J20 – GP d’Allemagne 1957 – Le Maestro Fangio en démonstration

0
France 1982 quadruplé français
Ligue 1

Pendant 30 jours, la rédaction F1 va vous proposer une rétrospective sur un Grand Prix particulier. Que ce soit un GP des années 70 ou tout récent, toutes les générations vont y passer, avec un prisme différent à chaque fois. Des joies, des larmes, des tragédies, des intempéries … de nombreux événements ont marqué le monde de la F1 jusque là. Il y a des courses qu’il ne faut pas oublier de sitôt, et la démonstration de pilotage de Fangio, sur le terrible Ring, montre combien il pouvait être au dessus de la concurrence.

A l’intitulé de ce jour, forcément beaucoup de courses me viennent en tête. Surtout ces dernières années. Ça ne manque pas. Des pilotes qui ont sur dominé une épreuves sont légions. Alonso à Singapour en 2010. Vettel en Inde en 2013. Hamilton à Abou Dhabi 2016… Ce ne sont que des exemples, et il en existe tant sur ces dix dernières années qu’un choix serait très facile à mon goût. Trop même! Je pourrais aussi parler de certaines victoires de  Schumacher ou de Senna. Mais on sait tous combien ils ont été géniaux par moment.

Mais un choix me parait évident à mes yeux. Pour beaucoup elle restera méconnue. Elle sera peut-être même oubliée. Mais faut-il que le premier monstre de la F1 soit oublié? Pas pour moi! C’est pourquoi j’ai choisi de me pencher sur le cas du GP d’Allemagne 1957. Sur cette victoire que le Maestro Juan Manuel Fangio est allé chercher en pilotant plus “qu’au delà de la limite”, selon ses propres dires.

Le tracé du Nürburgring en 1957 – Crédit image: statsf1.com

Qualifications : Fangio déjà seul au monde

En arrivant sur le Nürburgring, Fangio est solide leader du championnat. Avec 3 victoires en 4 participations (sur 5 épreuves, les 500 Miles d’Indianapolis faisant partie intégrante du championnat de F1 à l’époque). Il possède 12 points d’avance sur Luigi Musso. Une victoire sur l’Enfer Vert lui permettrait d’enlever sa 5e couronne mondiale. Et la démonstration continue! Il explose en qualification son record du tour datant de la saison précédente de plus de 15s! Il relègue Hawthorn à 3 secondes de lui, Moss à 15s et Musso à 18s.

La grille du GP d’Allemagne 1957 – Crédit image: statsf1.com

Mais le Maestro n’est pas serin sur la longévité de ses Pirelli. Maserati décide donc de faire un changement de pneus à mi parcours, ils en profiteront pour refaire aussi le plein d’essence. A l’inverse, Ferrari est satisfaite de la tenue de ses pneus Englebert. Hawthorn et Collins ne s’arrêteront pas. Fangio le sait, il se prépare donc à une course d’attaque.

La course

Le départ: Fangio commence doucement

Près de 100000 spectateurs s’étaient amassés autour des 22 km du tracé pour assister à cette course. Au signal du départ les pilotes s’élancent pour les 22 tours. Fangio commence la course en prenant soin de bien faire chauffer ses gommes. Du coup les Ferrari de Hawthorn et de Collins lui passent rapidement devant. On doit attendre le 3e tour avant que l’argentin ne se décide de hausser le rythme et de passer devant.

Tout de suite, Fangio abaisse tour après tour le record du tour. Le but est simple: se constituer un matelas de 30s d’avance pour repartir au niveau des Ferrari après l’arrêt. Et c’est ce que fait l’Argentin. Hawthorn et Collins sont bien conscients que l’argentin va devoir s’arrêter et que eux non. Du coup il le laisse s’échapper. Au 10e tour, l’objectif est atteint pour Fangio. A la fin du 11e tour il s’arrêtera donc.

Le calme plat de Fangio

Mais son arrêt ne se passe pas comme prévu. Et là où il aurait du perdre 30 secondes, il perd en fait près d’une minute et demi! Pourtant, l’argentin reste calme. Il descend de la voiture, s’hydrate, discute avec son chef mécanicien, Bertocchi. Le contraste est flagrant. La panique qui s’empare des mécaniciens, contre le calme plat du pilote.

L’arrêt désastreux de Fangio – Crédit image: Wikipedia

Il repart avec 53 secondes de retard sur Hawthorn. Chez Ferrari, on reste prudent et on demande aux deux pilotes de maintenir le rythme. Pourtant personne ne croit à un réel retour de l’argentin. Surtout que son rythme est assez lent. Après son arrêt, il ne reprend pas de temps aux deux pilotes anglais jusqu’au 15e tour.

Le coup de bluff et l’attaque du Maestro

Lorsqu’il finit sa 15e boucle, on brandit un panneau à Hawthorn. Ce dernier disait “+48 – Slow”. Le problème: ce n’est pas vrai. En effet, Fangio s’est remis à l’attaque pour ce 15e tour. Sa discussion avec son chef mécanicien n’était pas anodine. Il lui a demandé de bluffer Ferrari, en ménageant ses pneus et en faisant croire qu’il avait un problème. Et que la victoire n’était plus un objectif.

Fangio a donc appliqué le plan à la lettre. Et maintenant il attaque. et reprend du temps tour après tour, abaissant la marque du meilleur tour à chaque fois. Au 17e tour il reprend 12 secondes aux Ferrari, qui réagissent, mais trop tard. Et Fangio continue… Inlassablement. Il explose le record de la piste en course au 20e tour en 9’17″4 (à plus de 147,3 km/h de moyenne)! Un record qui ne sera abaissé que 10 ans plus tard par Jim Clark.

Revenu à deux boucles du but derrière Collins, il déboîte l’anglais à l’épingle de la sortie des stands… Sans pour autant que l’anglais se laisse faire. Mais des graviers projetés par la Maserati de Fangio ont cassé ses verres. Collins décide de sécuriser la 3e place. Fangio se lance à la poursuite de Hathorwn qu’il déboîte dans ce même tour. Le jeune anglais reste dans le sillage de la Maserarti, espérant porter une attaque. En vain…

Collins, Fangio et Hawthorn sur le poduim – crédit image: Wikipedia

Fangio passe la ligne en vainqueur, après une course de plus de 3h30! La plus belle de ses 24 victoires en carrière. La dernière aussi. Celle qui sellera son 5e titre. Une course qui montre combien il était le plus grand à son époque.

Sport en directMercato Football

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here