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Jacques Alingue : “Désormais, la JDA est reconnue en France et en Europe”

Rentré au bercail à l’intersaison, Jacques Alingue, qui n’a pas caché ses ambitions en Jeep Elite mais également en Ligue des Champions, s’est livré à WeSport. Blessé, puis stoppé comme tous les basketteurs, par le Covid, l’ancien Manceau veut retrouver de la stabilité, avant de viser haut. 

WeSport: Bonjour Jacques, merci d’avoir accepté cette Interview pour Wesport.

Tout d’abord, comment vas-tu dans cette période compliqué ?

Jacques Alingue : Moi personnellement ça va bien merci. C’est vrai que la situation actuelle est très étrange, il faut faire attention à tout ce qu’on fait. Le contexte n’est pas favorable à la pratique du sport, avec le huis clos par exemple. Je ne pense pas qu’un seul joueur aime ces ambiances là. Malgré tout, le plus important reste la santé. Basketement parlant, bien qu’on ai connu nos deux première défaites, l’équipe se porte plutôt bien jusqu’à présent.

WS: Tu es revenu à Dijon à l’intersaison, ta maison (il y a passé 4 ans de 2014 à 2018). Pourquoi être revenu aussi vite si je puis me permettre à Dijon alors que tu revenais en forme au Mans ? Est-ce une volonté de ta part, du club du Mans, un intérêt appuyé de Dijon ?

JA: Un vrai intérêt de Dijon. Le coach (Laurent Legname) que je connais très bien m’a exposé le projet, de faire une équipe avec un fort accent francophone. J’étais un petit peu sceptique au début, je ne voulais pas nécessairement bouger. Il me restait un an de contrat au Mans, Dijon m’en proposait deux. Et avec le contexte actuel, plus le fait que je revenait dans un environnement familier et que je sait stable, c’était vraiment un plus. Le fait de jouer la coupe d’Europe a également été un facteur déterminant pour mon retour.

Jacques Alingue sous les couleurs du Mans (LNB)

WS: Tu évoquait la stabilité, c’est vrai qu’il y a une continuité assez rare à Dijon, tu y as passé 4 ans avant de revenir, Julien, Holston et Loum était déjà là avant ton départ, Chassang s’est installé. Comment explique-tu cette stabilité qui fait tant défaut à d’autre club de Jeep Elite ?

JA: C’est une très bonne question. C’est vrai que de premier abord, le coach peut sembler un peu sanguin et un peu fou, mais il a installé un vrai climat de confiance avec les joueurs et ça aide beaucoup. Les joueurs se sentent responsabilisés, et il n’y a pas d’injustices. Même si on a pas le plus gros budget, le club est accueillant, chaleureux. Le cadre de vie est pas mal comparé à d’autres clubs. Ce sont tous ces éléments qui font que les joueurs, quand il arrive, se retrouvent dans un environnement qui favorise leur progression. Ça joue énormément

WS: Tu as signé pour au moins 2 ans. Cette stabilité peut t’inciter à te réinscrire dans la durée avec la JDA ?

JA: Oui bien sur, c’est un club où je me sens extrêmement bien, je connais la ville. Quand j’ai une opportunité de m’inscrire dans la durée, je n’hésite pas. C’est clair et net.

WS: Lors de ton départ, tu réalisais la meilleure saison de ta carrière, tu étais même le numéro 1 de la ligue en interceptions et parmi les 4 meilleurs contreurs. As-tu eu l’impression qu’un départ était indispensable pour grandir encore ?

JA: Exactement. J’avais fait une bonne saison, j’avais des propositions en adéquation avec mes ambitions personnelles. Quand je suis parti de Dijon, on était 5ème, et je voulais aller dans un club où j’étais sur de pouvoir jouer le titre. A cette époque, Dijon n’avait pas encore la « carrure » pour prétendre au top 3. C’est vrai que j’ai saisis l’opportunité de partir parce que j’avais l’impression d’avoir fait le tour de la question. Au final, avec ce qu’il s’est passé, Dijon a évolué et Laurent m’a appelé, c’est pour ça que j’ai trouvé pertinent de rentrer et pouvoir jouer le titre avec Dijon.

WS: Tu as été arrêté un an suite à deux blessures au tendon d’Achille, et à peine revenu, Covid ! Tu as dû vous dire que tu n’étais pas veinard ? Comment as-tu vécu ces arrêts à répétition ?

JA: C’est exactement ça. Après je mets ça sur le compte à pas de chance. Ce sont des éléments que je peux pas contrôler. C’est vrai que la saison dernière je commençais à monter en régime. Malheureusement avec le Covid la saison s’est stoppée. La reprise pour moi a été d’autant plus difficile pour moi car ça a fait une grande coupure. Ce sont des facteurs que je ne maîtrise pas, moi je me suis concentré sur ce que je pouvais maîtriser,c’est à dire rester en forme et revenir cette année et faire la meilleure saison possible.

WS: Tu me parlais de la forme, justement comment arrives-tu à te maintenir en forme avec le manque de match (3 en un mois et demi) ? Comment gère-tu ton quotidien dans cette période spéciale ?

