La KofiMania : un héros, un public, un titre.

1
Ligue 1

Quand la route vers Wrestlemania a commencé, rares sont ceux qui auraient misé une pièce sur Kofi Kingston pour aller prendre le titre de champion de la WWE des mains de Daniel Bryan. Pourtant, c’est ce qui semble se dessiner, quelques semaines avant le fameux Pay-Per-View, avec un mouvement lancé par la foule et qui semble porter ses fruits : la KofiMania. Retour sur ce phénomène inattendu.

Kofi Kingston, du « jamaïcain » au membre du New Day.

C’est en 2008 que le public fait la connaissance de Kofi Kingston, et de son faux-accent jamaïcain. Soir après soir, il impressionne les foules, se créant une série d’invincibilité et allant même jusqu’à remporter son premier titre, celui de champion intercontinental. Onze années plus tard, le guinéen s’est forgé un palmarès qui parle pour lui : il a su remporter les deux titres individuels secondaires de la WWE (à plusieurs reprises, qui plus est), ainsi que les titres par équipe de Raw et de Smackdown, notamment avec le New Day grâce auquel il devient la superstar ayant porté le plus longtemps la ceinture de champion par équipe de Raw. Mais, dans ce monde rempli de pancakes et de céréales, il reste un trou dans son palmarès : un titre majeur de la fédération. En effet, le guinéen n’a jamais su transformer ses opportunités au titre suprême en victoires. Kofi Kingston est longtemps resté au second plan dans la compagnie, basculant entre le milieu de carte et la division par équipe. Le seul moment de l’année où Kofi Kingston réunit l’attention du public sur sa performance, c’est lors des Royal Rumble durant lesquels il trouve toujours une manière ingénieuse et inédite de ne pas poser ses deux pieds au sol. Mais aujourd’hui, c’est un autre Pay-Per-View que la Superstar souhaite marquer de sa présence, Wrestlemania.

Challenger au titre, un heureux accident.

Pourtant, la présence de Kofi Kingston sur la plus grande scène de toutes n’était pas gagnée d’avance. Le 12 Février, à l’approche d’Elimination Chamber, Mustafa Ali, l’un des challengers au titre de la WWE annonce sa blessure qui le contraint à ne pas participer au match prévu lors du Pay-per-View. Kofi Kingston est annoncé comme son remplaçant et participe, le même soir, à un Gauntlet Match, dans lequel il parvient à éliminer trois de ses futurs adversaires dont le champion de la WWE, Daniel Bryan. Et alors que tout le monde pensait que le Gauntlet Match était LA performance de sa carrière, il s’est surpassé lors d’Elimination Chamber, notamment avec un duel final enflammé et plein de suspense face au champion.
Malgré sa défaite, le membre du New Day a crée un véritable engouement dans le public, si bien qu’il se voit offrir une autre chance de détrôner le champion de la planète dans le Pay-Per-View suivant, Fastlane. Mais c’était sans compter Vince McMahon, qui a finalement décidé de faire remplacer le challenger déchu par Kevin Owens, revenant de blessure. Alors que le public crie à l’injustice, cette opportunité dérobée pourrait être un mal pour un bien puisque la fédération pourrait conserver sous le coude le match entre Kofi Kingston et le toujours champion, Daniel Bryan, pour Wrestlemania.

KofiMania, la réclamation du public.

C’est alors qu’est né le mouvement « KofiMania ». Après une défaite néanmoins spectaculaire et une opportunité arrachée, le public se rebelle et réclame une nouvelle opportunité pour Kofi Kingston. Les « We want Kofi ! » se multiplient, jusque lors du match pour le titre de la WWE à Fastlane, duquel il ne faisait même pas partie. De semaine en semaine, la KofiMania rassemble de plus en plus de monde, offrant à son héros une attention que la fédération ne lui a jamais réellement prêté.
Si la KofiMania marche si bien, c’est pour plusieurs raisons. Tout d’abord, Kofi Kingston est un employé fidèle de la compagnie, avec onze ans de carrière passés à sillonner les routes pour divertir le public. Il fait toujours du bon travail mais reçoit rarement le crédit qu’il mérite. C’est un peu comme ce collègue de bureau qui travaille dur depuis des années mais n’ira jamais demandé une augmentation, ou bien encore cet élève qui a toujours des bonnes notes mais ne recevra jamais les félicitations au conseil de classe malgré ses efforts, ce qui fait de Kofi Kingston un personnage auquel il est facile de s’identifier. De plus, le guinéen flirte avec une récompense ultime de la compagnie, celle de Grand Slam Champion. Pour l’être, il lui manque uniquement le titre de champion de la WWE, et ce depuis plusieurs années maintenant. Le public le savait. Il suffisait donc d’une étincelle seulement pour faire renaître les espoirs de la foule de voir un jour Kofi Kingston en tant que champion de la WWE, et ainsi en tant que Grand Slam Champion. Cette étincelle, c’était le Gauntlet match durant lequel la foule s’est embrasée lorsque le guinéen a brillé. Enfin, il est important d’ajouter qu’aucune Superstar noire n’a été championne de la fédération. Le public voit ainsi en Kofi Kingston une chance d’écrire l’histoire et, par la même occasion, de redorer l’image de la compagnie, ternie par le scandale Hogan et le retour de ce dernier à la WWE.

L’année 2019 pourrait bien être celle de Kofi Kingston, porté par le soutien indéfectible du public et la KofiMania qui ne semble pas prête de s’essouffler de si tôt. Il faudra attendre les prochaines semaines pour voir si Wrestlemania sera la terre promise du héros guinéen…

Louna Lavergne

Image de mise en avant : flurysports.org

Sport en directMercato Football

1 COMMENT

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here