Entrez dans la surface #7 – France – Allemagne, histoire d’une rivalité

Pour les footeux qui s’ignorent ou les footix en devenir.

C’est l’histoire d’une rencontre. De plusieurs rencontres au fil des précédentes décennies. Depuis 1958 pour être précis. De l’exactitude, il en faut, car on ne joue pas avec les émotions. On ne joue clairement pas avec les matchs entre la France et l’Allemagne. Ces matchs sont toujours teintés d’une saveur particulière, que ce soit lors d’une rencontre amicale ou officielle. Ce soir, la France championne du monde rencontre les précédents champions du monde, pour la deuxième fois depuis le sacre de juillet (0-0 le 6 septembre). Avec comme fond du décor, la Ligue des nations.

C’était 1958

C’est une histoire qui a donc commencé en 1958, lorsque la Vème république n’avait pas encore vu le jour. Que la guerre froide sévissait encore. Que l’Allemagne et Berlin étaient divisés. La France et l’Allemagne se sont rencontrées lors de la petite finale de la Coupe du monde, qui s’est déroulée en Suède. Les Bleus ont été battus par le Brésil en demie quand les Allemands se sont inclinés face à la Suède. A cette époque, une rencontre pour déterminer le troisième de la compétition constitue la meilleure place atteinte par une équipe de France de football. Et les Tricolores se sont largement imposés 6-3, portant la médaille de bronze à leur cou dans une coupe où le Français Just Fontaine a fini avec treize buts au compteur. Un record qui n’a pour l’instant pas été battu.

1982 ou le traumatisme de Séville

Vingt-quatre ans plus tard, les deux nations se retrouvent, en demi-finale de Coupe du monde cette fois. Une des deux ne sera plus qu’à un match d’un éventuel sacre. Ce ne sera pas la France. 1982 ou le traumatisme de Séville. Menés dès la 17e minute, l’égalisation de Michel Platini sur penalty permet aux hommes de Michel Hidalgo d’aller en prolongation, c’est-à-dire de jouer deux fois quinze minutes après les 90 minutes du temps réglementaire. Mais avant cela, s’est déroulé le choc de la rencontre entre l’international français Battiston et le gardien allemand Schumarer. Une sortie du gardien non réglementaire qui a nécessité la sortie sur civière du Français, entré en cours de jeu. Le portier allemand a quant à lui écopé d’une réprimande. Ensuite, le temps réglementaire, donc. Marius Trésor et Alain Giresse redonne l’avantage à la France. 3-1. Mais c’était avant que la Mannschaft revienne à 3-2 puis 3-3 à la 108e minute. Pour jouer les premiers tirs au but (TAB) dans l’histoire de la Coupe du monde. La France s’est inclinée 4-5 face à la RFA.

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1986, la revanche qui n’a pas eu lieu

Rebelote quatre ans plus tard lors de la Coupe du monde au Mexique. Mais cette fois, les Bleus sont favoris puisqu’ils sont champions d’Europe en titre, à domicile et qu’ils viennent aussi d’éliminer deux champions du monde avant d’affronter la RFA : l’Italie et le Brésil. Oui mais tout ne va pas pour le mieux pour les Bleus qui doivent faire sans leur attaquant Dominique Rocheteau, forfait. Rapidement menés dès la 9e minute après une faute de Battiston sur Rummenigge à l’entrée de la surface  les hommes d’Henri Michel ne parviennent pas à revenir au score, avec notamment un Platini trop fébrile. Et encore, le gardien Joël Bats a été décisif sur sa ligne. Tigana, Fernandez, Giresse, Platini, voilà les joueurs qui devaient apporter la victoire à la France dans ce match au goût de revanche qui se joue à 1500 mètres d’altitude et à 12h à Guadalajara. Mais les Bleus s’inclinent finalement 2-0, pour la dernière d’Alain Giresse et l’avant dernière saison de Platini.

Le XXIe siècle en demi-teinte

C’est en 2014 que les Bleus et la Mannschaft se croisent de nouveau mais en quarts de finale et au Brésil pour cette fois. Au stade Maracana de Rio pour l’histoire. L’histoire qui a vu l’Allemagne marquer dès la 12è minute sur une tête de Mats Hummels suite à un mauvais marquage de Varane. L’histoire qui verra aussi la parade de Neuer sur la dernière tentative de Benzema dans le temps additionnel. 1-0. Les Bleus ont été battus par les futurs champions du monde. C’est aussi la dernière fois qu’on a vu Karim Benzema sous le maillot bleu pour une compétition internationale.

 

 

Signe que tout ne se joue pas sur le terrain, que le football épouse quelque chose qui lui est supérieur, deux équipes peuvent parfois s’unir pour une même cause. Signe de leur union, la réponse aux attentats du 13 novembre 2015 qui ont commencé aux abords du Stade de France, lors d’une rencontre entre les deux pays.

Un an plus tard, les Bleus tenaient enfin leur revanche footballistique après avoir éliminé les hommes de Joachim Löw en demi-finale de l’Euro qui s’est joué en France, grâce au doublé d’Antoine Griezmann. La route semblait toute tracée pour obtenir un nouveau trophée après seize ans de disette. Oui mais ca, c’était avant de croiser les Portugais en finale.

Les matchs entre ces deux équipes sont donc teintés d’une saveur particulière, d’abord du fait de l’Histoire, celle qu’on écrit avec un grand “h”. Ensuite pour tout ce qui gravite autour et qui alimente les chaînes d’information en continue. De l’attente, de l’excitation, le devoir de gagner, parce qu’au fond, il en va un peu de l’égo de chacun.

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