Dijon : Les chemins de la réussite



Auteur d’un début de saison canon, le club dijonnais surprend les spécialistes année après année. En effet, après avoir été parmi les meilleures attaques de la Ligue 1 Conforama l’année passée, se maintenant aisément (11ème) et pratiquant l’un des jeux les plus ambitieux du championnat, le DFCO semble bien parti pour répéter l’opération cette année. Derrière la philosophie de jeu ambitieuse imposée par Olivier Dall’Oglio depuis 2012, se cache une politique sportive mise en place depuis 2009 et le passage de Patrice Carteron dans la capitale bourguignonne. Retour dans le temps pour comprendre en quoi les résultats dijonnais sont tout sauf les fruits du hasard.

Zarour et Bérenguer ont ouvert la voie

Bien lancés dans le monde professionnel par un jeune entraineur dénommé Rudi Garcia, le jeune club du DFCO (fondé en 1998) se stabilise en ligue 2 depuis sa montée en 2004. Des années plus ou moins difficiles selon les saisons, mais le DFCO peut s’appuyer sur une base de fans toujours plus grande au fil des années, dans une ville où le sport tient une place importante. Le club prend un tournant qui sans le savoir à l’époque sera primordial pour son avenir. En effet, après une saison 2008/2009 terminée à une honorable 8ème place, un différend entre Bernard Gnecchi (le président de l’époque) et Faruk        Hadzibegic pousse la direction à licencier le technicien bosnien. Patrice Carteron débarque en Côte d’or et peut jouir d’un effectif déjà garni de jolies pièces, Eric Carrière, Mickaël Isabey ou Grégory Malicki venus terminer leur carrière en bourgogne ou encore Sebastian Ribas, que le club a acheté à l’Inter de Milan pour 1m€ un an auparavant. Un investissement conséquent pour Dijon à l’époque, mais qui s’avèrera très judicieux par la suite.

Durant cette intersaison, les dirigeants vont également recruter aux échelons inférieurs avec la venue de Florin Bérénguer, évoluant au sein de la réserve sochalienne et non désiré au sein du club doubiste et également le défenseur Charer Zahour, recruté à Cannes. Et autant dire que la greffe de ses deux joueurs amateurs prend immédiatement, Bérenguer inscrira 11 buts pour sa première saison professionnelle, tandis que Zahour disputera 31 matchs sur cet exercice 2009-2010. Un exercice que les hommes de Patrice Carteron boucleront à la 9ème place. Mais les performances des trois attaquants Ribas, Mandanne et Kitambala (40 buts TCC à eux 3) laissent présager un avenir radieux.

Convaincus par les performances de Bérenguer et Zahour, les dijonnais vont continuer à tenter des coups dans le monde amateur. Durant l’été 2010, Benjamin Corgnet, Eric Bauthéac, Florent Ogier, Steven Paulle et Raphaël Caceres signent au club. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les recruteurs dijonnais ont eu le nez creux. Car les supporters s’apprêtent à vivre l’une des saisons les plus mémorables de l’histoire de ce jeune club.


2010/2011 : La montée en Ligue 1  

En effet, à l’issu d’une saison qui verra toutes les recrues du monde amateur apporter une contribution immédiate dans l’effectif, le club dijonnais, porté par un Sébastian Ribas de feu (23 buts en championnat et meilleur buteur) termine 3ème du championnat et accède ainsi pour la première fois de sa jeune histoire à la Ligue 1. Un miracle rendu possible par le recrutement habile des dirigeants, qui en plus des joueurs issus du monde amateur, avaient réussi quelques jolis paris, en se faisant prêter Younousse Sankharé par le PSG, l’arrière gauche Charles Fomen par l’Olympique de Marseille et en récupérant Abdoulaye Bamba, jeune latéral droit formé à la Juventus.

 

 Un apprentissage douloureux

Pour sa première saison au sein de l’élite, et malgré un recrutement encore une fois de grande qualité, avec les découvertes de Baptiste Reynet et Thomas Guerbert, ou le retour en France de joueurs rompus aux luttes de première division comme Abdoulaye Meïté, Cedric Varrault, Daisuke Matsui ou Grégory Thil, la marche s’avèrera trop haute pour les joueurs de Patrice Carteron qui termineront 19ème, avec la moins bonne défense. Le départ de Ribas pour la Genoa ne sera jamais vraiment compensé (Le duo d’attaque Jovial-Thil ne marquant qu’à 11 reprises sur la saison) et le club bourguignon redescend dans l’antichambre de l’élite du football français.

