Gino Bartali, retour sur sa vie sportive et personnelle

0
Retour vie Gino Bartali
Ligue 1

Pendant ce confinement, We Sport vous propose de revivre des moments de légendes. Aujourd’hui place à l’une des légendes de ce sport : Gino Bartali, retour sur sa vie.

Gino Bartali, retour sur sa vie :

1a : Pré Carrière :

Gino Bartali vit le jour à Ponte a Ama (près de Florence) le 18 juillet 1914, Gino Bartali, profondément croyant, membre de l’Action Catholique, “Gino le Pieux” a toujours refusé d’être un ambassadeur du fascisme. Proche du cardinal florentin Elia Dalla Costa, son activité de messager pendant la seconde Guerre Mondiale a été importante pour de nombreux enfants juifs. Sous couvert de sorties d’entraînement, il acheminait des faux papiers cachés dans le guidon ou la selle de son vélo. Il a permis de sauver plusieurs centaines de Juifs, ce qui lui a valu d’être juste parmi les nations en septembre 2013 au Mémorial de Yad Vashem. Gino Bartali, lorsqu’il était enfant a été enseveli sous un tas de neige pendant quelques minutes. Suite à ça, il reste muet pendant près de six mois. Sa voix rauque est la séquelle de cet accident.

Gino Bartali devient alors réparateur de vélo à la boutique d’Oscar Casamonti, à Florence. Ce travail lui permettra de complémenter son cycle d’études. Son patron est aussi cycliste indépendant et découvre en Gino Bartali, d’excellentes aptitudes. Gino Bartali qui n’avait pas de vélo de course (son père ne voulait pas), arrive à s’en payer grâce à ses économies et à l’aide d’Oscar Casamonti. A peine monté sur le vélo, il est LE grand espoir dans la région et deviens vite l’espoir italien. En juillet 1931, il dispute et remporte sa première course, mais la fête fût de courte durée. Le jeune italien n’ayant pas 17 ans n’aurait pas dû participer à cette course. Sa victoire est ainsi annulée mais le talent est montré.

1b : Début de carrière :

En 1932, il est troisième du championnat d’Italie des débutants et une rivalité s’installe avec Aldo Bini, considéré comme le meilleur Italien dans cette catégorie. L’année suivante, au championnat d’Italie juniors, Gino Bartali bat son rival pour la deuxième place. En mai 1934, Gino Bartali chute lors d’une course à Grosseto. Cette chute entraînera une commotion cérébrale, une fracture du nez et un jour dans le coma. Gino Bartali, ne fera par la suite, plus autant de sprints.

Durant l’automne 1934, lors d’une course à Grosseto, il arrive 18 minutes après le départ mais prend le départ. A l’arrivée, il finira 2ème de la course. Par la suite , il s’imposera lors de la course de montagne “Bassano-Monte Grappa”. Plus tard dans la saison, il remporte le championnat de Toscane (Coppa Bologna). Suite à cette victoire il s’inscrit au GP Fiume à Turin et rentre dans le monde pro. Peu avant l’arrivée, il accélère, se retrouve seul et gagne la course mais ne célèbre pas. En effet, il pense qu’il restait 1 tour. Cependant, il ne remporte pas la course car il n’est pas piémontais. Finalement son bilan en amateurs est de 44 victoires en 104 courses.

1c : Carrière pro :

En décembre, il passe dans la catégorie indépendants puis il est recruté par Fréjus. Ses débuts en pros se font donc avec l’équipe Fréjus qui a pour leader Giuseppe Martano. Sa première course pro est le Milan San Remo, à Voltri il possède 2 minutes de retard sur la tête mais au Capo Mele il a 2 minutes d’avance sur les poursuivants et tout ça avec son dérailleur bloqué. A 8 kms, il est rejoint par un trio Learco Guerra, Mario Cipriani et Giuseppe Olmo (ce dernier s’imposant au sprint).

