Flashback : petit miracle, grande émotion.

 

Chaque semaine le mercredi et ce pendant toute la saison régulière, vous aurez le droit à un pan de l’histoire de la NBA raconté par mes soins. Des records, des joueurs légendaires, des changements de règles, des performances, tout sera couvert, et ce des balbutiements de la ligue dans les années 50 aux dernières saisons. Le but de cette chronique est simple : vous permettre de (re)découvrir des facettes parfois oubliées de cette merveilleuse ligue qu’est la NBA. Alors, êtes-vous confortablement installés pour un brin de lecture ? Si oui, abordons tout de suite le sujet de cette semaine. 

“Vous permettre de redécouvrir des facettes parfois oubliées de cette merveilleuse ligue”. La NBA est une ligue professionnelle de sport, et comme tout sport, elle déchaine les passions. La joie, l’admiration, la colère ou la déception, mais aussi tant d’autres. Le côté sportif est évidemment le premier qui nous vient à l’esprit quand on parle d’une telle ligue, mais parfois, dans une saison, survient un évènement qui va tout remettre en cause, qui va changer les priorités, et qui va réunir sportifs, supporters et journalistes autour d’une même cause, d’un même sentiment. Et c’est l’un de ces évènements que je vais vous conter aujourd’hui, à travers l’histoire d’un petit homme qui aura provoqué une émotion gigantesque dans toute la ligue. Sortez vos mouchoirs, et laissez moi vous raconter l’évènement qui a bouleversé la vie d’Isaiah Thomas.

Un petit homme dans une grande ligue.

Vous n’êtes pas sans le savoir, le basket est un sport de grand. On peut parler de cliché, car il y a au final un certain nombre de petits joueurs qui ont su se faire un nom en NBA. Mais quand la plupart des meneurs, soit le poste en théorie le plus petit de la ligue, dépassent le mètre 90, on peut parler de sport de grand. De ce fait, il est compliqué pour des personnes de taille “moyenne” ou petite de se démarquer en NBA. À moins d’avoir des qualités physiques et athlétiques inhumaines, cela relève même du vrai combat.

C’est pourquoi quand, en 2011, I.T se présente à la Draft, il n’est choisi qu’en 60ème position par les Sacramento Kings. Avec 84 kg pour 1m75, I.T fait figure de nabot dans cette ligue de géants. Mais si le physique est évidemment primordial dans le sport, il existe une chose qui peut transcender n’importe quelle difficulté : la volonté. Et Isaiah Thomas en a tout un stock en réserve, et il est déterminé à le montrer.

 

Drafté par les Kings, I.T y fait ses preuves aux côtés notamment de Demarcus Cousins.
Source : Boston Globe.

 

Dès sa première saison, il fait taire les critiques qui auraient pu exister. Plus de 11 points de moyenne pour le dernier choix du 2nd tour de Draft, une bonne partie de la ligue se mord les doigts. Il finira d’ailleurs la saison dans le 2ème 5 majeur des Rookies. 7ème aux votes de ROY pour un joueur drafté 60ème, pas mal la volonté hein ? Lors de sa troisième et dernière saison chez les Kings, il alignera même plus de 20 points de moyenne et 6,3 assists.

Après un court passage d’une saison aux Suns, I.T sera transféré aux Boston Celtics, prêt à écrire la plus belle page de sa carrière. 19, 22,2 et 28,9. Ces chiffres représentent les moyennes de points d’I.T sur ses 3 saisons passées à Boston. Au total, sur l’ensemble de son passage dans le Massachusetts, il compile 24,7 points et 6 assists de moyenne. Sa saison 2016-2017 le fait passer dans une autre catégorie. Leader des Celtics, qu’il emmène à à la première place de l’Est, clutch car reconnu comme l’un des meilleurs joueurs dans les moments décisifs, il est même dans les meilleurs marqueurs de la ligue et dans les discussions pour le titre de MVP.

Quand le sport devient secondaire.

