Jeux olympiques

JO – Pentathlon moderne : de vraies chances de médailles françaises ?

Pentathlon moderne JO

Demain matin commencera l’épreuve olympique de pentathlon moderne aux JO, une discipline assez méconnue du grand public. Ses épreuves, ses favoris et ses Français, zoom sur un sport qui pourrait bien rapporter gros au clan tricolore.

Une discipline divisée en quatre

Pensé sous sa forme moderne par le baron Pierre de Coubertin, s’inspirant partiellement du pentathlon antique (où chaque athlète devait enchaîner cinq épreuves : les lancers du disque et du javelot, le saut en longueur, la course et la lutte), le pentathlon était initialement composé de cinq épreuves. Aujourd’hui, et depuis les Jeux olympiques de Londres en 2012, seules quatre épreuves subsistent à cette discipline combinée si particulière :

  • L’escrime, où les concurrents s’affrontent à l’épée, arme d’estoc où toute la surface du corps est valable.
  • La natation, où les athlètes disputent un 200 m nage libre
  • L’équitation, où une épreuve de saut d’obstacles est disputée, chaque cavalier tirant au sort son cheval et n’ayant le droit de s’échauffer sur sa monture que vingt minutes
  • Le laser run, une course à pied de 3,2 km entrecoupée de séances de tir au pistolet à visée laser tous les 800 m.

Historiquement, cette dernière épreuve était scindée en deux : le tir au pistolet, qui ouvrait initialement la compétition, et la course, qui la clôturait. Jusqu’à Pékin en 2008, cette formule a été maintenue mais a donc fini par voir ces deux épreuves combiner pour former le laser run. Dernière épreuve de la compétition, il est important de noter qu’elle voit les concurrents s’élancer selon leur classement des épreuves précédentes avec un écart de temps correspondant à l’écart de point sur les disciplines préalablement disputées. Ainsi, avec cette formule, le premier athlète à passer la ligne est nécessairement le champion olympique, rajoutant de la dramaturgie à une discipline assez peu suivie par le grand public.

Des Tricolores à la fête ?

Plutôt méconnu, le pentathlon moderne pourrait toutefois connaître un regain d’intérêt pour le public français grâce aux performances de ses athlètes tricolores engagés à Tokyo. Si la France n’a historiquement remporté que trois médailles depuis l’intronisation du pentathlon aux Jeux olympiques de Stockholm en 1912, la donne pourrait bien changer au Japon.

Bis repetita pour Clouvel ?

Chez les femmes, beaucoup d’espoirs seront sur les épaules d’Élodie Clouvel. Médaillée d’argent à Rio et ainsi seule pentathlonienne française médaillée en individuel, la Française aura pour objectif à Tokyo de « réaliser son rêve », à savoir décrocher la médaille d’or qu’elle avait manquée il y a cinq ans. Après un début de saison difficile, marqué notamment par quelques soucis de santé, la Française a retrouvé la forme au meilleur moment en se classant notamment deuxième en individuel lors des championnats du monde en juin dernier. L’un des moments clés de sa compétition sera la natation, elle qui avait été entraînée par Philippe Lucas plus jeune.

Pour l’accompagner côté français, Marie Orteiza sera également en lice. Moins attendue que sa compatriote, la Montoise, championne d’Europe 2018, aura également une carte à jouer au regard de ses bonnes performances en 2021. Vainqueur d’une étape de Coupe du monde à Sofia début avril, elle pourrait poser des problèmes à de nombreuses favorites, elle qui était très attendue aux championnats du monde, compétition sur laquelle elle ne s’est finalement pas alignée.

De l’or chez les hommes ?

Si Élodie Clouvel et Marie Orteiza auront de sérieuses chances de médailles, les Français Valentin Belaud et Valentin Prades seront plus qu’attendus dans la compétition masculine. Champion du monde en 2016 et en 2019, mais aussi vainqueur d’une étape de Coupe du monde cette année à Székesfehérvár en Hongrie mi-mai, le premier nommé est considéré comme l’un des favoris. Compagnon d’Élodie Clouvel (le nouveau couple en or de la délégation française ?), il voudra prendre sa revanche des Jeux de Rio où il n’avait terminé qu’à une anecdotique vingtième place.

Prendre sa revanche, ce sera également l’objectif de Valentin Prades. Au pied du podium il y a cinq ans, le Cannois , n°2 mondial en 2019, n’aura qu’un seul objectif à Tokyo : la médaille. Absent du top 10 des derniers championnats du monde, tout comme Valentin Belaud, il devra, à 28 ans, repousser ses limites pour devenir le premier Français médaillé en individuel dans cette discipline aux Jeux olympiques.

Les principaux favoris

Chez les femmes, un nom se dégage des autres au moment de désigner une favorite : Kate French. Championne du monde en individuel en 2013 et surtout médaillée d’or sur deux étapes de Coupe du monde cette année, la Britannique voudra étoffer un peu plus son palmarès avec un titre olympique. Parmi ses principales rivales, outre les deux Françaises, on peut citer Laura Asaudakaité, Lituanienne de 37 ans championne olympique en 2012, mais aussi la Biélorusse Anastasiya Prokopenko, récemment championne du monde, ou encore la prometteuse Hongroise Michelle Gulyás (20 ans).

Chez les hommes, le principal rival de Valentin Belaud et de Valentin Prades pourrait être Jun Woog-tae. À seulement 25 ans, le Coréen a déjà été champion du monde (2015), vainqueur des Jeux asiatiques (2018) mais aussi vainqueur d’une étape de Coupe du monde cette année. Seulement dix-neuvième à Rio, il voudra forcément faire mieux au Japon. À suivre également le champion du monde hongrois Ádám Marosi et son dauphin, le Russe Aleksandr Lifanov, tous deux particulièrement en vue en escrime et en équitation. Ce dernier tentera de succéder à son compatriote Aleksandr Lesun, titré en 2016, et de perpétuer une tradition naissante qui a vu la Russie placer un athlète sur la plus haute marche du podium quatre fois depuis 2000.

Rendez-vous dès demain matin à 6h00 heure française pour le début des épreuves d’escrime du pentathlon moderne. La suite des épreuves féminines est elle prévue pour vendredi, tandis que celles des hommes auront lieu samedi.

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