La NBA, plus qu’une passion, un business.

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Ligue 1

La NBA a évolué. Depuis ses débuts, en passant par ses grandes années de gloire avec Larry Legend et Magic, jusqu’à l’apogée de l’ère Jordan, et ensuite des années 2000 de Kobe, Timmy et autres LeBron. Le jeu a évolué, les mentalités aussi, et les sommes mises en jeu ont été multipliées. Aujourd’hui, un All-Star peut espérer un contrat d’au moins 25 millions d’euros par an, nombre tout bonnement invraisemblable il y a encore 15 ans. L’attachement des joueurs aux franchises NBA n’est aussi plus le même. N’en déplaise aux Paul Pierce qui soutiennent que la loyauté n’existe plus (hypocrisie, bonjour), certains joueurs affichent encore leur loyauté à leurs franchises. Mais celle-ci est plus fragile, et certains fans ne comprennent pas les mouvements qui peuvent avoir lieu au sein de la Ligue. Petite mise au point.

 

Le contexte. 

Les joueurs sont avant tout des professionnels. Jouer au basket est leur métier, leur passion, mais aussi leur business. Aujourd’hui, on suit des feuilletons de grands joueurs qui pèsent le pour et le contre avant de décider dans quelle franchise continuer leur carrière, en prenant en compte de nombreux facteurs comme leur famille, le contrat qui peut leur être offert, ou même la situation géographique de leur possible nouvelle ville, avant même de parler de la suite de leur carrière (coucou LeBron.) Et certains fans ont du mal à comprendre cela. Il est inconcevable pour eux de voir leur star chérie, et ses nombreux exploits sur le parquet local, partir vers une autre destination. Ils en arrivent même à incriminer le joueur pour son départ, ne comprenant pas que si les joueurs doivent penser à leurs fans, ils ne doivent pas pour autant les faire passer avant leur propre carrière et vie personnelle. Oui, les joueurs sont peut-être moins loyaux qu’il y a une vingtaine d’années, époque à laquelle il n’était pas rare de voir de grands joueurs rester 10 ans dans une même franchise. Des Magic, Larry Bird, Jordan, Kareem et autres Kobe,  qui ont connu deux franchises au maximum durant leur carrière, ont marqué la légende de la NBA pour leur loyauté et leur attachement. 

Mais les mentalités ont évolué, et si on peut y trouver des défauts, il ne s’agit pas forcément d’une mauvaise évolution. Les choses se sont accélérés un certain 8 juillet de l’année 2010, lorsque LeBron James, à l’époque déjà le meilleur joueur de la ligue, décide d’annoncer, dans un show télévisé, son départ de Cleveland vers Miami, afin de créer un Big Three avec Wade et Bosh. Haine, jalousie et maillots brulés suivent cette énorme annonce médiatique. Si LeBron James peut se permettre de rejoindre qui il veut, pourquoi les autres joueurs ne le feraient pas ? Sauf que si l’on regarde un peu les évènements, on peut difficilement en vouloir au King, excepté sur la manière. LeBron James est resté 7 années dans l’Ohio avant son départ, et malgré ses qualités et son niveau, n’a fait qu’une apparition en Finales NBA. Pourquoi ? Parce qu’il n’a jamais eu de coéquipiers dignes de ce nom. Jordan avait Pippen, Kobe avait le Shaq, Kareem avait Magic. LeBron avait … Mo Williams ? Compliqué de gagner un titre avec de tels coéquipiers, quand on fait face au Big 3 des Spurs en Finales. De plus, LeBron n’avait peut-être pas l’intention de passer sa vie dans l’Ohio. C’est beau de passer sa vie dans une même franchise à la manière des Stockton et autres Reggie Miller, mais malgré leur belle carrière, ces deux-là ont un palmarès collectif proche du zéro. Alors, peut-on vraiment en vouloir au King ? Objectivement, non. 

Répercussions, quelles répercussions ? 

Elles sont nombreuses. Voir LeBron James annoncer ses velléités de départ à la TV aura donné aux autres joueurs plus d’opportunités d’exprimer les leurs. La fidélité, c’est bien beau, mais ça ne vous fait pas forcément gagner des titres, qu’ils soient individuels ou collectifs. C’est pourquoi aujourd’hui, on voit de plus en plus de vétérans non bagués rejoindre des équipes jouant le titre, dans l’espoir de se retirer avec un accomplissement collectif majeur. Certains ne sont pas de cette école (Vince Carter par exemple), d’autres ont moins de scrupules. Ce qui affecte plus particulièrement les fans, c’est de voir leurs stars sous d’autres couleurs dans ce but. On a vu avec LeBron que cela pouvait être excusable. Néanmoins, certaines dérives ont eu lieu, et ont provoqué autant, si ce n’est plus, de réactions. En juillet 2016, Kevin Durant, ailier du Thunder aux côtés de Westbrook, est agent libre. Attaquant intraitable, MVP 2014, il était passé à un match d’accéder aux Finales NBA, mais a été défait en Finales de Conférence par les Warriors, alors champions en titre et détenteurs de la meilleure saison collective de l’histoire, avec 73 victoires en saison régulière. Il choisit, après les Playoffs, de quitter le Thunder afin de rejoindre ces mêmes Warriors. les réactions sont unanimes, Durant devient le joueur le plus détesté de la ligue, et le plus lâche. Énorme sur le parquet, il est montré du doigt comme faible, on en vient même à qualifier son acte de “prostitution” afin d’obtenir un titre. 

2 saisons plus tard, c’est Demarcus Cousins, alors pivot blessé des Pelicans, qui rejoint pour à peine 5 millions le collectif monstrueux d’Oakland, créant, au moins sur le papier, l’équipe la plus léthale de l’histoire. La même saison, Kawhi Leonard, alors pressenti pour incarner le renouveau des Spurs et l’après-Duncan, arrête toutes communications avec les Spurs suite à une blessure douteuse. Les problèmes sont internes, l’affaire finit avec une demande de transfert de Leonard, qui souhaiterait jouer avec les Lakers. Il sera au final tradé avec les Raptors contre DeMar Derozan. Manque de loyauté, envies d’ailleurs, d’un meilleur contrat ou d’une ville plus médiatique, les raisons des départs des stars sont nombreuses. Mais parfois, c’est la franchise qui “trahit” sa star. Derozan, enfant chéri de Toronto et ses fans, probablement le meilleur joueur de l’histoire des Raptors, a été échangé aussi simplement par son management, sans vraiment en avoir été informé. L’affaire Isaiah Thomas est du même ressort, aussi injuste. “Business is business.”

Dans chaque sport, on souhaite voir la star du club rester à vie, gagner et perdre avec sa franchise. Mais la réalité est autre. Les joueurs se doivent parfois de penser à leur carrière avant de penser à leurs fans, et il en va de même pour les franchises. Les parallèles avec d’autres sports sont faciles. Marchisio, enfant du club, coupé par la Juve après plus de 20 ans de bons et loyaux services. Derozan, coupé après avoir tenu sa franchise a bout de bras pendant près de 10 ans. La loyauté dans le sport existe encore, elle est juste plus rare, et paradoxalement plus belle. Westbrook, Ginobili et Parker, Dirk, mais aussi Messi, Totti, ou Buffon, montrent qu’il est possible d’allier carrière exceptionnelle et fidélité. Le sport est un loisir, mais aussi un business. Et il est parfois injuste pour certains, juste pour d’autres. 

 

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