Interview : Benjamin Da Cunha, un boxeur pas comme les autres

Benjamin Da Cunha est un boxeur professionnel originaire de Mantes-la-Jolie. Il quitte l’Île-de-France pour la Californie afin de vivre son rêve américain. Ce jeune homme de 26 ans est un boxeur atypique, il ne rêve pas de combattre les plus grands boxeurs, mais plutôt de faire du cinéma. Nous le découvrons au fil de cette très intéressante interview, qui nous montre une tout autre facette des boxeurs.

 

Bonjour Benjamin, peux-tu te présenter aux lecteurs de We Sport ?

Bonjour, je m’appelle Benjamin Seara Da Cunha, j’ai 26 ans et je suis boxeur professionnel. J’ai commencé la boxe vers mes 18 ans et je suis passé pro à 23 ans. Pour ce qui est de mon parcours scolaire, j’ai eu mon bac et je me suis arrêté là. Comme l’a dit Rick Sanchez “l’école ce n’est pas un endroit pour les gens intelligents”.

 

Tu es très présent sur Instagram, est-ce un moyen pour toi de gagner en notoriété ?

Comme l’a dit @jkitoubilel ; “Si tu ne montres pas ton travail, c’est comme si tu n’avais pas travaillé. Même en faisant le meilleur travail du monde, il faut le montrer pour le faire exister“. Mais Instagram c’est surtout pour entrer en contact avec certaines personnes, ça m’a permis d’avoir pas mal de sponsors et plus récemment de parler avec des promoteurs potentiels.

 

Es-tu passionné de boxe depuis toujours ou tu as pu tester d’autres sports ?

Passionné c’est un bien grand mot, plus le temps passe moins ça m’éclate. Non, je ne suis bon à rien je sais juste me battre, j’ai fait un peu de kick et de judo plus jeune, mais ça ne m’amusait pas plus que ça. Je n’ai jamais rêvé d’être boxeur pro, je fais juste de mon mieux là où je me trouve. Voilà où ça m’a mené.

 

Qu’est ce qui t’as poussé à faire de la boxe ?

Pour la même raison qui a poussé Goku a rejoindre Tortue Géniale… Je voulais devenir plus fort.

 

Autre que le sport, étais-tu doué dans une discipline ?

Je dessine très bien, mais je m’en suis lassé. J’aime à penser que je suis doué pour le cinéma, mais à force de le dire il va falloir que je m’y mette…

 

Tu es originaire de Mantes-la-Jolie, pourquoi as-tu décidé de partir pour les Etats-Unis ?

Mantes-la-Jolie ça ne fait rêver personne, tout ceux qui y habitent rêvent de quitter cette ville, mais il ne suffit pas de le dire encore faut-il le faire.

 

Quelle différence significative y a t-il avec la France ?

Pour ce qui est de la boxe, ils ont des années d’avance. Le haut niveau, c’est là-bas.

 

Envisages-tu un retour en France ? Ou au Portugal ?

Je me laisse porter par le vent, j’irais là où il y a quelque chose pour moi.

 

Peux-tu nous donner une de tes journées type en période de préparation ?

Alors à neuf heures je commence par un footing de cinq kilomètres, puis deux heures de préparation physique. A midi je déjeune. Je ne mange pas de produit animal pour tout un tas de raisons, je me sens mieux physiquement sans, et il y a tellement d’alternatives de nos jours que ce n’est pas nécessaire, c’est juste de la gourmandise. Après manger, je fais une sieste. Puis à seize heures je commence l’entraînement de boxe. Il se constitue de 5 rounds de corde à sauter, 5 rounds de shadow, 5 rounds de pad work, 5 rounds de heavy bag, 5 rounds de speed bag, 5 rounds de speed ball. Et enfin, si c’est jour de sparring on rajoute quelques rounds de sparring à tout ça.

Pour résumer : TRAIN, EAT, SLEEP, REPEAT.

 

Tu as aussi boxé au Mexique, quel style boxe les Mexicains ont ? Se rapprochent-ils de ton style de boxe ?

Le Mexican style, c’est la marche avant, on ne recule pas et on frappe jusqu’à ce que l’un des deux tombe. Ça ressemble assez à ce que je fais.

 

As-tu toujours boxé en anglaise ?

J’ai fait de la kick plus jeune, mais je trouvais ça trop lent, trop de temps morts entre les enchaînements, ça m’ennuyait.

 

Comment définirais-tu ta boxe ?

J’essaie de m’inspirer de Vasyl Lomachenko, mais ça ressemble plus à Marcos Maidana.

 

Parles nous de ton dernier combat ?

J’ai boxé à Tijuana au Mexique, grosse soirée organisée par Jibaros Promotions, une vingtaine de combats professionnels. J’avais le combat final donc j’ai passé pas mal de temps dans les vestiaires et je déteste attendre. Je boxais un adversaire expérimenté qui avait une bonne frappe, mais pas assez bon techniquement pour m’inquiéter. Je me suis laissé surprendre au premier round. Ca arrive quand je sous-estime trop mon adversaire, j’ai besoin de boxer des bons pour rester focus. Néanmoins, j’étais toujours confiant au deuxième, j’ai commencé à le toucher très durement au foie et au menton. Il a fini le round difficilement et n’a pas voulu reprendre pour le troisième. J’ai quitté le ring frustré et avec une migraine due aux coups pris au premier round.

 

As-tu un enchainement fétiche ?

J’ai pas mal d’enchaînements que j’apprécie, mais mon cross du droit suivi d’un uppercut au foie en a fait tomber plus d’un.

 

Quel genre de boxeur tu es ?

J’adore en faire des tonnes, il faut rendre le spectacle intéressant sinon ça sert à rien. Il faut que le public ait envie de regarder sinon autant boxer à huit clos. Par exemple, un gars comme Adrien Broner ça m’éclate, lui c’est un vrai showman.

 

Contre quel boxeur de ta catégorie rêverais-tu de combattre ? Pourquoi ?

Je ne rêve d’affronter personne en particulier, c’est le lieu qui est important. J’ai boxé en
Île-de-France, à Indio en Californie, à Tijuana au Mexique maintenant pourquoi pas Vegas, New-York ou encore le Japon.

 

As-tu déjà envisagé de faire les JO ?

Le Cap-Vert et le Portugal m’ont proposé de faire ceux de 2020 avec eux, beaucoup de blabla mais peu d’actes au final. J’ai continué ma route.

 

As-tu déjà le nom d’un prochain adversaire ?

Un nom, non. Mais je suis en discussion avec de gros promoteurs en ce moment. A voir si on signe quelque chose d’intéressant.

 

Que peut-on te souhaiter pour l’avenir ?

Que j’arrête la boxe et que je devienne acteur à Hollywood.

 

Merci Benjamin pour cette interview, nous te souhaitons encore de nombreuses victoires… et pourquoi pas un Oscar.

 

 

 

A propos de l'auteur

Passionnée de sport en tout genre, mais une légère préférence pour celui qui se joue à 11 contre 11. Directe et droite, c'est pas de la boxe mais ma ligne éditoriale.

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