La renaissance de Mestalla

« L’importance du coach est à relativiser », disait Michel Platini. Pourtant, depuis la reprise, le FC Valence, club historique dans le paysage footballistique espagnol traînant son spleen depuis deux saisons , est en pleine renaissance sportive. Renouvellement de l’effectif ? Non. Alignement des planètes au dessus du Mestalla ? Que nenni. Juste un des entraîneurs les plus sous-côtés sur le Vieux Continent, Marcelino Garcia Toral dit Marcelino, aussi clivant que génial.

Traitement thérapeutique de groupe

Lorsque l’ancien coach de Villarreal débarque pour officialiser sa signature, ce 11 mai 2017, beaucoup ne comprennent pas cette décision qui s’apparente à une mission suicide pour celui dont le travail avec le Sous-Marin jaune avait été salué et applaudi. Il faut dire que le FC Valence, grande figure du football européen fait peine à voir. Crise institutionnelle profonde, rupture de la direction avec les supporters, résultats sportifs catastrophiques avec une saison terminée à la 12e place et des éliminations prématurées dans les coupes, tout ressemble à un bon traquenard, malgré les noms ronflants figurant dans l’effectif, comme Ezequiel Garay, Simone Zaza, José Gaya et autres Dani Parejo. Un effectif de qualité mais traumatisé, démotivé, et dont la majeure partie des cadres espèrent ne plus faire partie à l’aube de cette saison 2017/2018.

Marcelino Valence

Dès son arrivée, Marcelino doit rassembler, souder, faire adhérer à son projet. Et pour cela se séparer de quelques joueurs estampillées Jorge Mendes, que beaucoup désignent comme le véritable décisionnaire à la tête du club, ainsi que les poids morts qui encombrent la masse salariale. Exit les Joao Cancelo, Aymen Abdennour, Enzo Perez et autres Alvaro Negredo. Le technicien de 52 ans veut constituer son Valence à partir des mêmes ingrédients qui lui avaient permis de faire passer Villarreal de la Liga Adelante à la Ligue Europa en deux ans, à savoir une capacité tactique et collective, symbolisée par son inaltérable système à deux pointes, au-dessus de la moyenne et un état d’esprit irréprochable. Car Marcelino est un sanguin qui parle fort et qui dit les choses, même quand cela ne plaît pas. Un homme capable de démissionner à trois jours d’un tour de barrage de Ligue des Champions pour une brouille avec Mateo Musacchio et un apparent manque de soutien de sa direction. Le recrutement va donc s’axer autour de joueurs jeunes ou revanchards, qui ont tout à prouver, mais qui n’en demeure pas moins réfléchi, en témoigne les arrivées de Jerson Murillo, international colombien, de Gabriel Paulista, en provenance d’Arsenal, de l’étincelant Nemanja Maksimovic, révélation de la Champions League avec son club d’Astana, ou encore du Français Geoffrey Kondogbia, en perdition du côté de l’Inter. De plus, le club réussit le tour de force de conserver l’international argentin Ezequiel Garay, convoité de toutes parts, ainsi que de lever l’option d’achat du confirmé Simone Zaza. La qualité est là, reste à faire opérer la magie.

Convaincre vite, et convaincre fort

Rapidement, les joueurs se prennent au jeu. Dans l’Equipe du 27 Août, Kondogbia annonçait déjà la couleur, en parlant de son « feeling avec Marcelino » et espérant continuer l’aventure avec son nouveau club. Les joueurs retrouvent le sourire, travaillent dur les exigences tactiques du nouveau boss : bloc compact, pressing de positionnement, participation intense des latéraux et tutti quanti. Les supporters rayonnent : ils retrouvent enfin une équipe avec des couleurs, en témoignent les résultats de la pré-saison avec 5 victoires en 7 matchs, dont une démonstration face au Sporting de Jorge Jesus (13/07, 3-0). Mais Marcelino le sait, ce sont les résultats officiels qui valideront son esquisse. Et avec un calendrier offrant l’accueil de Las Palmas, puissance montante de la Liga, et les affrontements conjoints avec les deux monstres de Madrid, le début de saison ne s’annonce pas de tout repos. Mais le natif de Villaviciosa n’ignore pas qu’il dispose d’un effectif de qualité capable de renverser des montagnes.

Kondogbia Valence .jpg

Le retour des ambitions

Dans le mille. Après une difficile victoire face à Las Palmas, expliquée par les nombreuses absences et les derniers mouvements du mercato (arrivées d’Andreas Pereira et de Gonçalo Guedes en provenance respectivement de Manchester United et du PSG, et départ annoncé du joyau Cancelo vers l’Inter), le premier fait de gloire intervient la semaine suivante, avec un 2-2 obtenu avec beaucoup d’abnégation sur le pelouse du Real Madrid (27/08), suivi d’un nouveau point arraché face aux Colchoneros du Cholo Simeone au terme d’une partie sentant bon la sueur et les kilomètres parcourus (0-0, 09/09). Le mauvais temps est passé, a été bien géré, et il s’agit désormais de capitaliser les points obtenus face aux deux monstres de la capitale. Chose faite avec un bon nul obtenu sur le pelouse du surprenant promu Levante (1-1, 16/09), avant la démonstration infligée au Malaga de Michel trois jours plus tard sur le score de 5 à 0, match référence symbole de l’immense force de frappe que possède ce Valence new look, avec notamment un quatrième but insolent collectivement et inscrit par Simone Zaza, qui en plantera deux autres, et qui valide bien ce que les spécialistes avaient prédit : attention au Valence de Marcelino.

Zaza Valence

Car dans une Liga où le Real semble moins souverain, où le Barça et l’Atletico se remettent doucement d’une saison quelque peu décevante et où les autres outsiders, à l’exception du Séville de Berizzo et à la Sociedad de Sacristan, semblent avoir quelques soucis au démarrage, nul doute que ce Valence, qui écrit une nouvelle page de sa riche histoire, saura jouer le rôle de l’équipe poil à gratter du haut du panier de cette Liga qui s’annonce passionnante . Mais au final, ce que l’on retiendra aussi, c’est cette image de communion entre les supporters du Mestalla et les joueurs, ce qu’on avait pas vu depuis longtemps dans la capitale de la Communauté Valencienne. C’est bien là, la première victoire de Marcelino.

Maxence Durand

 

Sources :

Transfermarkt.fr

Flashresultats.fr

lequipe.fr

marca.com

A propos de l'auteur

Penseur éclairé sur la tectonique des plaques footballistiques. ADN Bielsista, esprit Sarriste et coeur jaune et bleu. Djoko for ever et n'oubliez pas que Klay Thompson est le vrai GOAT.

Commentaires

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    Jonathan
    23 septembre 2017

    Tres bel article si ce n’est que Valence n’est pas en Asturie mais en Communauté Valencienne..

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    We Sport
    23 septembre 2017

    Bonjour ! En effet merci beaucoup de cette précision, pardonnez nous de cette erreur nous corrigeons de suite.

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