Et si c’était les blessures qui empêchaient Arsenal de rouler sur la Premier League ?

Après seulement 4 journées de Premier League, il est déjà l’heure de rendre des comptes pour les équipes du Big 6. Avec 2 victoires, un nul contre Tottenham et une défaite contre les Champions d’Europe en titre, Arsenal entame sa saison tranquillement. Si la 5ème place semble peu flatteuse, les rivaux pour les 4 premières places sont derrière : Manchester United (8ème) ; Tottenham (9ème) ; Chelsea (11ème). Pourtant malgré ce bon début de saison, il règne à l’Emirates Stadium un sentiment d’inachevé, comme si cette équipe était capable de mieux. Si les Titans de Guardiola et Klopp sont encore hors de portée, le board gunner vise la 3ème place avec un mercato ambitieux. Et si la seule raison qui empêche Arsenal d’atteindre cet objectif, c’est son nombre de titulaires qui squattent les bancs de l’infirmerie? 4 titulaires presque indiscutables sont blessés, dont 3 défenseurs. Regrettable lorsqu’on connaît les difficultés qu’ont les Gunners en défense (9ème défense du championnat la saison dernière). Quels blessés vont pouvoir apporter une réelle plus-value à leur retour?

Kieran Tierney, la fougue tout droit venue d’Ecosse.

Acheté cet été pour 25M de livres, Tierney est l’une des recrues majeures du mercato anglais. Après 170 apparitions pour le Celtic, il décide de rallier un club où il pourra faire étal de son potentiel contre les meilleurs équipes d’Europe. Il est le défenseur gauche qui manquait au dispositif d’Emery. Kolasinac trop approximatif défensivement, Monreal sur le déclin et limité offensivement, Arsenal avait besoin d’un joueur qui possède les qualités offensives du Bosnien, et la rigueur défensive de l’Espagnol. Ces qualités, Tierney les a. Offensivement, il possède un panel de centras variés très précis, que ce soit en retrait pour chercher un numéro 10 ou directement dans la surface. Il est aussi excellent dribbleur et peut effacer facilement son vis-à-vis (8 buts et 37 passes décisives au Celtic). Défensivement, il sait se positionner tactiquement et défendre en avançant, pour tacler les attaquants adverses avant qu’ils aient le temps de se retourner, primordial lorsqu’on connaît la difficulté qu’à la défense d’Arsenal à gérer les transitions défensives et la profondeur (voir le but du 1-0 face à Tottenham). C’est enfin un joueur qui est aimé pour ses qualités humaines. Enfant du Celtic, les fans ne parlent de lui que pour louer ses qualités. A son départ, il a adressé une lettre très touchante aux supporters pour les remercier de leur soutien inconditionnel, notamment les groupes d’Ultras, dont il faisait partie plus jeune. Il a même été loué par Mourinho, lui qui le décrivait comme un “jeune Monreal”, un garçon humble, travailleur, avec énormément d’ambition sans pour autant être arrogant. “Il a l’air de venir des anciennes générations”. Flatteur lorsqu’on connaît la difficulté de “The Special One” à travailler avec les nouvelles générations. Pour le moment, Tierney restera à l’infirmerie jusqu’en Octobre, pour des douleurs à l’aine, mais on sait déjà qu’une fois de retour dans le XI d’Emery, il n’en sortira plus.

Rob Holding, le porte-bonheur

Le 5 décembre dernier, alors qu’Arsenal joue contre Manchester United et que les Gunners en sont à 13 matchs sans défaite, Holding se blesse. Le bilan est lourd : rupture du ligament croisé du genou gauche. Il est obligé de raccrocher les crampons pour la saison, lui qui était indispensable à l’équilibre précaire de la défense des Gunners. C’est simple, Arsenal n’a jamais perdu lorsqu’il a joué. Sans lui, l’équipe souffre, incapable de gérer convenablement les transitions défensives. Les Londoniens explosent constamment sur contre-attaque parce que Sokratis et Mustafi sont incapables de défendre en reculant. L’effectif est en panique à chaque sortie à l’extérieur, car chaque contre-attaque peut mettre fin au match. Southampton, Wolverhampton, Leicester, ces défaites ont condamné Arsenal à la 5ème place, synonyme d’Europa League. Sans cette blessure, Holding aurait facilement pu être l’un des meilleurs défenseurs de la saison, tant il impressionnait lorsqu’il jouait. Même si Arsenal a signé Luiz cet été, Sokratis reste faible dans les transitions défensives, et Holding est nécessaire pour retrouver un équilibre dans l’axe. L’association avec le brésilien s’annonce prometteuse, en attendant Saliba l’année prochaine (et pourquoi pas Upamecano, cible prioritaire d’unay Emery cet hiver). De retour à l’entraînement collectif, Holding a joué quelques matchs en U23, et il devrait retrouver les terrains de PL prochainement. Pourtant disponible, Emery n’a pas voulu le faire jouer dans le derby, trop intense pour une reprise.