Développement en Ligue 2

A la suite de cette saison, Olivier Delcourt est nommé président, et Olivier Dall’Oglio entraineur. Malgré ces changements, la politique sportive du club reste sensiblement la même, à savoir recruter dans les échelons inférieurs et tenter quelques paris à moindre coûts. Avec toutefois une nouveauté, les dirigeants du club sont conscients que pour exister à long terme dans le football français, un centre de formation est obligatoire, c’est ainsi qu’en septembre 2013, un peu plus d’un an après son retour en Ligue 2, le centre de formation du DFCO ouvre ses portes. Le stade Gaston-Gérard également subit plusieurs rénovations au fil des années pour devenir aujourd’hui un stade moderne à l’ambiance festive.

Durant les saisons 2012-2013, 2013-2014 et 2014-2015, Dijon reste une place forte de la Ligue 2 et se classe 7ème, 6ème puis 4ème, proposant toujours un jeu attractif et révélant des joueurs comme Romain Philippoteaux, Julio Tavares ou encore Loïs Diony. La saison suivante sera la bonne pour les hommes de Dall’Oglio. A noter cet été les arrivées estivales des inconnus Pierre Lees-Melou et Arnaud Souquet, conjuguées à celles de Christopher Jullien, formé chez le voisin auxerrois, champion du monde U20 en 2013 (avec la génération Pogba, Thauvin, Kondogbia …) sortant d’une saison blanche à Fribourg et de Mehdi Abeïd, international algérien formé à Lens, qui revient en France après des passages à Newcastle et au Panatinaïkos entre autres. Après une saison exceptionnelle avec notamment 62 buts inscrits, les dijonnais se classent deuxièmes et accèdent une seconde fois à la ligue 1, quatre ans après.

Retour en Ligue 1 et confirmation

Pour leur retour en première division, les supporters vont connaître une saison angoissante, car malgré les bonnes performances du duo Diony-Tavares (20 buts à eux deux) à la pointe de l’attaque bourguignonne et la saison de haut niveau de Lees-Melou le club est enlisé tout au long de la saison dans les dernières places et il faudra un succès à domicile 2-0 face à Nancy à l’avant dernière journée suivi d’un nul solide en terres toulousaines pour assurer le maintien des dijonnais. Ça y est, pour la première fois de son histoire, le DFCO parvient à se maintenir dans l’élite. A noter également que cette saison encore les recruteurs dijonnais sont allés dénicher quelques jolies pièces, Valentin Rosier venu de Rodez, Oussama Haddadi du CA Tunis ou encore en jeune coréen arrivé en janvier dans l’anonymat le plus complet des Bluewings de Suwon : Chang-Hun Kwon.

La saison 2017-2018 sera celle de la confirmation pour le DFCO. 5ème attaque du championnat et 5ème meilleure équipe à domicile, les bourguignons récoltent les fruits du travail effectué depuis une décennie, que cela soit en termes d’infrastructures ou de politique de recrutement. Les départs de Diony vers l’ASSE ou de Lees-Melou vers l’OGC Nice sont parfaitement comblés par les performances de Kwon, Saïd et Sliti. Sans oublier le toujours très performant Julio Tavares, véritable chouchou du stade Gaston Gérard.

Aujourd’hui les supporters dijonnais peuvent être confiants, car malgré l’exode de ses meilleurs joueurs au fil des années, les dirigeants du club sont toujours parvenus à aller dénicher de nouveaux talents, inconnus du grand public et toujours parfaitement intégrés par les joueurs d’expérience qui se seront succédé à Dijon (Carrière, Varrault ou encore Balmont).  Alors il ne faudra pas être surpris si dans deux ou trois ans, Runarsson est l’un des meilleurs portiers du championnat, si le jeune Jules Keita, récupéré libre cet été, affole les défenses de le Ligue 1 ou si Enzo Loiodice, issu du centre de formation, attire les cadors européens. En dix ans, la politique sportive et économique du club a permis de mettre en place un projet viable, et pour rendre à César ce qui lui appartient, l’équipe de recrutement du DFCO fait partie des toutes meilleures de France. Tout sauf un hasard donc.

Source image : L’Yonne Républicaine

Adrien Laurent



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