FC Lorient, condamné à payer une lourde amende.

Où en est l’affaire Duro Ivanisevic –FC Lorient ? Le litige remonte à l’été 2014, Vincent Aboubakar, alors attaquant au FC Lorient, est transféré au FC Porto. Duro Ivanisevic, l’agent en charge pour le compte du FC Lorient n’a toujours pas perçu la commission finale du transfert qui lui est due.
L’affaire portée en justice vient de rendre son premier délibéré.

Un transfert réussi

Vincent Aboubakar, jeune camerounais de 22 ans à l’époque des faits, inscrit un total de 17 buts pour 38 matchs joués cette saison là et attire tout naturellement l’attention de plusieurs clubs dont le FC Porto. L’agent en charge du transfert pour le compte du FC Lorient au moment évoqué, Duro Ivanisevic ainsi que le club et le FC Porto trouvent un terrain d’entente et le joueur rejoint le club portugais à l’été 2014.
Un accord est alors convenu entre les deux clubs pour une acquisition progressive des droits du joueur, en trois temps précisément, dont la dernière part a été acquise en 2017 par Porto pour une somme avoisinant les 10 millions d’Euros au total.


Les faits

Duro Ivanisevic qui a perçu en 2014 une rémunération forfaitaire, fait valoir au FC Lorient, lors de l’achat de la dernière part d’acquisition d’Aboubakar, qu’une commission d’un certain pourcentage du transfert lui est due. En effet, l’ex agent du joueur réclamerait au club une somme à six chiffres.
Pourtant dans l’obligation, suite à une confirmation écrite du vice président et du directeur général lorientais, le club qui se doit de verser cette somme, a fait le choix d’ignorer cette demande.


Mise en demeure et assignation en justice

À la suite du silence du FC Lorient en fin d’année 2017, D.Ivanisevic adresse alors par voie d’huissier une mise en demeure de régler la facture, ainsi qu’une certaine somme pour préjudice morale à l’égard de celui-ci. Cette fois, le club breton apporte une réponse, négative. C’est alors que le demandeur assigne en justice les « merlus » pour tenter de gagner gain de cause et de récupérer tout bonnement son dû.

Première audience, premier délibéré, première condamnation

Le FC Lorient avait une date butoir, fixée par le tribunal, pour rendre des comptes. Lors de l’audience du mois d’avril 2018, le club demandait à D.Ivanisevic de lui fournir tous les documents et échanges concernant ce transfert, c’est-à-dire, mails, sms, contrats, documents échangés entre le club et la société de D.Ivanisevic.
Inversement, le FC Lorient prétend ne plus avoir accès à ces documents ! En effet, le vice président et le directeur général de l’époque ne sont plus en poste depuis. Cocasse.

Le délibéré :

Le tribunal estime qu’en l’espèce,

Attendu que la société FC Lorient Bretagne sud prétend ne pas avoir accès aux échanges entre ses anciens dirigeants et la Société unipersonnelle Duro Ivasinevic ;
Attendu par ailleurs qu’il parait improbable qu’aucune archive concernant ce transfert n’existe dans un club évoluant au moment du transfert dans le championnat de France de football de ligue 1 ;
Attendu que, les pièces produites au dossier par la Société unipersonnelle Duro Ivasinevic sont de nature à permettre au Tribunal de statuer ;
Que la demande d’incident de communication de pièces ne sera pas retenue.

Attendu que … la société de Duro Ivasinevic a cherché une solution amiable sans obtenir de réponse de la part du FC Lorient,
Attendu qu’un calendrier de procédure a été établi le 12/12/17 en vertu duquel le FC Lorient devait adresser ses conclusions sur le fond avec le 21/02/18
Attendu que le FC Lorient ne peut pas ne disposer d’aucune pièce et que sa demande de production les pièces par la partie adverse ne peut être considérée comme une manœuvre dilatoire ;
Que le tribunal condamne sévèrement donc le FC Lorient pour motif dilatoire !

Pour faire simple, le FC Lorient ayant voulu faire perdre du temps à la justice et n’ayant probablement aucune réponse à apporter à la demande de D.Ivanisevic, ce qui resterait illégal donc condamnable, est prié de payer une grosse amande en attendant la plaidoirie. Le Tribunal laisse au FC Lorient le temps de préparer leur conclusion avant de rendre leur verdict final courant l’été 2018.

Droit de réponse du FC Lorient :

Contactés par nos soins ce vendredi 15 Juin, nous avons posé quelques questions à Loïc FERY et Fabrice BOCQUET concernant cette affaire. Les voici :

– « Comment expliquez-vous le fait que votre club dit ne jamais avoir été au courant du document, pourtant rédigé par Alex Hayes, clôturant l’accord de paiement des commissions de transfert de Vincent Aboubakar pour M.Ivanisevic ? Tout en sachant pertinemment que l’autre partie détient forcément les mêmes dossiers.

– Confirmez-vous le témoignage à venir de M. Arnaud Tanguy, ex directeur général, attestant l’existence de cet accord ?

– Confirmez-vous le fait qu’un huissier a confirmé que le document en question, fournit par la défense de Duro Ivanisevic, provenait bien de la boîte mail d’Alex Hayes, qui plus est signé électroniquement par ses soins ?

– Pourquoi, tout simplement, ne pas avoir rémunéré l’agent mandaté par le club alors que le travail a été fait ? M. Ivanisevic ne serait-il pas à l’origine du transfert entre le club et le FC Porto ?

– Qu’attendez-vous objectivement de la plaidoirie ? »

Fabrice BOCQUET n’ayant pas souhaité répondre aux questions directement, préférant tout naturellement rendre ses comptes à la justice, a tout de même pris la peine d’ajouter quelques commentaires. Merci à lui.

« Il est exact que la société Kick and Rush prise en la personne de Monsieur Djuro Ivanisevic a assigné le FC LORIENT pour lui réclamer une commission de 720.000 Euros au titre du transfert de Vincent Aboubakar au FC PORTO.
Le FC LORIENT a refusé de payer cette somme au motif que ni Monsieur Djuro Ivanisevic, ni sa société Kick and Rush ne sont intervenus pour négocier le transfert de ce joueur.
La demande de la société Kick and Rush étant fondée sur un échange de mails avec les anciens dirigeants du Club, nous lui avons demandé de nous transmettre l’ensemble de ces échanges, ce qu’elle a obstinément refusé malgré notre sommation.
Devant ce refus, nous avons demandé au Tribunal saisi de ce litige d’ordonner la communication de ces échanges.
Le Tribunal a rejeté notre demande et nous allons maintenant présenter notre défense sur le fond.
Nous allons faire valoir que la société Kick and Rush n’a jamais été missionnée pour négocier ce transfert.
Nous demanderons en conséquence au Tribunal de débouter cette société de ses demandes et de la condamner pour procédure abusive. »

Fabrice BOCQUET – Directeur Général du FC Lorient.

Verdict du tribunal courant Juillet 2018.





A propos de l'auteur

Amoureuse du ballon rond depuis mon plus jeune âge, j'essaye d'exploiter mes talents sur les terrains depuis quelques années, même si mon profil ressemble à celui de Gregory Vignal. Le sport est ma religion, l'humour mon passe-temps.

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