Hector Bellerin, le retour de l’enfant prodige

Voilà celui que les supporters attendent le plus, le chouchou de l’Emirates, l’enfant du club, celui qui est indiscutable depuis 2014/2015. Il est le fer de lance de cette jeune génération qui a grandi avec le club (il arrive très jeune de Watford) et qui veut se battre pour lui. C’est surement l’un des meilleurs à son poste en PL lorsque les blessures le laissent tranquille (dans l’équipe type de PL en 2016). Après plus de 8 mois d’absence, il meurt d’impatience de retrouver les terrains. Comme Holding, il s’est rompu le ligament croisé (le 19/01/2019 contre Chelsea). Comme Holding, il était indispensable sur le terrain et Arsenal ne peut espérer être à son meilleur niveau sans lui. Emery le dit lui -même, “Nous avons besoin d’être exigeant avec eux (ndlr : Tierney et Bellerin) pour qu’ils reviennent vite, parce que nous avons besoin d’eux”. Il est inutile d’épiloguer sur les qualités de Bellerin, il domine les couloirs droits de PL depuis plusieurs années maintenant. Si Maitland-Niles a su tenir le poste pendant sa blessure, ce n’est pas son poste de prédilection, et son apport reste trop inconstant. Or Arsenal a besoin de latéraux qui puissent fournir des munitions aux trois artilleurs positionnés en attaque : Aubameyang, Lacazette et Pépé. C’est aussi un leader qui manque dans le vestiaire Gunner, lui qui fait partie des anciens du vestiaire du haut de ses 24 ans. Pour le moment, c’est en dehors des terrains qu’il se fait remarquer. Avec l’influence qu’il possède sur les différents réseaux, il utilise le temps à sa disposition pour défendre des causes sociétales qui lui tiennent à cœur, comme la lutte contre le dérèglement climatique ou la maltraitance animale. On espère bientôt qu’il pourra retourner s’exprimer aussi sur les terrains, sa scène de prédilection.

Mezut Ozil, l’étincelle sur courant alternatif

Enfin, le dernier blessé d’Arsenal est la pièce manquante à l’armada offensive d’Emery, mais aussi celui qui divise les gradins de l’Emirates en deux camps. Certains l’idolâtrent pour ses éclairs de génie, d’autres lui reprochent son inconstance et son manque d’investissement sur le terrain. Sans prendre parti pour un camp ou l’autre, Ozil, c’est 43 buts et 74 passes décisives avec Arsenal en 231 matchs, alors qu’il n’a pas toujours été entouré d’attaquants de grande classe, capables de transformer ses offrandes. Certes, il lui arrive de se déconnecter complètement de certains matchs, notamment l’année dernière lorsque ses relations avec Emery étaient tumultueuses, mais il possède un talent indéniable qu’ Arsenal ne peut se permettre de laisser sur le banc. Cette année, les deux disent avoir mis les choses au clair et être prêt à travailler ensemble pour le bien de l’équipe. Tant mieux, parce qu’Ozil est central dans le 4-2-3-1 d’Emery. Pour autant, il ne sera plus cette année le seul responsable de l’animation offensive. Les recrues vont le soulager de ce poids qu’il avait du mal à porter seul dans les plus gros matchs. Lorsqu’il aura besoin de souffler, il pourra compter sur les offensives de ses nouveaux latéraux, sur l’explosivité de Ceballos et sur le talent de Pépé. Toutefois, ce rôle de 10 reste indispensable pour Arsenal, notamment pour libérer Lacazette qui n’aurait plus à redescendre constamment entre les lignes pour toucher des ballons. José Mourinho, interrogé sur SkySports après le match contre les Spurs, affirmait que cette organisation technique avec un 10 et un double pivot plus bas était indispensable pour permettre de faire monter le bloc d’Arsenal. Libérer Lacazette de ce rôle lui permettrait d’être plus présent dans la surface, et donc de fluidifier l’animation offensive en offrant des solutions plus haut. En jouant ainsi les 30 dernières minutes contre Tottenham (à partir de la rentrée de Ceballos), les Gunners ont dominé le jeu et marqué le but de l’égalisation, et aurait pu l’emporter sans un gigantesque Lloris. Pour le moment, Ozil reste inutilisé par Emery, revenant tout juste de blessure, et toujours un peu perturbé mentalement de son agression récente. Il devrait cependant revenir après la trêve internationale.

En définitive, ce sont 4 titulaires potentiels du XI Gunner qui sont bloqués à l’infirmerie, mais qui devraient rapidement refouler la pelouse de l’Emirates, pour le plus grand plaisir de ses supporters. Après la trêve internationale, Arsenal devrait en plus profiter d’un calendrier avantageux, avec Watford et Aston Villa en PL, Francfort en phase de groupe d’Europa League, Nottingham en Cup, avant de se déplacer à Old Trafford fin septembre, pour affronter le plus mal en point des clubs de Manchester. Ce mois de septembre va donc être idéal pour faire redémarrer ces blessés si importants pour la suite de la saison. Attention cependant aux rechutes pour Bellerin et Holding, qui sortent de plusieurs mois de convalescence. Si leur forme physique sera sûrement bonne, la peur de se reblesser peut handicaper leur jeu. En tout cas, les supporters ont hâte de pouvoir retrouver leur effectif au complet, pour atteindre enfin le Big 4, synonyme de qualification en Ligue des Champions.

 

Clément François

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