Ça roule…

F1 – Gasly/Leclerc: fortunes diverses?

Ils étaient tous les deux attendus au tournant en cet année 2019. Deux pilotes qui ont réalisé un premier exercice encourageant en 2018, et qui ne demandaient qu’à le confirmer dans une grosse équipe. A la mi-saison, il est temps de faire un retour sur les parcours de Charles Leclerc et de Pierre Gasly, cette saison.

L’un est considéré comme le meilleur espoir français de succéder à Olivier Panis, comme vainqueur de Grand Prix. L’autre comme le futur prodige de la F1. Ils avaient un peu moins de vingts GP dans la catégorie reine, quand l’un et l’autre ont été promu chez les 2 cadors que sont Ferrari et Red Bull. Pour autant si d’un côté, on espérait les voir réussir, d’un autre coté, il y avait un risque pour Charles comme pour Pierre de se brûler les ailes au coté de deux monstres comme Verstappen et Vettel.

Pierre “Le malheureux” Gasly

Le successeur de Daniel Ricciardo sortait d’un excellent exercice 2018 chez Toro Rosso. Une 15e place au championnat, 29 points inscrits. Quelques solides performances comme sa 4e place à Sakhir ou sa 6e à Budapest. C’est tout naturellement que Christian Horner, directeur de Red Bull Racing, le promut pour la saison 2019 à la place de l’Australien. En plus de cela, il apporte à Red Bull son expérience avec le moteur Honda, qu’il a testé toute la saison chez Toro Rosso.

On fonde de grands espoirs en lui. Que ce soit chez Red Bull ou dans les médias (français, notamment). Pour autant, cela va vite déchanter. Et ce dès les essais hivernaux où il plante deux fois sa RB15 dans le mur. A Melbourne il ne passe même pas le cap de Q1! Mais l’équipe prend la responsabilité de cet échec en qualifications. Pour autant en course ce n’est pas plus glorieux: 11e au final avec des difficultés à dépasser des concurrents.

Crédits images : Grand Prix 247

A Barhein, c’est quasi bis repetita… Il ne sort pas de Q2 (qualifié 13e, derrière Albon) et ne finit que 8e. Certes il marque ses premiers points pour Red Bull, mais il finit à plus de 40s de son équipier. En Chine, s’il fait une belle P6 en qualification, il reste à plus de 0.9s de Verstappen. Mais il profite de la course pour marquer le point du meilleur tour. A Bakou, il est déclassé des qualifications pour avoir manquer la pesée, et il abandonne en course sur problème mécanique, après une belle remontée.

Il ne sort pas des points lors des grands prix suivants, confortant grandement sa 6e place au championnat. Mais il reste assez loin de Max Verstappen. Il prend entre 0.5s et 1s en qualification (Sauf au Canada où il est la seule Red Bull à passer en Q3) par Verstappen. Et en course, il termine généralement loin de son équipier. Pour beaucoup de monde, les difficultés de Gasly sont en partie dû à deux facteurs.

Les raisons de sa contre-performance

Le premier facteur est que Red Bull ne travaille quasi exclusivement pour Verstappen. En effet, le Batave est clairement avantagé. Disposant des nouvelles pièces avant son équipier, on le priorise s’il casse des pièces importantes durant le week-end (comme en Autriche où il a pris le nouvel aileron avant destiné à Pierre Gasly). Il est d’ailleurs repris de volée, par Helmut Marko, le responsable de la filière jeune de Red Bull, lui demandant de se concentrer sur son pilotage et les réglages qu’on lui propose plutôt que de se plaindre (à Adrian Newey notamment) de ne pas avoir une voiture qui lui correspond.

Le second, c’est son manque d’agressivité en course. Il n’est pas assez tranchant dans ses défenses comme dans ses attaques (à l’image du dépassement qu’il tente à Hockenheim sur Albon, ce qui le conduit à le percuter et à abandonner). Il est patient, des fois trop. Là où à l’inverse Verstappen prend des risques, lui préfère attendre qu’une porte s’ouvre clairement avant de s’engouffrer. Tout ceci fait qu’il est clairement en difficulté aujourd’hui chez Red Bull. Et que son baquet est clairement menacé, à court ou moyen terme.

