Jeep Elite: Youssou Ndoye, Calife à la place du Calife?




Actuellement 8ème de Jeep Elite, la JL Bourg vit des heures heureuses. Après être passé tout proche de disputer les playoffs pour la 1ère fois de son histoire la saison dernière, le club Bressan veut laver l’affront cette année. Et pour l’instant, c’est plutôt bien parti. Sous l’impulsion de son MVP Zachery Peacock, la JL est à l’heure actuelle playoffable, et entend bien le rester. Avec 18.6pts et 5.1rbds par match, l’intérieur Américain reste l’arme numéro un de son club. Mais cette saison, un joueur a véritablement explosé, au point d’en faire un deuxième atout offensif majeur : Youssou Ndoye, meilleur rebondeur du championnat devant Youssoupha Fall s’il vous plaît, meilleur contreur et meilleur évaluation de Jeep Elite, en course à son tour pour décrocher le titre de meilleur joueur de la saison. De quoi enfin atteindre la post-season?

 

Ndoye, basketteur par défaut

Dès son plus jeune âge,Youssou Ndoye ne rêvait que d’une chose. Et non, ce n’est pas celle que vous croyez. Fils d’une ancienne basketteuse qui a tout essayé pour l’inciter à jouer avec une grosse balle orange, lui ne pensait qu’à une chose, jouer au foot ! Mais à 17 ans, le jeune homme doit intégrer une école d’un certain standing, la Seeds Academy afin de sortir des quartiers populaires dans lesquels il a grandi. Il commence donc, un petit peu par obligation, à jouer au basket. Malgré un certain retard, son niveau interpelle, et ses coachs décèlent rapidement en lui de très intéressantes qualités.  Alors, le jeune homme, qui est né et a grandi au Sénégal, décide de prendre son envol et rejoint, à tout juste 20 ans, l’université Lee Academy, aux Etats-Unis, dans l’état du Maine, tout proche du Québec. Il jouera 4 saisons pour les Bonnies de Saint Bonaventure où ses stats seront plus que correctes, atteignant une moyenne de 11.8pts, 10.1rbds et 2.6blks par match lors de sa dernière saison. Assez peu utilisé lors de sa première année, le temps de l’adaptation (10.4min en moyenne pour 2.6pts et 2.4rbds par rencontre), il grapillera d’année en année du temps de jeu, et surtout de l’importance (titulaire indiscutable lors de sa 3ème saison avec 24min de temps de jeu pour 10.2pts, 5.7rbds et 2.2blks), jusqu’à exploser au grand jour lors de son ultime année. Il décide alors de se présenter à la draft mais ne sera finalement pas retenu.

crédit photo : gettyimage

Sûr de sa force, il décide alors de participer aux camps d’entraînement, l’été, au sein des franchises NBA voulant bien de lui. Il prend part à la Summer League de 2015, avec les Spurs, et tape directement dans l’oeil du board de San Antonio. Il signe alors pour la franchise Texane, mais ne disputera que 3 rencontres de préparation. Il sera envoyé immédiatement en D-League, dans l’équipe filiale des Spurs, les Austin de San Antonio. Après une saison correcte, à presque 8pts de moyenne par match, les Spurs décident à nouveau de l’intégrer au groupe participant à la Summer League, détectant en lui un réel potentiel. Malheureusement, ce nouvel essai ne sera pas concluant et Ndoye décide donc de venir tenter sa chance en Europe, et plus précisemment en France.

Un atterrissage dans la Bresse

Et c’est la JL Bourg, alors en Pro B, qui décroche le gros lot. Alors ambitieux de remonter en Jeep Elite, le club du président Desbottes décide d’engager cet intérieur de plus de 2m10, lourd de 110kg. Un beau bébé, très rapide, dur au contact, physique, puissant et qui est de plus en plus capable de shooter hors de la raquette. Une vraie menace. Formant un binôme démesuré pour l’antichambre avec Peacock dans la raquette de Bourg, Ndoye va participer à la remontée du club en première division. Avec 11.8pts par match et un apport inestimable dans la peinture, Ndoye va commencer à faire parler de lui. Elu 2 fois MVP de la journée (13ème et 30ème) il a également été désigné 2 fois MVP du mois (Décembre et Avril), ce que seul Joe Burton de la Chorale Roanne Basket a réussi également.  Bourg s’est promené, terminant champion avec 3 victoires d’avance sur son dauphin. 6 fois, un joueur de la JL a été élu joueur de la journée. Dont deux fois pour Peacock également, qui a de plus été désigné joueur du mois de Janvier, et tout simplement MVP de la saison ! Une promenade de santé. Avant, enfin, de retrouver l’élite, et de pouvoir pleinement profiter de son nouvel écrin, l’Ekinox, qui n’a que très peu goûté à l’élite (3 mois avant la descente en Pro B).

L’explosion en Jeep Elite 

Euphorique, comme ses joueurs, la JL va alors réussir une très belle saison, sous l’impulsion de Peacock bien entendu mais également du Sénégalais, toujours très performant. Très complice avec l’américain, ils forment une raquette difficile d’accès en défense, et très performante offensivement. Car même si Peacock tournait à plus de 19pts et 6.1rbds de moyenne la saison dernière, Ndoye n’était pas en reste avec 11.8pts et 6.4rbds. De quoi faire plus d’un tiers des points de leur équipe.


Crédit photo: basketactu

Et si ses performances ont logiquement été éclipsées par celle de Peacock, élu MVP, cette année, le rapport de force s’est équilibré tant le natif de Dakar rayonne. C’est au moins ce qu’il faudra pour atteindre les playoffs, qui sont passés de peu sous le nez des Bressans l’année dernière. Et c’est surtout une bonne fin de saison qui permettra à Ndoye de grandir encore. Car on ne se fait guère d’illusion du coté de l’Ain. Il est très peu probable que le Sénégalais reste une saison de plus. Son rêve caché, comme tout joueur de basket, est d’intégrer la NBA. Mais lui préfère rester concentré sur la fin de saison et laisse son agent, Bouna Ndiaye, gérer cela. Plus objectivement, il est probable qu’Ndoye intègre la saison prochaine une équipe Européenne. Pourquoi pas l’Euroleague ? “Il en a toutes les capacités”, martèle Zach Wright, son coéquipier à Bourg.

De plus en plus fort sur ses jambes, de plus en plus habile au tir, capable de prendre des shoots à 3pts, Youssou Ndoye a toutes les qualités d’un pivot moderne. Après avoir fait ses gammes de l’autre coté de l’Atlantique, il est arrivé en France, afin de parfaire son jeu au sein d’un basket plus athlétique, plus réfléchi. Avant de retourner vivre son rêve Américain ? Difficile à dire. Ce qui est sûr, c’est que l’international Sénégalais, All Star cette saison et qui ambitionne de disputer la coupe du monde en Chine avec son pays, risque de ne pas faire de vieux os en Jeep Elite. 



A propos de l'auteur

Supporter inconditionnel de l'Olympique de Marseille mais aussi du football en général. Fan des Houston Rockets mais surtout de The Beard.

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