Basketball

Evan Fournier, l’heure a sonné

L'Equipe de France et Evan Fournier sont toujours vivants. Et c'est peut-être là l'essentiel. Après un parcours extrêmement chaotique, les Bleus seront bien au rendez-vous qu'ils s'étaient fixés en arrivant en Allemagne : atteindre la finale. Mais loin d'être rassasiés, les joueurs de Vincent Collet, venus avec l'objectif de décrocher l'or après l'argent aux JO de Tokyo, n'ont qu'un objectif. Et une défaite en finale face à l'ennemi Espagnol serait clairement un échec. C'est Evan Fournier lui-même qui le dit. L'arrière des Knicks, compétiteur dans l'âme, ne doit d'ailleurs pas spécialement être satisfait de lui. S'il veut avant tout voir le collectif briller, sur un plan individuel, son Euro est loin d'être une réussite. Il lui reste un match, le plus important, pour remédier à cela. 

Un capitaine qui doit montrer l'exemple

Avec les forfaits de Nando De Colo et Nicolas Batum pour cette campagne Européenne, il est donc revenu à Evan Fournier le soin d'être le chef de fil de ce groupe France. Et bien que son état d'esprit soit irréprochable depuis le début, on en attendait forcément plus de sa part, sur le parquet. Il n'est pas totalement à côté de la plaque non plus, n'exagérons rien. Mais il est le “meilleur” joueur de cette équipe, l'un des quatre joueurs évoluant Outre-Atlantique, du côté de la NBA. Celui sur qui l'équipe est censée se reposer dans les moments compliqués, comme ce fut le cas contre la Turquie en huitième et l'Italie en quart. Et force est de constater que pour le moment, ce sont d'autres joueurs (Rudy Gobert, Terry Tarpey, Thomas Heurtel, Guershon Yabusele) qui ont permis aux Bleus d'être toujours en vie dans un Euro où, sans une aide venue de l'au-delà, ils seraient déjà tous au fond de leur canapé.

Même pas le meilleur scoreur 

Parce que oui, un joueur qui tourne à plus de 14tps de moyenne en NBA, qui a même fait des saisons à 20pts, est censé être l'arme offensive numéro 1 de son équipe. Et pourtant, c'est bien Guershon Yabusele, avec 15pts de moyenne, qui est le meilleur scoreur de l'Equipe de France à l'heure actuelle. Fournier n'est pas très loin, avec 14.4pts de moyenne, mais ce chiffre est clairement faussé par son gros carton contre la Lituanie, où il a inscrit 27 pts. Autrement, il n'a jamais dépassé les 17pts, réalisant au passage quelques matchs médiocres, comme contre l'Allemagne en ouverture (7pts à 20% au shoot, 13pts à 38% contre la Turquie). Son pourcentage au shoot laisse d'ailleurs clairement à désirer. C'est simple, seul son match contre la Pologne en demi-finale(57% de réussite) a été propre. Mais c'est également le match où il a pris le moins de shoot avec seulement sept tirs tentés.  L'Equipe de France ne se repose même pas sur son meilleur shooteur. Non dans les moments chauds, on a cherché Rudy Gobert, monstrueux contre la Turquie en fin de match et durant la prolongation (20pts et 17rbds). Puis c'est Thomas Heurtel qui a enfilé le costume de sauveur pour faire tomber les Italiens en quart de finale, là aussi lors des cinq minutes supplémentaires (20pts à 57% dont 4/7 à trois points, 8asts). En clair, Collet n'a même pas eu besoin de s'appuyer sur l'ancien du Magic d'Orlando. Est-ce une bonne chose ou au contraire un signe que le natif de Saint-Maurice est un petit peu à côté de la plaque?

Un dernier match pour briller

La réponse interviendra ce soir. Dans un match qui compte, bien plus que tout autre. Une finale ne se joue pas, elle se gagne. et Evan Fournier, sans doute l'un des plus grands compétiteurs de l'Equipe, le sait mieux que quiconque. Il a su efficacement se mettre en retrait pour le bien du collectif en demi-finale. Nul doute qu'il signerait de suite pour une prestation médiocre de sa part, couronnée d'un titre Européen. Mais Fournier en a sous la pédale, et il y a fort à parier qu'il sorte de sa tanière au meilleur des moments. C'est dans les moments qui comptent que l'on reconnait les grands joueurs.

Il est d'ailleurs coutumier du fait. Il a toujours été capable de porter les Bleus quand ces derniers en avaient besoin. L'an dernier à Tokyo pour les Jeux Olympiques, il avait commencé tambours battants contre Team USA, claquant 28 pions pour faire tomber d'entrée Kevin Durant et les siens. 21 pts en quart contre l'Italie, 28 en demi contre la Slovénie, du grand Evan Fournier pour guider les Bleus vers la finale. Idem deux ans auparavant, lors du mondial en Chine. Avec 28pts contre l'Allemagne en ouverture, il avait lancé de la meilleure façon possible son tournoi. 24pts contre la Lituanie, 31 contre l'Australie pourtant composée de joueurs NBA, puis 22 pour faire tomber les Américains. L'ancien des Nuggets sait élever son niveau quand il le faut. Inutile de lui rappeler l'importance du match de ce soir, lui qui court après une breloque dorée pour la première fois de sa carrière.

Evan Fournier ne réalise pas le meilleur tournoi de sa carrière. Sans être à l'agonie, l'arrière des Knicks se fond dans le collectif France plus qu'il ne le porte. Pour l'instant, les Bleus s'en sont plutôt bien tirés, malgré quelques grosses frayeurs. Avant d'affronter l'Espagne ce soir en finale, Fournier sait qu'il n'a pas le droit de flancher: il s'est mué en leader sur et en dehors du terrain. A lui de joindre l'acte à la parole. Mais nul doute qu'après avoir tranquillement passé la demi-finale sans forcer, le Charentonnais va tout donner pour porter les siens vers la gloire. 

Crédit photo : BasketSession


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