Crédits image : Planet F1

Charles “Le malchanceux” Leclerc

A l’image de son comparse, Le monégasque réalise un premier exercice de très bonne facture. Une 13e place en championnat et 39 points inscrits. De belles courses comme Bakou où il finit 6e pour ses premiers points. Bref, assez de points mis dans la balance pour que Ferrari veuille le mettre à la place de Raïkkönen pour 2019. C’est officialisé avant le Grand Prix de Singapour! Charles pilotera pour Ferrari.

Mais s’il est promu, ce n’est pas pour autant qu’il est placé à un pied d’égalité avec Vettel. Dès le début de la saison Mattia Binotto adoube Vettel dans un rôle de Pilote n°1. Mais il ouvre la porte à un traitement égal des deux pilotes en fonction des performances en cours de saison.

Crédits images : Eurosport

Si à Melbourne Leclerc finit 5e derrière Vettel, une polémique s’ouvre sur le fait l’on favorise l’Allemand par des consignes d’équipe. Certes Charles fut plus rapide en fin d’épreuve, mais il y avait un intérêt à sauver des points. A Barhein il réalise sa première pole (devenant au passage le plus jeune pilote à réaliser une pole chez Ferrari à 21 ans). Il maîtrise la course… Jusqu’à ce  40e tour! Où l’un des pistons de son moteur Ferrari se bloque. Ce qui permet aux deux Mercedes des passer devant. La victoire lui tendait les bras, mais elle lui a glissé entre les doigts.

Néanmoins, sa plus grande déception reste le Grand Prix d’Autriche. Où il part en pole, mène 58 tours avant de devoir céder aux assaut de Verstappen à 3 boucles du but. Certes la manœuvre est litigieuse, mais les commissaires la jugent licite. Une grosse déception qui amène Charles à changer d’approche dans ses manœuvres. Et dès le GP suivant à Silverstone il se montre plus agressif envers son rival batave!

Une trop grande fougue à canaliser

S’il montre une pointe de vitesse intéressante (assez proche de Vettel, dans les 0.3s), il arrive au jeune prodige monégasque de commettre de grosses boulettes. Comme durant la qualification du GP d’Azerbaïdjan où il envoie sa SF90 dans le mur (le privant probablement de la pole). Comme à Monaco où il tente une remontée (suite à une erreur de son équipe en qualifications) mais tente des dépassements risqués comme celui sur Hulkenberg au 15e tour… Il touche le rail dans la manœuvre et crève. Il abandonnera quelques tours plus tard, trop de dégâts sur sa monture. Ou comme en Allemagne, où il sort de la piste et abandonne, suite à une erreur de trajectoire.

Crédits images : Eurosport UK

Sa première victoire lui tend les bras cette saison. S’il veut la saisir, il ne faut pas qu’il mette la charrue avant les bœufs et qu’il se calme. Il est capable de réaliser ce genre de course. En Angleterre, au Canada, ses courses furent propres, mais il n’avait pas forcément la meilleur auto. De même, il faut que Ferrari l’aide plus. Notamment en proposant des stratégies qui ne soient plus bancales (Spielberg, Silverstone).

D’un coté comme de l’autre, les résultats ne sont pas forcément à la hauteur des attentes qui étaient placées en eux. Pour autant, si pour Charles il n’y a pas de quoi s’alarmer, pour Pierre c’est un autre problème. En effet la saison de Leclerc, même sans victoire, est solide (2 poles, 5 podiums, 2 meilleurs tours), celle de Gasly n’est pas désastreuse, mais elle pose problème au regard de ce que fait son équipier. Néanmoins, les 2 doivent changer quelques peu leur manière d’approche de la course pour réussir et continuer.



Sport en directMercato Football Ligue 1
Écrire un commentaire

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Dernières publications

Remonter au début
Vous n'avez pas la permission de vous inscrire
id felis risus. ipsum leo efficitur. ut commodo id mattis odio