Le contexte a été installé, il est maintenant temps de parler des Playoffs 2017 d’Isaiah Thomas. 1ers de l’Est, les Celtics doivent passer les Bulls au premier tour. Un obstacle en apparence aisé à surmonter, la série ne crée que peu de suspense. Malheureusement, le coup du sort va s’en mêler. 24 heures avant le premier match de la série, I.T apprend la mort de sa jeune soeur de 22 ans, Chyna, dans un accident de voiture dans l’état de Washington. Le choc est terrible, les Playoffs passent au second plan. Les fans, la ligue, les Celtics, tout le monde se recueille pour rendre hommage à la petite soeur du Lutin des C’s. La planète Basket est sur pause, derrière le deuil d’I.T.

La star décide pourtant de participer au premier match, d’assumer son statut de leader auprès de ses coéquipiers, en attendant de rejoindre sa famille pour les funérailles. Les C’s perdent ce match, le premier de la série, mais ce résultat est alors secondaire. L’ambiance est chargée d’émotion, I.T ne peut contenir ses larmes, et l’hommage du TD Garden est vibrant. Malgré la défaite, sa performance lui attire le respect de toute la ligue. 33 points et 6 assists, mais plus que la ligne statistique, c’est sa détermination, sa force et son refus d’abandonner qui l’élèvent dans l’estime du monde de la NBA.

 

Une salle chargée d’émotion lors du Game 1 face aux Bulls.
Photo by AP/REX/Shutterstock (8612568w)

 

Les Celtics passeront finalement les Bulls, avec 4 victoires pour 2 défaites dans la série, pour retrouver les Washington Wizards en demi-finale. Le premier match est gagné, les C’s prennent l’avantage dans la série. Mais c’est bien le Game 2 de cette série qui rentrera dans l’histoire, et qui élèvera I.T au rang de vraie légende. Le 3 mai 2017 aurait dû être le jour du 23ème anniversaire de la jeune soeur d’I.T, tout juste décédée. L’émotion était au rendez-vous, I.T ne savait pas, avant d’arriver au stade, s’il était capable d’assurer sa présence. Et ça aurait été évidemment compréhensible, tant les émotions devaient submerger le Lutin.

Mais je vous l’ai dit, I.T a toujours joué avec détermination, avec une volonté écrasante. Il décide en arrivant qu’il jouera bien ce match, qu’il ne pouvait pas se permettre de ne pas jouer le jour de l’anniversaire de sa soeur. Et en l’honneur de Chyna, Isaiah Thomas va offrir au monde l’une des plus grandes performances de l’histoire des Playoffs. 53 points sur l’ensemble du match, 29 points dans le 4ème quart-temps et en overtime pour arracher une victoire décisive. Plus grand total de points sur un match de Playoffs pour un Celtic depuis Havlicek, exit les McHale, Bird et autres Pierce, ce record appartient à un petit meneur de 1m75 au coeur immense. Lors de l’interview d’après-match, I.T dira avoir trouvé la force d’un tel exploit grâce à sa soeur, qui le regardait de là-haut. Ça vous classe un bonhomme.

 

53 points pour battre les Wizards en prolongation, le jour de l’anniversaire de sa soeur. “Tout ce que je fais, c’est pour elle, et elle me regarde.”
Source : Boston Globe.

 

Alors oui, depuis, la carrière d’I.T a pris un tournant compliqué, à cause de blessures et de voyages dans différentes franchises. Mais que cela ne nous fasse pas oublier que si les Playoffs 2017 étaient exceptionnels, c’était avant tout car cet homme, aussi petit soit-il, nous aura à tous montré une vraie leçon de volonté et de leadership, en plus de nous émouvoir aux larmes. I.T est peut-être petit par la taille, mais son coeur et sa volonté sont immenses, et c’est à ça qu’on reconnait les grands joueurs, qui font du sport plus que simplement du sport, en nous transmettant des émotions aussi puissantes. 

 

 

Source photo de Une : swagggirlicious.com

 

 

 

 

 

 

 

A propos de l'auteur

Actuellement étudiant en école de commerce, fan de sport, surtout d'une certaine ligue qui me fait me réveiller à 2h pour regarder un Atlanta@Detroit. #ThunderUp #DajeRoma

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