F1 : Le dernier Grand Prix d’Alonso ?



Comme ce Grand Prix d’Abu Dhabi, se finissant au coucher du soleil, c’est au zénith de sa carrière qu’un des plus grands pilotes de l’ère moderne de la Formule 1 va nous quitter ce week-end. En effet, après 311 courses (et bientôt 312), 32 victoires et deux championnats du monde, Fernando Alonso tirera sa révérence. Retour sur sa carrière riche en événements.

Ses débuts

Rapidement initié par son père au karting, dès l’âge de trois ans. Le natif d’Oviedo s’impose comme une référence en karting avec pour point culminant son titre mondial junior en 1996. Son titre en karting va lui ouvrir les portes de la Formule Nissan où une nouvelle fois, le pilote espagnol va démontrer tout son talent en remportant le championnat. Alonso s’approche un peu plus de la F1 en passant par la Formule 3000. Il y réussi une saison suffisamment bonne pour arriver dans la catégorie reine l’année d’après, la Formule 1. Flavio Briatore détecte le talent et le potentiel d’Alonso, il décide alors de le prendre sous son aile.

C’est ainsi qu’il entre en F1 chez Minardi en 2001. Il dispute son premier Grand Prix en Australie. Après une année 2002 à être pilote réserve chez Renault, il devient titulaire à la place de Jenson Button en 2003. C’est d’ailleurs dès sa première année dans l’écurie français qu’il remporte son premier Grand Prix, en Hongrie, battant alors (à l’époque) le record de précocité de Bruce McLaren, à 22 ans. En 2004, il bat de nouveau son coéquipier Jarno Trulli et termine au pied du podium au classement pilote. A la mi-saison Renault se concentre dès lors sur la prochaine voiture, la R25, afin de viser le titre mondiale en 2005.

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La confirmation, et déjà l’apothéose

Alonso confirme tous les espoirs fondés en lui. Dans une voiture qu’il décrit comme « fiable, rapide », il enchaîne les bonnes courses. En 2005, aux côtés de Fisichella, il offre à Renault le titre constructeur, et devient lui-même champion du monde de Formule 1. C’était alors le plus jeune pilote champion du monde à 24 ans, et le seul hispanique ayant remporté ce titre à ce jour.

En 2006, il réitère cette performance, et devient double champion du monde de Formule 1. Au cours de ces deux saisons, il se sera battu avec de grands noms de la Formule 1, comme Schumacher et Räikkönen. En deux ans il totalise 14 victoires, 12 poles positions, 29 podiums et 7 meilleurs tours.

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Monaco. Track limits. #f1 #oldschool #monaco

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Une carrière en dent de scie

D’abord chez Ferrari … 

Après une année très agitée chez Mclaren (affaire d’espionnage, rivalité acerbe avec Lewis Hamilton), il échoue dans la quête de son troisième titre de suite à un petit point de Kimi Räikkönen. Au vu des tensions avec son équipe et son coéquipier, Lewis Hamilton, il décide de retourner chez Renault, et ce pour deux ans. Son année 2008 est surtout marquée par le « singapourgate », lui offrant une victoire plus que contestée. L’année 2009 est un calvaire, la voiture n’est pas performante et il finit bien loin des meilleurs.

S’enchaîneront alors 5 années chez Ferrari, trois d’entre elles se finissant par une deuxième place au classement des pilotes, derrière un certain Sebastian Vettel. Sa cinquième année est la plus mauvaise, finissant à la sixième place au championnat. Son passage chez Ferrari reste un échec car le pilote espagnol n’a pas réussi à obtenir une troisième couronne mondiale tant désirée.


… puis chez McLaren 

En décembre 2014, il annonce son départ pour McLaren, où il sera en tête d’affiche, avec Jenson Button, de la « renaissance du duo McLaren-Honda ». Malheureusement, ni les performances, ni la fiabilité ne sont au rendez-vous. Fernando Alonso semble perdre le goût de la F1. Une image marquante est sans doute la détresse d’Alonso lors de la session de qualification au Brésil en 2015. Sa voiture tombe en panne à l’entrée de la voie des stands et celui-ci tente avec l’énergie du désespoir de la ramener à son stand. McLaren et Honda n’y arrivent pas et cessent leur partenariat en 2017.

McLaren décide alors de s’engager avec Renault et espère être au niveau de Red Bull. Mais rien ne change et McLaren continue de se battre en milieu voire fond de grille en fin de saison. Alonso subit la situation, ses performances au sein de McLaren ne seront jamais exceptionnelles, bien loin de ses attentes. Lassé de se battre dans le fond de grille, Alonso se tourne de plus en plus vers de nouveaux horizons.

Une envie d’ailleurs

En 2017, il participe pour la première fois aux 500 miles d’Indianapolis avec l’appui de son écurie, Mclaren. Qualifié 5ième (exceptionnel pour un rookie), et menant même pendant 27 tours, il abandonne finalement sur casse de son moteur à 21 tours de l’arrivée. Frustrant, mais « génial » de ses propres mots, il est d’ailleurs désigné Rookie of the Year.

En 2018, il dispute et remporte, pour sa première participation, les 24 Heures du Mans au volant d’une Toyota. Avec un relais de nuit exceptionnel où le pilote espagnol a pris tous les risques pour rattraper le retard accumulé par son équipage et même s’emparer de la tête de la course.

Ainsi, le pilote Espagnol, qui n’a jamais caché son envie de Triple Couronne (Vainqueur à Monaco, aux 500 Miles d’Indianapolis et au Mans) n’en est plus très loin. Il poursuit d’ailleurs le championnat d’endurance, où ses résultats sont probants. Il a déjà confirmé sa participation aux prochains 500 miles d’Indianapolis.

A quelques jours de tirer sa révérence en Formule 1, force est de constater qu’Alonso restera dans l’histoire de ce sport. Le pilote le plus complet et l’un des meilleur si ce n’est le meilleur des dernières décennies. Il est le seul à avoir offert le titre constructeur à l’écurie française Renault, il aura marqué une génération entière par son pilotage, son caractère, sa passion, ses titres. Fernando Alonso est un pilote respecté par ses adversaires et par le monde de la F1 qui s’attriste de son départ.

Cependant il démontre que la F1 est malade. La plupart des pilotes ne s’explique pas pourquoi Fernando Alonso est obligé de partir de la F1 pour gagner. Depuis les années 2000 plusieurs écuries ont dominé la F1 et, malheureusement pour l’Espagnol, après Renault il a semblé toujours au mauvais endroit au mauvais moment… Pour nous consoler, nous pourrons toujours admirer ce week-end une livrée spéciale de sa voiture pour sa dernière course, en mémoire de tout son parcours, toutes ses courses, tous ses dépassements et bien plus encore…

Merci pour tout et à bientôt Fernando.

Avec Diego Campos.



A propos de l'auteur

Si un jour on m'avait dit que je deviendrais journaliste F1 ... Fan d'athlètes espagnols en tout genre, mais surtout d'un en particulier. Considéré comme un footix par mes pairs, je supporte fièrement l'Olympique Lyonnais. Considéré comme un basketix par mes pairs, je supporte fièrement GSW.

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