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Grand Slam d’Osaka : Buchard, une fille en or !

Kimi ga yo (Votre Règne en français) : tel est le nom de l’hymne national japonais qui a résonné 11 fois à lors du Grand Slam d’Osaka ce weekend, sur 14 remises de médailles.

Bien sûr en judo, avec 4 engagés par catégorie, il est statistiquement plus facile d’accéder au podium, mais lorsque les demi-finales de dix catégories sont composées d’au moins 3 japonais sur les 4 combattants, on peut parler sans exagération d’une domination écrasante.

 

Amandine Buchard à l’heure de Tokyo

A maintenant 9 mois des Jeux Olympiques 2020 qui se dérouleront à Tokyo, chaque rencontre internationale devient cruciale pour les points à engranger pour se qualifier, mais aussi pour se positionner par rapport aux adversaires potentiels qu’il faudra écarter dans la conquête de l’or.

Et dans ce domaine, Amandine Buchard (-52 kg) a fait plus que prendre la mesure en remportant la compétition, écartant entre autres la championne olympique 2012 au second tour.

En finale, c’est au bout de plus de 7 minutes de combat qu’elle parvient à faire chuter la championne du monde en titre Uta Abe, mettant un terme à trois ans d’invincibilité de la japonaise, que l’on découvrira en pleurs sur la seconde marche du podium.

De l’expérience et des regrets

Pour les autres français, la compétition fut plus compliquée à l’image de Benjamin Axus
(-73kg) qui s’incline face au champion du monde juniors sur un mouvement quelque peu brouillon, lors du second tour.

Autre motif de frustration pour Romaric Bouda (-60 kg), qui fut contraint de déclarer forfait avant le ¼ de finale à cause d’une douleur au biceps, malgré deux premiers tours convaincants.

Dernier combattant masculin présent au Japon, le récent champion de France Cédric Olivar
(-100 kg) se heurta lors du deuxième tour à l’azerbaidjanais Gasimov, vice-champion olympique, non sans avoir marqué waza-ari le premier.

Chez les féminines, ni Mélanie Clément et Mélodie Vaugarny (-48 kg) ne dépassèrent le deuxième tour, tout comme Romane Dicko (+78 kg) de retour après une longue absence des suites d’une blessure.

Plus de réussite pour Julia Tolofua (+78 kg) et Audrey Tcheuméo (-78kg) qui terminent néanmoins cinquième ce dimanche, la seconde devant s’incliner devant sa compatriote Fanny-Estelle Posvite dans le combat pour le bronze.

Les japonaises reçues 6/7

Même si la statistique est un peu biaisée du fait de l’absence d’une équipe de France au complet ou de têtes de séries fortes comme la kosovare Kelmendi ou la slovaque Trstenjak, les japonaises n’ont rien laissé aux autres combattantes.

Le drapeau rouge et blanc aura été vu 18 fois au-dessus des judokates récompensées parmi les 28 médaillées, et seule Amandine Buchard aura réussi à se faire une place tout en haut de la boite malgré la présence de références comme Idalys Ortiz (+78 kg) ou Kim Polling (-70 kg).

Ju-Do : voie de la souplesse

© Mayorova Marina

On peut aussi noter…

La finale acharnée dans la catégorie des -66 kg, opposant Hifume Abe à Joshiro Maruyama. Le premier, 22 ans, est champion du monde 2017 et 2018. Le second, 26 ans, est champion du monde 2019 et restait sur deux victoires consécutives face à son compatriote avant de s’incliner ce weekend. Il faudra donc attendre les prochains rendez-vous, les Grand Slam de Paris et Düsseldorf notamment, avant celui de Tokyo qui a pour habitude de fixer les sélections, pour connaitre celui qui remportera son ticket.

Chez les -73 kg, il n’y aura normalement pas de surprise en juillet prochain. Le représentant japonais devrait être Shohei Ono, champion du Monde et champion Olympique en titre, absent à Osaka pour une blessure au doigt.

Mais son absence aura permis de voir le n°2 de la catégorie, Soichi Hashimoto (champion du monde 2017 et vice-champion en 2018) se faire piéger au sol après 9 minutes de finale par celui qui apparait comme le n°3 japonais, Masashi Ebinuma (triple champion du monde et médaillé olympique en -66 kg). Un choix de riche on vous dit.

Enfin, on pourra également retenir de cette compétition la victoire Takanori Nagase (-81 kg), champion du monde 2015 et en bronze à Rio en 2016, sur le retour après une rupture des ligaments croisés. Invaincu lors de ses dernières sorties (sur des tournois parfois plus modestes), il lui faudra enchainer sur les grosses échéances pour faire oublier son concurrent Fujiwara, vice-champion du monde en 2018, et revivre l’aventure olympique.

Vue de l’extérieur, cette ultra domination japonaise peut prêter à sourire. On s’amuse du « choix de riche » que peut avoir le sélectionneur national pour décider qui ira ou pas tenter de décrocher l’or olympique à domicile l’été prochain.

Mais vue de l’intérieur, s’il est vrai que dans certaines catégories le sort semble être scellé pour certain(e)s sauf blessure malheureuse, la tâche sera bien plus compliquée et l’issue fera des déçus.

 

Photo Une : © Mayorova Marina

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