Gino Bartali finit 4ème mais il fait l’éloge de la presse italienne notamment de la Gazzetta dello Sport ou le journaliste Giuseppe Ambrosini, de La Stampa, le salue comme la révélation de l’épreuve : “Bartali est un grimpeur de grande valeur, il a démontré une excellente condition physique qui lui a permis de tenir la longue distance, malgré son jeune âge, ce que je n’aurais jamais cru“. En 1935, sur le Giro, il est sélectionné pour être l’équipier de Martano mais il en fait qu’à sa tête et ses attaques à répétition que son leader ne peut suivre fait chauffer la tête du DS. A noter que ce Giro est le dernier d’Alfredo Binda, quintuple vainqueur.

1d : Fin de carrière :

Le 9 février 1955, il annonce la fin de sa carrière de coureur cycliste mais il devient devenir directeur sportif de l’équipe San Pellegrino.
À la fin de l’année 1959, il annonce son association avec Fausto Coppi, malgré leur énorme concurrence durant plus d’une décennie. Coppi accepte de rejoindre l’équipe de Bartali pour endosser le rôle de capitaine de route pour encadrer les jeunes coureurs de la formation, mais leur collaboration est de courte durée car Coppi meurt le 2 janvier 1960 après avoir contracté la malaria lors d’un voyage en Haute-Volta (ex-nom du Burkina-Faso).

1d – Carrière post sport : 

Gino Bartali meurt le 5 mai 2000 (à 86 ans) à son domicile de Ponte a Ema à la suite d’un arrêt cardiaque.
Un an après sa mort, une course à étapes italienne créée en 1984 est rebaptisée Semaine internationale Coppi et Bartali, en hommage à ces deux coureurs
En 2002, il fait partie des 44 coureurs retenus dans le “Hall of Fame” de l’CI.
Le 1er avril 2006, un musée consacré à sa carrière ouvre ses portes dans son village de Ponte a Ema, grâce à l’action d’une association.
En 2010, la poste Saint-Marinaise émet deux timbres à l’occasion du dixième anniversaire de la mort de Gino Bartali et du cinquantième de celle de Fausto Coppi. Ce diptyque les représente s’échangeant un bidon pendant une course.

Une place de Florence porte son nom, tandis que des stèles honorent sa mémoire à Pérouse, Terontola, au capo Berta et au passo Rolle.
Côté cinéma, en 2006, la Rai produit une mini-série en deux épisodes intitulée “Gino Bartali – L’intramontabilee (Gino Bartali, l’iron man)”. Pierfrancesco Favino incarne Gino Bartali
Gino Bartali effectué deux apparitions au cinéma, la première dans le film Totò al giro d’Italia en 1948. La seconde est dans Femmine di lusso en 1960. Dans les 2 films il incarne son propre rôle.

2- Equipe :

En 1935, il débarque chez Fréjus avant de rejoindre Legnano de 1936 à 1948 (sauf en 1944). Entre 1949 et 1954, il courra dans son équipe éponyme.

3- Fais marquants, retour sur la vie de Gino Bartali, hors sports :

3a : Vie avant d’aider les enfants juifs : 

Dès 1939, on entre dans la partie ou Bartali fut militaire, policier et surtout juste parmi les nations. Le 14 novembre 1940, Gino Bartali et sa fiancée (Adriana) se marient dans l’église San Salvatore al Vescovo de Florence, mariage célébrée par le cardinal Elia Dalla Costa, leur du voyage de noces à Rome la famille Bartali rend visite au pape.
Après le mariage et le voyage de noce, Gino Bartali redevient militaire d’abord au 56e bataillon territorial en octobre 1940 puis le 60e bataillon d’infanterie territorial mais il obtient d’être messager militaire à bicyclette et c’est grâce à cette autorisation bénigne que des centaines de juifs vont être sauvés et que son côté humanitaire n’est plus à refaire.
En juillet 1943, il retourne à Florence à la police de la route mais en septembre il décide de “démissionner du corps qui était devenu un organe du parti politique”.

3b : Aide envers les enfants juifs : 

En parallèle, son ami le cardinal Elia Dalla Costa demande son aide pour acheminer des faux papiers vers les couvents de la région où sont cachés des Juifs, Gino Bartali accepte et se sert de son autorisation et de son statut de messager militaire pour délivrer les faux papiers. Il est souvent en contact avec Giorgio Nissim (“patron” du réseau clandestin Delasem).

