Entretien avec By Frenchy, graphiste français dans le monde du catch

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Certainement l’une des premières fois où je m’exprime à ma personne sur l’un de mes articles. Je vais aller droit au but tel un olympique : cet article est mon dernier sur ce média. Pour conclure une belle aventure longe d’un an et demi, j’ai décidé de réaliser l’interview d’un ami. Il est graphiste et il est connu sous le nom de « By Frenchy ». Pour ma dernière ici, je souhaitais donner un coup de pouce à un ami qui est malheureusement trop peu connu pour son travail. 

I – Salut ByFrenchy ! Ravi de m’entretenir avec toi ! Comment es-tu devenu graphiste ? Est-ce une passion ou as-tu poursuivi des études pour exercer cette activité ?

Le plaisir est complètement partagé Vivien ! Merci à toi de m’accueillir. 

Le graphisme a toujours été présent dans ma vie. Je pense que, comme tout le monde qui est dans le domaine artistique, ça s’exprime tout naturellement. Le premier facteur a été le dessin pour moi. C’était quelque chose, une manière, qui me permettait de décharger mes émotions, comme un poète accompagné de sa plume ou encore un passionné de football avec son ballon. Mon art, je l’ai toujours exercé de manière secrète, ce n’était pas quelque chose que j’exposais publiquement. L’influence des réseaux sociaux à l’époque n’avait pas autant d’impact que maintenant. Aujourd’hui, tu peux être une petite nana et montrer à des milliers de gens ton talent, à condition de les utiliser à bon escient. En apprenant par autodidactisme le graphisme, j’ai décidé d’entamer mes études dans l’art. À l’école, on nous force à poser un destin très tôt sur notre vie, à décider de qui on veut devenir plus tard. Dire ça à un jeune de 15 ans soulève un peu la question de comment est organisé notre système éducatif. « Tu aimes quoi dans la vie ? Le graphisme ? Parfait, alors on va t’envoyer ici ! », c’est après que j’ai compris qu’une passion pouvait ne pas coupler avec la voie professionnelle. 

II – Pratiques-tu ton activité sur ton temps libre ou celle-ci est-elle ton métier à plein temps ? 

Jusqu’à récemment, mon art n’était qu’une passion donc mon temps libre était facilement comblable. Aujourd’hui, je peux dire qu’elle m’apporte une rémunération et qu’il est dur d’avoir du temps libre !

III – Quelle est ta vision globale du catch en France ? 

Je ne fais pas parti des jeunes qui crachent sur le produit français. On a du potentiel de faire des choses ici, dans notre pays. Malheureusement, le catch est globalement perçu comme du folklore, destiné aux enfants. Ce n’est pas faute, pour certains du business, d’enrichir cette idéologie et d’y contribuer. Je pense que c’est surtout compliqué d’assimiler quelles sont les fédérations qui proposent de vrais contenus, qui prennent exemple sur les plus grandes organisations et qui innovent. En France, avec tout ce que je t’ai cité précédemment, tu as la moitié des noms qui sont sur le côté. Ensuite, tu peux filtrer la régularité des shows, la qualité des combats proposée, les Storylines, la communication visuelle, la communication sur les réseaux sociaux… Encore une fois, il ne te reste plus qu’une pincée de fédérations dans ta main. On manque cruellement de professionnalisme, non pas au niveau des catcheurs ou catcheuses, mais de la part des structures. À partir du moment où un show est surnommé un « gala », ça a forcément une certaine connotation amatrice et festive, à partir du moment où il est difficile de financer les catcheurs, ça en devient même de la fumée. Mais tu sais ce qui fait vivre en grande partie les shows en France ? Ce sont les fans qui se déplacent pour admirer un produit qu’ils aiment, auxquels ils seraient prêts à traverser la France et à payer 10,20,30€ la place. Lorsque je vois sur les réseaux sociaux qu’il y en a un qui se déplace du Sud jusqu’au Nord, ou inversement, pour être spectateur d’un « gala » qui va durer 2/3h00, je me dis: « Au moins un ! ». Si ton business représente le professionnalisme du catch, tu auras des fidèles et des nouveaux arrivants qui adhèrent à ce que tu vends. C’est pas nouveau, mais pour certains ça reste désavantageusement inconnu.

IV – Certains graphistes parviennent à se faire connaître grâce à un travail acharné et surtout grâce à leur talent tel le saoudien Abdul Malik, qui est maintenant le graphiste personnel de Chris Jericho. Je suppose que tu aimerais faire aussi mieux que lui, n’est-ce pas ?

La clef de la réussite est la régularité, l’acharnement, la qualité et le respect. Je n’ai jamais cherché la réussite pour être honnête, tu peux le constater au niveau de mes posts sur Instagram, je publie très rarement plus d’une création par mois. Abdul Malik fait parti d’une de mes références au niveau de l’inspiration visuelle mais aussi pour le travail dont il a réussi à fournir jusqu’à même rencontrer les lutteurs en personne pour exprimer, expliquer ses œuvres. Demain, tu me dis que j’ai un entretien personnel avec un lutteur/une lutteuse pour le show de la WWE à Paris et que j’ai la possibilité de pouvoir partager mes émotions sur une création que j’aurais réalisé au préalable, bien sûr que j’aimerais (cette phrase était longue). Ce serait un objectif accompli, une certaine reconnaissance pour les heures passées à transmettre visuellement un message. Je te parle de la WWE mais, ça me fait le même effet quand Antoine Bernard ou Amale kiffent l’identité visuelle que je leur ai créés. Est-ce que j’aimerais faire aussi mieux que lui ? Oui. Maintenant, mon côté français me pousse à dire que j’aimerais faire dix fois mieux que lui, haha !

