Grand Prix de Tbilissi : Le printemps, des médailles et de beaux présages

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Ligue 1

Suite du grand tour du Monde de la Fédération Internationale de Judo, qui posait ce weekend ses valises en Géorgie, pour le Grand Prix de Tbilissi. Avec la présence de 370 judokas représentant 52 pays différents, on pouvait parler d’un Grand Prix relevé malgré l’absence de certaines têtes de série. Et si l’on évoque souvent un « match référence » en football, le staff français pourra tout autant se servir de ce tournoi comme modèle de travail pour le futur.

 

Un jour, un titre

 

La semaine dernière, nous finissions l’analyse du Grand Prix d’Ekaterinbourg avec un petit peu de statistiques : voir article

Aujourd’hui ce sera bien plus rapide puisque la France est seule en tête du classement des médailles avec 3 titres, soit un de plus que la semaine dernière. Mieux encore, si on regarde dans le détail, 15 des 20 français présents sont classés dans les 7 premiers de leur catégorie soit 75% !

 

Clément, comme on l’attend

 

Dès le premier jour, il était clair que l’équipe de France était venue avec l’envie d’en découdre et le résultat fut au rendez-vous.

Une seule catégorie fut prise à défaut ce jour-là coté tricolore, puisque les deux combattants alignés en -66kg, Mathias Boucher et Sacha Flament, se sont inclinés à quelques minutes d’intervalle face à des italiens bien mieux classés qu’eux à la ranking list mondiale.

Dans la catégorie la plus légère des -48kg, Blandine Pont va chercher une cinquième place loin d’être ridicule après n’avoir connu la défaite que face à la championne du monde en titre, l’ukrainienne Daria Bilodid, lors du quart de finale, puis en place de troisième face à la n°1 mondiale Munkhbat.

Ironiquement, ce sont ces mêmes adversaires qui croiseront la route de Mélanie Clément en demie finale puis finale, mais dans l’ordre inverse, dans des combats qui verront la judokate de Saint-Dizier s’imposer aussi bien tactiquement que techniquement.

Sans trembler, Clément a su faire jeu égal avec l’ukrainienne lors de la finale, aidée par sa grande taille qui lui a permis de tenir son adversaire à distance, là où les combattantes d’ordinaire plus petites dans cette catégorie se retrouvent pliées en deux.

Une première attaque lointaine quoi-qu’efficace a offert l’avantage à la française à mi combat, avant de conclure sur une deuxième projection à quelques secondes du terme.

Performance XXL pour la combattante tricolore, qui signe ici ce qui doit être pour le moment la plus belle victoire de sa carrière, en espérant faire tout aussi bien lors des Championnats du Monde cet été.

 

Côté féminin toujours, les deux françaises en lice en -52kg ont dû s’affronter pour leur dernier combat de la journée, attributif de la médaille de bronze. Et c’est Astride Gneto qui finira par monter sur le podium au détriment de la jeune judokate du PSG Judo, Faiza Mokdar, qui avait auparavant résisté jusque dans le golden score face à la vice-championne olympique Giuffrida puis sorti la suisse Tschopp (n°9 mondiale).

En -57kg, parce que le tirage au sort fait décidément très mal les choses, Hélène Recevaux et Sarah Léonie Cysique ont eu à se faire face dès les quarts de finale…

Ici aussi, avantage à l’expérience puisque Recevaux gagnera son ticket pour la demie finale, où elle s’inclinera malheureusement face à la championne olympique Rafaela Silva.

Elle finira néanmoins médaillée de bronze en battant une polonaise, tandis que Cysique laissera échapper cette même médaille au profit d’une hollandaise, après avoir remporté son combat de repêchage.

 

L’autre catégorie masculine du jour (-60kg) a vu le brésilien Kitadai s’imposer au 2ème tour face à Cédric Revol, lequel n’a pu que constater le récital de son compatriote Walide Khyar qui parvint à se hisser jusqu’en finale.

Impérial toute la journée, aguerri tactiquement, le champion d’Europe 2016 semble avoir retrouvé son niveau et sa détermination, après être passé par plusieurs coups de moins bien et blessures.

