J28 – Grand Prix d’Italie 1971 : L’arrivée la plus serrée de l’histoire

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Ligue 1

Pendant 30 jours, la rédaction F1 va vous proposer une rétrospective sur un Grand Prix particulier. Que ce soit un GP des années 70 ou tout récent, toutes les générations vont y passer, avec un prisme différent à chaque fois. Des joies, des larmes, des tragédies, des intempéries … de nombreux événements ont marqué le monde de la F1 jusque là. Aujourd’hui direction l’Italie et Monza où eut lieu en 1971 l’arrivée la plus serrée de l’histoire : seulement six dixièmes entre le premier et le cinquième sur la ligne. Installez-vous, attachez-vos ceintures et revivez l’épreuve lombarde comme si vous y étiez.

Contexte pré Grand Prix d’Italie 1971

Circuit de Monza en 1971

Le paddock arrive à Monza dans le pays de Ferrari pour y retrouver le temple de la vitesse. Les rouges, justement, traversent une crise : aucune victoire depuis quatre courses et la victoire de Jacky Ickx à Zandvoort. Avec 19 points de retard sur Tyrell, ils devraient laisser filer le titre constructeur aux dépens de l’écurie britannique. Toujours chez la firme italienne, Enzo Ferrari n’hésitent pas à critiquer les pneus de Firestone et menace de ne pas participer au Grand Prix d’Italie. Si cette menace n’est pas exercée, les 312 B2 sont très faibles et Jacky Ickx préfère se rabattre sur la 312 B1 de 1970. Regazzoni garde lui la B2 mais son moteur est changé, moteur qu’il cassera en séance d’essais. Les ingénieurs Ferrari ont installé un nouvel aileron pour la B1 de Ickx et la B2 de Regazzoni.

Côté titre pilote, Jackie Stewart arrive en tant que récent champion du Monde, son deuxième après 1969. Ce Grand prix marque le premier anniversaire de la mort de l’autrichien Jochen Rindt, décédé dans la parabolique de 1970. Trois autres points à savoir : McLaren n’alignera qu’une monoplace, celle d’Oliver, car celle de Hulme est en événement hors Mondial Formule 1, Matra fait son retour après son impasse sur le GP d’Autriche et Jean-Pierre Jarier débute en Formule 1.

Qualifications

Grille de départ du Grand Prix d’Italie 1971

Lors des qualifications, le moteur Matra V12 est imbattable et Chris Amon empoche la pôle position avec un temps de 1’22″40. La Ferrari de Jacky Ickx signe le second temps à 0″42 de la Matra. Suivent Siffert et Ganley sur BRM à 0″63 et 0″75. Cevert, Peterson, Stewart, Regazzoni, Schenken et Pescarolo complètent le TOP 10.

Déroulé de la course

Sous un temps sec et un soleil estival, le starter baisse le drapeau alors que toutes les voitures ne sont pas immobilisées. Regazzoni en profite pour voler le départ et prendre la tête mais il se loupera dans la Curva Biassono. Siffert prend alors la tête mais quelques virages plus loin, Regazzoni fait les freins sur un Siffert qui ne peut pas défendre : le suisse est en tête à domicile ! Stewart, Ganley, Peterson, Ickx, Pescarolo, Amon, Gethin et Cevert complètent eux ce TOP 10 temporaire. Si dans la ligne droite Siffert tente de doubler la Ferrari, le suisse conserve l’avantage tandis que Peterson double pour sa part Ganley puis Stewart. Les Ferrari sont en feu car Ickx double Ganley pour la 5e position. Nous sommes alors au quatrième tour et le peloton est très compact. Le premier abandon survient alors avec le retrait de John Surtees.

Jarier casse sa pédale d’embrayage, mais son équipe parvient à la réparer et le français peut repartir. Au 6ème tour, Regazzoni double Siffert tandis que Cevert dépasse Ickx. Stewart dépasse Peterson deux tours plus tard dans la parabolique et prend la tête. Puis, au 9ème tour, Regazzoni double Peterson et Stewart. Peterson double à son tour Stewart peu après, et le trio de tête est alors composé de Regazzoni, Peterson et Stewart. François Cevert est incontrôlable et Siffert ainsi que Stewart font les frais du jeune français. Le tricolore est en pleine bourre et double Peterson pour s’emparer de la tête du Grand Prix d’Italie 1971. Du côté de Ferrari, Ickx voit un joint d’amortissement se briser. Il doit rentrer aux stands puis sera contraint à l’abandon au tour suivant. Au cours du même tour, le double champion du Monde Stewart doit lui aussi abandonner car son moteur n’est plus en état.

