Édito : lâche ta balle !

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Ligue 1

Clé du succès lorsque l’on en fait bon usage, la passe est sûrement le geste le plus important du football, du moins le plus utilisé. Non, elle n’impressionne pas, ne fait pas lever les foules, n’est pas spectaculaire, elle est simple. Tellement simple, trop peut-être. Mais pourquoi est-elle aussi utile ?
Une passe, c’est quoi ?

Donner son ballon, c’est faire briller l’autre pour rester dans l’ombre, c’est ranger son ego de côté pour mettre son individualité au service du collectif, car oui, le dire est primordial mais on ne le rappelle que trop peu : le football est un sport collectif, qui ne se gagne et ne se perd qu’à onze, onze joueurs qui forment une seule et même équipe. Écrire ces mots n’est que banale vérité mais certains semblent l’ignorer pour privilégier leur performance individuelle. La passe, c’est ce geste que tout footballeur maîtrise plus ou moins, cette arme fatale dont les solistes n’usent pas mais que les altruistes offrent. Il faut cependant trouver le juste milieu, pour éviter les possessions stériles et les passes inutiles, pour ne pas lui faire perdre de sa valeur. La passe doit être utilisée à bon escient. Elle n’est intelligente que lorsqu’elle fait progresser l’action, lorsqu’elle la calme un peu si besoin, qu’elle permet de casser une ligne, quand elle se fait dans l’intervalle ou encore vers l’avant, sans rendre le cuir à l’adversaire en dégageant.

Quelques exemples

Nul besoin de chercher plus loin que le Barça de Guardiola pour trouver l’exemple parfait. De 2008 à 2012, le jeu de passes des Blaugranas régnait sans partage sur le monde du football. Il imposait à l’Europe son tiki-taka parfois critiqué pour son manque de folie, de vitesse et de dribbles. Certes, les longues séquences de possession n’aboutissent pas toujours à un but ou même une situation dangereuse. Mais ce jeu en une touche de balle reste, à mes yeux, magnifique car il impliquait toute l’équipe dans la construction d’une action. Malgré tout, le style de jeu parfait n’existe pas. Chacun y va de son avis, pensant détenir la vérité, mais celle-ci reste subjective et ne dépend que des idées footballistiques de la-dite personne. Toutefois, force est de constater qu’un dribble est parfois la meilleure option, mais seuls les plus intelligents et talentueux sont capables de savoir quand passer le ballon ou essayer d’éliminer leur vis à vis, et c’est là que réside tout l’art du football : être capable de prendre la bonne décision, de faire le bon choix au moment opportun.

Pourquoi le Stade de Reims, le football socialiste hongrois ou encore le Barça ont-ils marqué l’histoire du ballon rond ? La réponse est simple, encore une fois : ils jouaient en passes, en équipe. Certes, il serait fort réducteur de ne pas citer le Catenaccio de l’Inter ou l’Italie de 2006, qui resteront eux aussi célèbres dans l’histoire de ce sport, sans pour autant pratiquer un jeu collectif. Cela démontre donc qu’il existe d’autres alternatives à la passe, et cette dernière n’est pas infaillible.

Paroles de légende

Avant de conclure, il me semble important de citer Johan Cruyff lorsque l’on aborde ce sujet de jouer simplement. Il a déclaré : « le football est un jeu simple, mais jouer simple est la chose la plus difficile qui soit ». Néanmoins, chacun est en droit d’avoir sa propre  son opinion sur le sujet. Libre à vous de préférer un geste technique d’un quelconque talentueux dribbleur plutôt qu’un jeu de passes, mais retenez bien une chose : un but collectif sera toujours plus beau, il aura toujours plus de valeur qu’une chevauchée solitaire, et ce car le bonheur vaut peu s’il n’est pas partagé.

Technique, rapide, efficace, l’attaquant moderne d’aujourd’hui doit être capable d’éliminer l’adversaire à lui seul. Mais si le dribble est compliqué, la passe est, elle, bien plus simple, et comme le dit Aristote : entre deux maux, il faut choisir le moindre.

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