Giroscope #19 : “Pourquoi t’aimes le cyclisme ?”

Le déroulé de l’étape

Pour ça bon dieu ! Ceux qui étaient devant leurs écrans aujourd’hui pourront dire : « j’y étais, j’ai tout vu ! ». A n’en pas douter, cette 19è étape du 101è Giro restera dans les mémoires de l’épreuve et du sport cycliste. Des attaques, des défaillances, des renaissances, on aura tout connu entre Veneria Reale et Bardonecchia.

Comme prévu, le point d’orgue sportif et émotionnel aura été la montée des Finestre, d’abord avec le coup de vis de la Sky qui a durcit le ton très rapidement dans la montée qui a en a décramponné plus d’un pour réduire le peloton a peau de chagrin (17 coureurs). Tous les favoris étaient encore là, sauf un et pas des moindres : Simon Yates, maillot rose au départ, a fait partie des premiers à se faire distancer. L’attaque dans les premiers kilomètres de la partie non bitumée de la montée de Chris Froome, bien aidé par Elissonde, a fini d’écrémer derrière lui. Il n’y avait plus que cinq coureurs à pouvoir encore conserver leurs espoirs au général : Tom Dumoulin et Thibaut Pinot, l’un pour ramener le maillot rose pour la deuxième année successive aux Pays-Bas l’autre pour remonter sur le podium ; Lopez et Carapaz dans leur lutte pour le maillot blanc ; plus loin Domenico Pozzovivo comptait garder sa troisième place. Simon Yates passait le col avec 15 minutes de retard.

Impérial dans la montée, Chris Froome a pu compter sur sa science de la descente pour creuser l’écart avec ses principaux poursuivants et sa force de caractère pour ne pas flancher dans l’enchaînement des montées de Sestrière et Bardonecchia pour finalement s’imposer à l’arrivée. Dans sa tâche il a été bien aidé par la mésentente du groupe derrière : Lopez, à 30 secondes de Pinot et détenteur du maillot blanc, refusait de prendre les relais, crispant l’ensemble de ses partenaires et empêchant probablement ses compagnons d’échappée de refaire leur retard sur Froome. Pozzovivo avait quant à lui abdiqué complètement, laissant derrière lui ses espoirs de podium. Dans la montée de Bardonecchia, Pinot est passé à l’offensive le premier, lassé de l’attentisme des deux sud-américains du groupe sans parvenir à creuser un écart significatif. La suite n’a été qu’une suite d’attaques de chacun des protagonistes du groupe, incapables de rentrer sur un Froome stratosphérique.

C’est une victoire à l’ancienne, au panache pour un Froome qu’on n’attendait pas si facile aujourd’hui après ses coups de moins bien dans la première partie du Giro.

Le gagnant du jour

Un britannique, Froome. A l’envie, au culot, à la force des cuisses, Chris Froome est allé cherche cette étape et le maillot rose en faisant la course parfaite, la seule qui lui assurait le gros lot. Le coureur de la Sky a fait parler son sens de la course pour attaquer au meilleur des moments, alors que ses coéquipiers en avaient lessivé plus d’un dans la montée des Finestre. Il a ensuite pu compter sur ses qualités hors du commun de descendeur pour creuser l’écart avec l’ensemble de ses poursuivants. Ce soir, il prend la tête du classement général et il est fort à parier qu’il ne la lâchera plus. Il réussirait à remporter son premier Giro, l’inscrivant un peu plus dans l’histoire du sport cycliste en réussissant à vaincre les trois grands Tours. Attention toutefois, Dumoulin reste à 40 secondes du natif du Kenya et aura peut-être des idées derrière la tête demain.

Le perdant du jour

Un britannique, Simon Yates. A l’heure où ces lignes sont écrites, on ne connait pas encore l’écart qui le sépare du gagnant du jour, mais il pourrait finir en 30 ou 40 minutes. Il devait s’en douter en enfourchant sa bicyclette aujourd’hui, se disant que l’épouvantable Finestre aurait raison de lui si l’un des gros poissons du peloton accélérait, il en a eu finalement la confirmation. Ses coups de patinette d’hier le laissaient du reste présager. Aujourd’hui, le natif de Bury a tout perdu : la maillot rose bien sûr, le top 10, même le maillot du meilleur grimpeur… Dur !

JMP

A propos de l'auteur

Fan de foot mais aussi de Serie A, je prends autant de plaisir à voir jouer Gilles Simon qu'à attendre une arrivée au sprint entre les Alpes et les Pyrénées. Talking Heads et Panetonne.

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