-Ski/Agence Zoom)

Une domination qui continue sur la descente puisque Aksel Lund Svindal n’aura pas attendu longtemps pour regagner à nouveau. Moins d’un an après sa rupture des ligaments croisés, le Norvégien remporte sa troisième descente sur cette piste, celle-là même où il y a dix ans, il fut victime d’une terrible chute qui aurait pu lui coûter sa carrière (ou pire). Il devance le vainqueur de la première descente, Beat Feuz et l’étonnant Allemand Thomas Dressen. Mais c’est toute la Mannschaft qui se révèle, puisque Andreas Sander se hisse à la septième place. Devant, Innerhofer, Paris et Kriechmayr. Derrière, Théaux, le brillant Johan Clarey et Peter Fill. La petite déception se nomme Kjetil Jansrud, seulement onzième, mais qui conserve néanmoins la tête du général pour quatre petits points sur Svindal.

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Aksel Lund Svindal, l’Aigle de la Bird of Prey (crédit photo: FIS-Ski/Agence Zoom)

Pour cette dernière journée outre-Atlantique, place au Slalom Géant. Cette discipline est depuis quelques années, de plus en plus la chasse gardée des purs techniciens et spécialistes. Pour exemple, il y a plusieurs saisons, Svindal et Jansrud, entre autres, étaient alors capables de jouer la victoire. Aujourd’hui, ils ne s’y alignent quasiment plus. Et ce premier Géant de la saison – celui d’ouverture à Sölden a été annulé pour cause de conditions météorologiques – ne déroge pas à la règle. Et si le résultat n’est pas une surprise en soi, il l’est par le contexte. Marcel Hirscher, tenant du gros globe de cristal et numéro un incontesté des épreuves techniques, s’impose largement (88/100è) devant le Norvégien de service, un de ses grands rivaux dans les exercices à deux manches, Henrik Kristoffersen et l’Allemand Stefan Luitz qui aura la lourde tâche de suppléer Felix Neureuther, vainqueur à Levi mais victime d’une rupture des ligaments croisés à l’entraînement fin novembre. Mais là où est la performance, c’est que l’Autrichien revient d’une fracture de la cheville contractée mi-août et est donc à cours de préparation. Après sa modeste 17è place au slalom de Levi, Le voir déjà de retour annonce la couleur. Ca chauffe déjà aux fesses des Norvégiens pour le général.

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Marcel Hirscher, l’Aigle des Slaloms (crédit photo: FIS-Ski/Agence Zoom)

Bellevarde, zone technique

Retour en Europe, maintenant, pour la seule étape française du circuit masculin avec, dans la continuité du Colorado, un deuxième géant et d’un slalom. Les techniciens seront donc à l’honneur en ce weekend savoyard. Et cela commence fort, puisque c’est le Français Alexis Pinturault qui monte sur la première marche, gratifiant le public d’une Marseillaise reprise à tue-tête par tous les supporters bleus. Sur le podium, il précède Stefan Luitz qui signe son deuxième podium consécutif et le sixième de sa carrière, tous dans la discipline. A noter également, la jolie quatrième place de Mathieu Faivre et la cinquième de Henrik Kristoffersen. Une place un peu décevante, mais qui lui permet de passer en tête au général. Le skieur de Courchevel a fait du classement du Géant son objectif, avec une médaille aux Jeux Olympiques. De même, sa participation depuis deux saisons au Super-G, avec déjà, de très bons résultats, consolide son ambition pour, à terme, le général.

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“Allons enfants de la Patrie…” (crédit photo: FIS-Ski/Agence Zoom)

Pour le second slalom de l’hiver, on reprend quasiment les mêmes et on recommence, à savoir, le duo d’enfer Hirscher-Kristoffersen. Le premier a gagné grâce à une seconde manche stratospéhrique dans des conditions impossibles, le second a bénéficié d’un petit centième d’avance pour terminer devant le Suédois Andre Myhrer. Grâce à cette performance, il consolide sa place de leader au classement général, mais avec seulement onze points d’avance sur son prédécesseur du jour. L’Autrichien est ainsi pris en sandwich norvégien, puisque suivent Jansrud et Svindal, mais a clairement frappé un grand coup et montre qu’il faudra bien compter sur lui à nouveau cette saison. Sa blessure qui ne lui aura finalement fait raté qu’une seule course, n’aura donc pas été un handicap pour revenir rapidement dans la course au Globe de Cristal.

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Un temps à mettre un Marcel dehors (crédit photo: FIS-Ski/Agence Zoom)

Tout ce petit monde s’est déjà donné rendez-vous pour la tournée italienne qui nous emmènera jusqu’au 29 décembre dans le Massif des Dolomites pour sept épreuves dans cinq disciplines, dont le toujours spectaculaire et particulier slalom parallèle. Si chacun y trouvera son compte, il y a fort à parier que les meilleurs techniciens devraient continuer sur leur lancée et rester en tête du général. En effet, si en descente et Super-G, au moins quinze skieurs peuvent espérer le podium, en géant et slalom, ils ne sont plus qu’une dizaine et seulement un peu plus de la moitié pour la victoire, ce qui empêche ainsi la dispersion des points, mais aussi parce que ces deux spécialités sont majoritaires dans le calendrier. Première réponse sur les tendances et les forces en présence dès demain avec le super-G, si le temps le permet.

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