Les documents cachés dans la potence ou la selle du vélo, il justifie auprès des autorités, ses nombreux déplacements par ses entraînements et de par sa popularité, il peut circuler sans éveiller les soupçons. Durant cette période, il va à Rome pour livrer des documents au Vatican, mais l’interception d’une lettre que le pape Pie XII lui avait adressée en guise de remerciement, Gino Bartali est convoqué à la Villa Triste de Florence pour y subir l’interrogatoire du major Mario Carità mais il en ressort libre, grâce aux “bons offices” de deux jeunes fascistes qui interviennent en sa faveur auprès du major qui l’interroge, petite précision : cela ne va pas dire qu’il est fasciste (bien au contraire même…).

3c : Vie post aide aux enfants juifs : 

En novembre 1943 en voulant “chercher refuge au Vatican”, il est arrêté et reste enfermé en prison 45 jours, considéré comme un déserteur ou il doit être traduit devant un tribunal spécial de guerre, il bénéficie d’une liberté sous caution, payée par des amis. Les événements lui sont favorables : “les tribunaux de guerre durent plier rapidement bagages et mon jugement n’eut jamais lieu”. Cette arrestation et sa traduction devant un tribunal spécial de guerre, Gino Bartali installe à la demande de son cousin Armando Sizzi une famille juive, la famille Goldenberg, dans l’un de ses appartements de la Via del Bandino, à Florence.
Anti-nazisme, anti-fascisme quand tu nous tient…

3 b : Distinctions de Gino Bartali : 

– Médaille d’argent de la valeur athlétique en 1938
– Chevalier de l’ordre de Saint-Sylvestre par le pape Pie XII après sa victoire dans le Tour de France 1948
– Médaille d’or en 1965
– Grand officier de l’Ordre du Mérite de la République italienne le 27 décembre 1986 sur proposition de la Présidence du Conseil des Ministre
– Chevalier grand-croix du même ordre le 27 décembre 1992
– Collier d’or du mérite sportif en 2000

Mais sa plus belle distinctions se traduit par 3 titres :
– Sa participation active à un réseau clandestin pendant la Seconde Guerre mondiale lui vaut d’être reconnu “Juste parmi les nations“. Seul Gino Bartali et Gitta Mallasz (nageuse hongroise) sont les sportifs décorés de cette mention.
– Médaille d’or du mérite civil le 31 mai 2005
-Le 23 septembre 2013, son nom est inscrit sur le mur du mémorial de Yad Vashem

4- Palmarès : 

Sur le Giro, il compte, 3 Giro ainsi que 7 Classement de la Montagne et 17 étapes. Sur le Tour de France, il compte, 2 Tours, 2 Classement de la Montagne et 12 étapes

Parmi ses autres victoires notables, on notera :
La Coppa Bologna, 3 Championnat d’Italie sur route, Tour du Pays basque (+ 3 étapes), 3 Tour de Lombardie, 3 Tour du Piémont, les tre vallées varésines, 3 Milan-San Remo, 5 Tour de Toscane, 2 Tour de Suisse (+ 6 étapes), Tour de Romandie (+ 3 étapes) et 2 Tour d’Émilie.

5- LECTURES RECOMMANDÉES : 

– Gino Bartali, Mes mémoires, recueilli par André Costes. Date : 1949, Pages : 48
– Gino le pieux, par Jean-Paul Ollivier. Date : 1983, Pages : 214
– Le lion de Toscane : la véridique histoire de Gino Bartali, par Jean-Paul Ollivier. Date : 1991, Pages : 234
– Gino le Juste : Bartali, une autre histoire de l’Italie, par Jean-Paul Vespini. Date : 2014, Pages : 176
– Gino Bartali : Un champion sauveur d’étoiles par Ahmed Kalouaz. Date : 2014, Pages : 88
– Un vélo contre la barbarie nazie : l’incroyable destin du champion Gino Bartali, par Alberto Toscano. Date : 2018, Pages : 220

Si Gino Bartali est peu médiatisé actuellement, l’italien reste l’une des stars du cyclisme. Un palmarès impressionnant, un talent exceptionnel, Gino Bartali aura été juste parmi les nations : sa meilleure récompense finalement. 

Sport en directMercato Football

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here