V – Récemment, tu as publié trois visuels pour les catcheuses françaises Amale et Mila Smidt ainsi que pour Antoine Bernard. Souhaites-tu davantage aider le catch français ? 

Complètement. Mon objectif pilier est d’y contribuer en tout cas. De faire en sorte que mon amour pour le catch peut se transmettre par le biais d’une aide graphique (qui est quelque chose de très rare en France d’ailleurs), au même titre qu’un rédacteur, par amour, va rédiger des centaines de pages pour partager sa passion. J’ai plusieurs cibles d’attaque pour 2020, notamment un énorme projet de mettre mes créations sur tee-shirt, collaborer avec l’une des plus grandes fédérations française et bien plus à suivre. J’ai un titre à défendre, tout de même !

VI – Comptes-tu développer tes activités ailleurs qu’en France ? Comme en Allemagne ou le Royaume-Uni qui regorge de graphistes de talents. 

Je vais être honnête avec toi, ça a déjà commencé. Maintenant, je vais être encore plus transparent, ce n’est pas une aspiration que d’étendre mon art jusqu’en Allemagne ou encore le Royaume-Uni. Si ça me permet d’être rémunéré et d’y apporter une touche Frenchy, oui, bien certainement ! Mais j’ai refusé, par exemple, de collaborer avec Sami Callihan pour sa fédération parce que je ne fais pas de bénévolat. Il faut que mes conditions s’installent en cas de collaboration, et la première est de faire payer mon travail au même titre qu’un catcheur professionnel est payé pour son talent. Il y a beaucoup à faire déjà en France !

VII –  La qualité graphique d’une affiche est-elle primordiale ? La clé d’une bonne communication ? 

C’est indispensable. C’est même éliminatoire ! Le visuel trône le premier contact avec le spectateur. C’est comme dans le cursus professionnel ; lorsque vous allez à un entretien d’embauche par exemple. Votre tenue, votre gestuelle, votre politesse seront jugées. C’est humain. Un autre exemple, lorsqu’un catcheur se présente dans une tenue prenante, originale et professionnelle, est-il plus crédible en prime abord que le catcheur en slip, sans logo, sans identité visuelle ? C’est plus acheteur en tout cas.

Je pense que ce n’est plus une nouveauté que de savoir que la communication visuelle est primordiale. La concurrence internationale l’a très bien cerné : l’Allemagne, le Royaume-Uni, ou encore l’Italie. En France, comme je l’ai dit précédemment, on a beaucoup à apprendre et nous avons des méthodes à façonner pour rendre notre recette crédible, professionnel et attractive. Et ce n’est qu’une question de temps, pour certaines fédérations (chut!).

VIII – Un mot de la fin ? 

Merci infiniment à toi Vivien pour ton travail de rédacteur. Je suis conscient que je signe ton dernier article et c’est un véritable prestige que de le faire de cette façon. Merci à énormément de personnes qui me suivent dans mon art, j’ai une bonne partie francophone et j’aimerais les remercier pour le soutien omniprésent ! Je remercie notamment les fédérations avec lesquelles je vais bientôt collaborer, les lutteurs et lutteuses, qui m’ont fait confiance et qui m’apportent énormément de conseils et d’encouragement. Et comme on finit toujours par le meilleur, j’aimerais faire un énorme remerciement à ma petite sœur qui, tout comme moi, possède un excellent talent de photographe, et qui valide chaque fin de mes créations ! Cela va faire bientôt un an (le 12 janvier prochain) que j’ai décidé de mettre mes oeuvres en lumière et un an plus tard, je suis parvenu à réunir 1.000 personnes autour de mes projets: c’est magnifique. 2020 va être une très belle année pour le Frenchy. Merci Vivien.

Frenchy l’a souligné aussi, après un an et demi sur ce média et 264 articles rédigés, je pars. Je pars fier de tout ce que j’ai accompli ici. Je suis arrivé ici en juillet 2018, du haut de mes 16 ans, et après une année scolaire désastreuse, où j’ai été notamment harcelé. Ecrire sur ma passion m’a permis de reprendre en confiance en moi, j’en suis pleinement conscient. Je remercie évidemment les collègues de ma rédaction qui ont été de superbes camardes durant ces dix-huit mois. Et je remercie surtout le patron, le big boss, monsieur Aymeric Larger, sans lui j’en serai pas là aujourd’hui. Je t’en suis si reconnaissant, j’espère que WeSportFR continuera de grandir, c’est tout ce que je souhaite. Je remercie aussi l’ensemble qui m’ont lu, qui m’ont vu grandir, voir mon style d’écriture évoluer avec le temps, merci à vous. Que je fasse 1000 vues, 50 vues ou 500 vues, peu importe j’ai écris sur ce qui me passionne et ça vaut tout l’or du monde. Merci.

Suivez Frenchy sur Twitter : @madebyfrenchy 

Ainsi que sur Instagram : @byfrenchy

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