JA: C’est compliqué parce que le rythme match est totalement différent du rythme entraînement. Les coachs nous poussent à nous entraîner durement, avec des séances intenses, bien que cela ne soit pas pareil que l’intensité des matchs. Mais ça permet de garder un certain rythme. Après, quand on regarde le calendrier, on n’est pas les plus à plaindre de la Jeep Elite. Nous on a la coupe d’Europe, et on a pu jouer un petit peu en championnat. Quand je vois mes ex-coéquipiers du Mans qui ont joué leur premier match en deux mois il y a 3 jours (mettre la date), je me dis qu’on a plus de « chance » malgré tout dans cette période particulière. Après, c’est à nous de nous adapter et de rester à l’affût pour être le plus proche possible de la réalité match.

WS: On a l’impression qu’avec ces rencontres espacées, chaque match est encore plus important. Est-ce que tu le ressens, par exemple comme lors du match contre Cholet (perdu par la JDA), où chaque équipe joue plus motivée que jamais ?

JA: Oui c’est vrai qu’on peut sentir un peu de ça, parce que personne ne sait comment la saison va se terminer. On ne sait pas s’il y aura des playoffs, si on va finir la saison, on a aucune certitude. C’est pour ça que chaque match est déterminant, parce que les clubs ne savent pas ce que va décider la ligue à la fin de saison. C’est pour cela que toutes les victoires sont capitales. Avec le manque de rythme, l’aspect mental va être important et chaque match déterminant. Il va falloir engranger le plus de victoires possible rapidement.

Photo: BienPublic

WS: C’est d’autant plus dommageable puis qu’en Jeep Elite, le début de saison est presque parfait pour la JDA. Vous attendiez-vous à un départ aussi satisfaisant ?

JA: Honnêtement, je ne me suis pas réellement projeter sur nos résultats. Au début, j’étais surtout focus sur « enchaîner les victoires ». Avec les résultats des dernières années, la JDA n’est plus une équipe surprise. A l’époque quand je jouais, on était encore le petit poucet, le poil à gratter de la Jeep Elite. Dijon est désormais reconnu, en France mais aussi au niveau Européen, avec les résultats récent en Champions League. Je n’avais pas vraiment fait de prévision, même si on ambitionnait le top 5 du championnat. Et même si on a travaillé là-dessus, la projection, ce n’est pas vraiment mon truc. Moi je me concentre à prendre les matchs les uns après les autres et le reste, je laisse le reste au coach.

WS: Tu l’as dis, la JDA ne cesse de progresser. 5ème et en playoffs l’année de ton départ, 3ème et demie finaliste il y a 2 ans, à égalité avec l’ASVEL et Monaco en tête l’année derrière à l’arrêt de la saison. . Comment ressens-tu cette progression, toi au sein du club, au niveau sportif ?

JA: Je veux vraiment mettre en avant les coachs, qui travaillent énormément pour façonner la meilleure équipe possible. Les joueurs qui signent à Dijon savent que ça ne va pas être des vacances, le coach est assez exigent, il travail beaucoup. Donc forcément, beaucoup de joueurs progressent à ses cotés, et lui progresse aussi, en apprenant de ses erreurs comme tout le monde. On avance donc tous dans une même direction en adérant au projet. Ca permet à la JDA de progresser d’année en année. Les nouveaux venants aussi ont une pression. Quand je suis arrivé par exemple, on était 5ème donc quand on signe, on veut forcément faire mieux, pour ne pas se dire qu’on a fait partie de l’équipe qui a regressé. On se doit de se donner à fond pour essayer de faire perdurer cette progression.

WS: Pour le championnat ça se passe bien, mais que dire de la BCL. Est-ce que la 3ème place obtenue sur la saison précédente donne encore plus d’ambition ?

JA: Je pense que les ambitions elles étaient déjà là. Pour moi, ce n’est pas nécessairement cette 3ème place qui nous a donné cette ambition. Mais ça a forcément aidé, par exemple en début de saison en participant à un tournoi relevé avec de très belles équipes. Ça nous a permis de prendre une longueur d’avance sur les autres, notamment physiquement. Mais c’est clair que de toute façon, les ambitions sont là à Dijon. L’appétit vient en mangeant et on a toujours envie de faire mieux. Cette 3ème place c’est bien, mais on veut faire encore plus.

WS: Vous comptez 3 victoires en 3 matchs, dont deux après prolongations. Est-ce que tu penses que le fait d’avoir fait un beau parcours lors de la précédente édition a forgé un caractère de « champions » à ce groupe ?

JA: Je ne sais pas si ce sont les derniers matchs qui ont forgé un caractère de champion à certains. Je pense que dans notre équipe, chacun à son caractère. On a des leaders depuis un certain temps. Je pense notamment à Axel (Julien) et David (Holston) qui sont les fers de lance depuis plusieurs années maintenant et qui arrivent à élever leur niveau de jeu. Ça nous a permis de sortir de plusieurs matchs pièges. C’est avec cet état d’esprit et la combativité des joueurs qui a fait qu’on a gagné des matchs après prolongation. Et j’espère que ça continuera.

WS: Pour terminer, que peut-on te souhaiter en cette fin d’année 2020 ?

JA: La santé, clairement. A titre personnel, j’ai connu de graves blessures ces dernières années, j’espère que j’ai épuisé mon quota. Nous (les sportifs) nous faisons un peu moins attention car cela nous touche moins et nous continuons d’être focus sur notre métier mais la santé reste le plus important.Le reste nous irons le chercher nous même avec le travail et avec la persévérance.

Merci pour ce bon moment, Jacques Alingue !

Crédit photo: BienPublic

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