Dis-nous qui es-tu… Pablo Aimar

Des qualités techniques déroutantes, des cheveux bouclés et des manches trop longues. Pendant près de vingt ans, Pablo Aimar a ébloui la planète football mais l’a également nourri de regrets, tant son talent était prédestiné à le hisser parmi les plus grands de son sport.

Sa carrière

« Pablo Aimar est le seul joueur pour lequel je paierais un ticket d’entrée au stade ». Alors âgé de 22 ans, Aimar reçoit cet hommage de Diego Maradona. Un symbole de l’avenir radieux qui devait attendre « El Payaso » (le clown).

Tout commence à River Plate. En août 1996, le talent d’Aimar oblige l’entraîneur des Millionarios à lui faire une place au milieu d’une équipe qui surfe sur son triomphe en Copa Libertadores quelques mois auparavant. Si le numéro 10 au corps d’enfant porte un maillot trop grand pour lui, ses pieds en or lui permettent de transformer le football en magie. Lui et son ami Javier Saviola incarnent la nouvelle génération du football argentin et font rêver les supporters de River. Après avoir montré l’étendue de son talent aux quatre coins du pays six ans durant, l’Europe se tourne vers celui qui a acquis un second surnom : « El Mago » (le magicien). Ses dribbles hors-pair, sa conduite de balle imprévisible, sa vision du jeu mais aussi sa qualité de frappe ont attiré l’attention du F.C. Valence.

 

 

En janvier 2001, Pablo Aimar rejoint les pensionnaires du stade Mestalla contre un chèque de 24 millions d’euros. El Payaso exporte ses qualités exceptionnelles sur le Vieux Continent et devient le chef d’orchestre de son équipe. Mais après avoir multiplié les coups de génie qui ont mené Valence vers les sommets du football espagnol et européen, Aimar est peu à peu lâché par son corps. Blessures après blessures, les entraîneurs valenciens ne peuvent plus faire reposer leur tactique sur les épaules du génie argentin.

 

 

A l’été 2006, l’inévitable se produit : Aimar est transféré au Real Saragosse pour 11 millions d’euros.  S’en suivent deux années qui naviguent entre indisponibilités et traits de génie au terme desquelles le club descend en deuxième division. L’argentin ne suivra pas ses coéquipiers au second échelon national et pose ses valises du côté de Lisbonne.

A 29 ans, Aimar tente de se relancer du côté du Benfica où il retrouve son ami Javier Saviola. Avec les Aigles, il parvient à retrouver de sa superbe et à mettre de côté ses pépins physiques. Mais Aimar prend de l’âge et il est trop tard pour assister à l’explosion tant attendue. El Payaso est peu à peu rattrapé par les blessures mais parvient tout de même à lancer des futurs talents comme Ramires, Di Maria ou David Luiz.

A l’été 2013, l’artiste est âgé de 33 ans et n’a pas connu la carrière qu’on lui promettait. Aimar rejoint alors la Malaisie et le Johor F.C. pour qui il évoluera le temps de huit petits matchs. En 2015, il effectue une dernière pige à River Plate avant de raccrocher les crampons.

 

 

Si sa carrière n’a pas connu l’apogée à laquelle elle était promise, El Payaso l’achève cependant de la plus belle des manières. Le 23 janvier 2018, Aimar effectue un dernier baroud d’honneur en revêtant le maillot de son club d’enfance, l’Estudiantes de Rio Cuarto, le temps d’un match de coupe d’Argentine. Après 90 minutes passées aux côtés de son frère Andrés, le magicien tire sa révérence.

En sélection argentine, Pablo Aimar n’a pas non plus connu une carrière des plus mémorables. Malgré une victoire en Coupe du Monde des moins de 20 ans en 1997, l’héritier désigné de Diego Maradona connaît des hauts et des bas avec l’Albiceleste. Il est sélectionné pour la première fois en 1999, à 20 ans, et prend part à la Coupe du Monde 2002. Mais le natif de Rio Cuarto perd ensuite sa place en sélection à cause de ses multiples blessures avant d’y revenir et d’être convoqué pour la Coupe du Monde 2006. Cependant, après la Copa América 2007, Aimar est à nouveau lâché par son corps et ses apparitions avec l’Argentine se font plus rares. Si sa cinquante-deuxième et dernière sélection a lieu à l’occasion d’un match de qualification pour la Coupe du Monde 2010, il n’entre pas dans les plans de Diego Maradona pour le Mondial en Afrique du Sud.

 

Son palmarès

Malgré une carrière en dents de scie, Pablo Aimar a tout de même un palmarès considérable. Avec River Plate, El Payaso a remporté trois championnats d’Argentine. Mais c’est essentiellement en Europe que ses titres se sont accumulés : avec Valence, il prend part à l’épopée de 2001 qui mène les Ches à une finale de la Ligue des Champions perdue face au Bayern Munich. La saison suivante, le F.C. Valence remporte le championnat d’Espagne avant de récidiver en 2004. Cette même année, Aimar et ses coéquipiers remportent la Coupe de l’UEFA ainsi que la Supercoupe de l’UEFA. D’un point de vue individuel, l’argentin est élu meilleur joueur sud-américain du championnat espagnol lors de la saison 2005-2006.

Au Portugal, Aimar remporte avec le Benfica trois coupes de la Ligue mais aussi et surtout le championnat portugais en 2010. Trois ans plus tard, il connaît une nouvelle finale de Coupe de l’UEFA, alors renommée Ligue Europa, que le club lisboète perd face à Chelsea.

En plus de la victoire en Coupe du Monde des moins de 20 ans, Aimar a disputé avec la sélection argentine une finale de la Coupe des confédérations en 2005 ainsi que la finale de la Copa America 2007.

 

L’anecdote

En 2011, Pablo Aimar évolue sous les couleurs du Benfica. Dans les colonnes du journal portugais A Bola, il reçoit un hommage appuyé de la part de l’une des légendes du football argentin et mondial. Alors triple Ballon d’Or en titre, Lionel Messi déclare : « Mon idole, c’était et c’est toujours Pablo Aimar. J’adore sa manière de jouer tout en finesse, tout en technique, sans jamais en faire trop. Je m’inspire beaucoup de lui quand je joue. » Dix ans après Maradona, c’est donc un autre postulant au titre de meilleur joueur de l’Histoire qui déclare sa flamme à El Payaso.

A propos de l'auteur

Plus à l'aise stylo en main que balle au pied. Etudiant en journalisme mais avant tout fan inconditionnel de football.

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