Cevert doit pour sa part céder la tête à Peterson qui l’attaque dans la parabolique. Nous sommes dans le 18ème tour et les tifosi pleurent leurs voitures. En effet, Regazzoni subit le même problème que son équipier et doit abandonner. Par la suite, au 23ème tour, Cevert double Peterson et les positions s’échangent au tour suivant. Deux tours plus tard, Hailwood prend la tête pour la première fois depuis six ans. La boucle suivante, remonté comme un cocu, le suédois Peterson double Siffert, Cevert puis Hailwood pour reprendre la tête. Les changements de leaders continuent et cette fois-ci c’est Siffert qui prend le lead après avoir doublé Peterson, Cevert et Hailwood. À la mi-course, le classement est le suivant : Siffert devance Peterson (0″2), Cevert (0″2), Hailwood (0″5), Amon (0″8), Ganley (1″3), Gethin (7″4), Oliver (19″8) et Hill (35″7).

En l’espace de quatre tours, Siffert est bloqué en quatrième suite à un problème de boîte de vitesse tandis que Cevert puis Peterson et de nouveau Cevert prennent la tête de l’épreuve. Après les deux-tiers de la course, le poleman Amon prend la tête après avoir doublé Peterson, Hailwood et Cevert. Henri Pescarolo doit pour sa part abandonner après 41 boucles suite à une cassure de sa suspension. Mésaventure également pour Chris Amon, alors en tête, qui voulut enlever un tire-off suite à de l’huile sur ce dernier mais fit une fausse manœuvre et enleva son casque pour se retrouver casque nu ! Contraint de lever le pied, il fut distancé et ne put viser la victoire. Suite à une nouvelle boîte de vitesse défectueuse, Graham Hill, champion du Monde 1962 et 1968, dut lui aussi abandonner.

Quatre derniers tours de folies !

Grand Prix Italie 1971
la BRM de Gethin

Dans le 52è tour, Gethin passe Peterson avant que le suédois ne le double dans Lesmo. Sur la ligne, Gethin reprend l’avantage. Lors de la boucle suivante, Peterson redouble Gethin dans la Curva Biassono. Dans la parabolique, la BRM du britannique reprend l’avantage. Cevert reprend lui la position d’Hailwood. Dans l’avant dernier tour, Gethin, Peterson et Cevert sont au coude à coude. Dans la première curva, Cevert passe Peterson pour prendre la tête. Quatre virage plus loin, le suédois reprend son bien tandis que Gethin observe la situation.

Grand Prix Italie 1971
Arrivée du Grand Prix d’Italie 1971

Il reste alors 5.750 km à parcourir. Cevert passe Peterson dans la ligne droite des stands tandis que Gethin passe Hailwood. Dans les derniers mètres, Cevert laisse passer Peterson par l’intérieur pour bénéficier de l’aspiration, mais Gethin fait le dive-bomb et passe! Incroyable, cinq pilotes se tiennent en une seconde. Peterson qui prend la parabolique trop à l’extérieur se fait doubler par les pilotes BRM. Le jeu de l’aspiration est en marche mais c’est trop tard. Gethin s’impose sur sa BRM pour un centième de seconde d’avance sur la March-Ford de Peterson! Cevert, Hailwood et Ganley suivent à 0″09, 0″18 et 0″61. Six dixièmes entre le premier et le cinquième, c’est l’arrivée la plus serrée de l’histoire de la Formule 1. Via les abandons des Ferrari, Tyrell remporte le titre constructeur à l’issu de la course.

Le paddock quitte le Grand Prix d’Italie 1971 avec une arrivée mythique ainsi que les deux titres joués. Les manches de Mosport et Watkins Glen n’auront ensuite pas de rôles majeurs. 

Pour revivre le GP des Etats-Unis 2005, ça se passe ici

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