Cerise sur le gâteau, il aura été l’auteur d’un des plus beaux ippons du weekend.

Il se fera malheureusement piéger en finale face au géorgien Chkhvimiani, déjà vainqueur ici l’année dernière, mais semble se placer en favori pour aller disputer les Championnats du Monde cet été.

 

Chaine se déchaine

 

Louane a chanté « c’est le jour 1 celui qu’on retient », mais il en est un qui n’oubliera pas ce deuxième jour de compétition.

A 32 ans, Guillaume Chaine (-73kg) s’est illustré en Géorgie en remportant son 1er Grand Prix et par la même le plus grand titre de sa carrière. Ce judoka au balayage tranchant s’est offert le luxe d’écarter le mongol (n°6 mondial) Odbayar Ganbaatar, et le russe Denis Iartcev (n°18 mondial) avant de surpasser en finale le cubain Estrada.

Après ses 7ème et 5ème place à Paris et Marrakech, cette médaille devrait lui permettre de prendre conscience qu’il est capable de battre les meilleurs de sa catégorie et d’être du voyage pour les Mondes en août dans cette catégorie qui peinait à se trouver un leader.

 

Dans les autres catégories, Alpha Oumar Djalo fait une très bonne impression pour son retour à la compétition en -81kg, notamment en satellisant l’ukrainien Zusko, mais doit se contenter d’une 5ème place après s’être s’incliner en demie finale contre le néerlandais De Wit (3ème mondial) puis en place de troisième.

 

 

Manon Deketer (-63kg), seule féminine engagée de cette journée, subit malheureusement la loi de la polonaise Ozdoba-Blach dès le 2ème tour.

 

Tolofua à la conclusion

 

Troisième et dernier jour de compétition dimanche avec comme à l’accoutumée les catégories les plus lourdes, où seuls deux français étaient présents qui plus est dans la même catégorie des -100kg.

Une finalité assez similaire pour Clément Delvert et Cédric Olivar puisqu’échouant chacun en quart de finale il fallait passer par les repêchages, cette fois ci heureusement sans avoir de confrontation directe entre les deux compatriotes.

Mais là où Cédric Olivar réussissait à rejoindre la place de trois aux dépends d’un géorgien, Delvert était cantonné à la 7ème place après sa défaite face au futur 3ème, l’ouzbek Khurramov.

La médaille échappera également à Olivar qui verra disparaitre le podium contre l’expérimenté hollandais Korrel (n°7 mondial).

Des résultats néanmoins positifs pour ces deux garçons qui n’ont eu que peu d’occasion de se confronter au si haut niveau par le passé.

 

Chez les filles, le début de journée a été parfait pour les 4 engagées puisque Sama Hawa Camara et Fanny Estelle Posvite atteignaient toutes deux la demie finale dans leur catégorie des -78kg, imitées par Julia Tolofua et Anne Fatoumata Mbairo en +78kg !

La suite fut plus compliquée pour Camara, Mbairo et Posvite, échouant toutes trois aux portes de la finale et redirigées vers la place pour le bronze, où seule la dernière parviendra à surpasser son adversaire pour s’adjuger la médaille.

Finalement, c’est Tolofua qui tire le mieux son épingle du jeu en battant en finale la brésilienne Souza (n°9 mondiale), dans son style entreprenant et déterminé qu’elle aura gardé depuis son premier combat.

Ce ne sera peut-être pas suffisant pour aller chercher une médaille mondiale au Japon, mais ce résultat lui permet d’espérer de nouvelles sélections internationales et d’engranger une bonne dose de confiance.

 

La montée en puissance semble se confirmer pour l’équipe de France, qui enchaine les prestations de plus en plus convaincantes. Certaines catégories semblent se trouver naturellement leur représentant, pendant que pour d’autres le doute subsiste encore (-81kg ; -90kg).

La question qui va maintenant se poser est plutôt qui sera envoyé sur les prochains déplacements ? Les judokas ayant fait forte impression ces derniers temps pour les voir confirmer, ou ceux en mal de victoires qui chercheront à rester dans la course ?

 

 

Photo Une : (c) Sabau Gabriela

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