Grande Rougadore #11 : Jason Denayer, Jason déroule (o)

Il aura fallu attendre le onzième épisode, mais voilà enfin notre premier défenseur dans cette chronique. Il avait pourtant de la concurrence ce week-end. Entre Nicolas Pépé, buteur puis passeur face à Nice et toujours aussi irrésistible, Mathieu Cafaro, double passeur décisif face à l’OM, Aleksandr Golovin, enfin au niveau auquel on l’attendait depuis cet été, et Jason Denayer, vous avez opté pour le Belge, et c’est toujours un bon choix.

Le match: solidité et sauvetage sur la ligne

Le film du match : 

 Le début de la soirée donne vite le ton : la vitesse des Parisiens risque de poser beaucoup de soucis à l’arrière-garde lyonnaise, et il ne faudra pas beaucoup d’erreurs pour que Paris ouvre la marque. Deux, en réalité. La première arrive après 45 secondes de jeu seulement, sur un long ballon de Marquinhos, Marcelo manque sa tête et lance en profondeur Kylian M’Bappé. L’ailier droit bute sur Anthony Lopes, alors que le défenseur brésilien a déjà 35m de retard sur l’action et que Denayer tente vainement de réparer l’erreur d’appréciation de son compère. La seconde est fatale, Aouar perd le ballon au milieu de terrain, et Di Maria, décalé par Draxler, ne se fait pas prier. Puis l’OL rentre peu à peu dans son match. Les Gones gardent bien le ballon, se créé des occasions et la sentinelle Belge n’a pas grand-chose à se mettre sous la dent.
Mais à la 43e, alors que son équipe était revenue à 1-1, Denayer sauve les siens et se mue en dernier rempart sur une frappe enroulée de Di Maria. D’une tête plongeante, il permet à son équipe de rentrer aux vestiaires avec un nul.
Comme prévu, Paris revient avec d’autres intentions en seconde période, mais c’est Vendredi 13 pour l’attaque parisienne, avec dans le rôle-titre, un Jason intraitable, il est vrai, bien aidé quelques fois par son gardien.

Denayer, parfois seul au monde

Le contraste est (malheureusement) de plus en plus saisissant entre les deux titulaires de la charnière centrale lyonnaise. Quand Marcelo semble à chaque match plus lent et plus empoté, Jason Denayer, préfère se révéler comme un défenseur polyvalent, solide, et doté d’un très bon sens du placement, comme en témoigne ses multiples interventions désespérées. Car le bougre n’en est plus à son coup d’essai, depuis quelques semaines il offre presque à chaque rencontre un geste acrobatique pour sauver les siens. Pas vraiment rassurant pour la défense lyonnaise dans son ensemble, mais très efficace pour mettre en lumière le jeune Belge. Sans compter que Denayer est tout aussi décisif devant, avec un ratio impressionnant : deux buts marqués, six points pris pour son équipe. Deux têtes rageuses face à Saint-Etienne fin novembre, puis Amiens, dimanche dernier, qui ont accouché de deux victoires (1-0).
En grande difficulté lors du match aller face à Kylian M’Bappé, le défenseur de 23 ans aura cette fois réussi à contenir l’infernal ailier.

Arrivé cet été pour 5M€ avec l’étiquette du « défenseur international » promis par JMA (malgré le fait qu’il n’ait plus porté le maillot des Diables rouges depuis l’Euro 2016, et l’élimination face aux Gallois (1-3) ), Denayer a d’abord fait les frais de la déception du public qui attendait un nom ronflant. Ils n’auront peut-être pas perdu au change. Surtout s’ils regardent du côté de l’autre olympique, qui est bien placé pour montrer que recruter un défenseur central international et prometteur ne règle pas tout.

Crédit photo : A. Martin/L’Equipe

A propos de l'auteur

Diplômé ESJ Paris, journaliste foot, passé par le Paris Normandie. L'important n'est pas d'avoir raison, mais de l'argumenter. Rabiot est surcôté

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