La ruée vers le Ballon d’Or (14/30) : Harry Kane

We Sport FR vous propose « La ruée vers le Ballon d’Or ». Cette série livrera un focus sur les 30 joueurs nommés pour cette récompense individuelle, le portrait de chacun sera publié par ordre alphabétique, ordre ayant d’ailleurs été utilisé par France Football pour la révélation des joueurs en compétition. Aujourd’hui, focus sur Harry Kane, qui a tout emporté sur son passage cette saison…sauf un titre.

Une année couronne de succès individuels

Une pluie de records s’est abattue sur l’attaquant anglais la saison passée. Meilleur buteur de BPL sur une année civile (avec 39 pions), il a aussi devancé Messi au nombre de buts marqués sur l’année toutes compétitions confondues (avec un ratio affolant de 56 buts en 54 matches). Sa saison 2017-2018 est toute aussi réussie, puisqu’il totalise 52 réalisations en 59 matches dont 30 en Premier League, ce qui lui a donné une place dans l’équipe type de la saison. Des performances qui ont également permis à son club de se hisser sur la 3e marche du podium en championnat. Mais surtout de se sortir d’une poule très compliquée en Ligue des champions (Real Madrid, Borussia Dortmund et APOEL Nicosie), et de la plus belle des manières. Invaincus en phase de groupe avec cinq succès pour un nul à Bernabeu, Kane et ses potes sont tombés sur un os au tour suivant, la Juventus Turin. Face à la Vieille dame, les Spurs sont loin d’être ridicules, mais sont défaits à l’expérience au terme de deux rencontres qu’ils avaient globalement en main (2-2 à Turin, 1-2 à Wembley). Le but de Kane à l’aller n’y a rien changé, Tottenham laisse la Juve aller se faire carotter face au Real en quart de finale.
A l’été, vint la Coupe du monde : et bis repetita. Précieux tout au long de la compétition, il sort plusieurs fois son pays d’un mauvais pas. Dès le premier match, son doublé face à la Tunisie permet au Three Lions de prendre les trois points et de s’éviter une migraine dans ce groupe rendu compliqué par la présence de la Belgique. Viendra ensuite un triplé face au Panama (6-1 score final) puis un but face à la Colombie en huitième de finale. Kane sera en revanche muet en quart face à la Suède (2-0) et en demi-finale face aux Croates (1-2 a.p.), puis lors de la petite finale face à la Belgique (0-2). Six réalisations qui feront tout de même de lui le meilleur buteur du tournoi et qui permettront à l’Angleterre de passer pour la première fois, au moins un tour à élimination directe d’une grande compétition depuis 2006. Mieux, la Perfide Albion n’avait plus atteint le dernier carré d’une coupe du monde depuis 1990. Oui mais voilà : Kane n’a remporté aucun titre cette année, et sa coupe du Monde en est la parfaite illustration.

Un palmarès toujours aussi vide

Harry Kane commence à être habitué aux places d’honneur. Trois fois de suite sur le podium de la Premier League (3e en 2016, 2e en 2017 puis à nouveau 3e en 2018), Kane a également vécu une finale perdue de League Cup face à Chelsea en 2015 (0-2). Lui qui totalise 105 buts sur ses quatre dernières saison de Premier League n’a jamais réussi à rapporter le titre qui fuit le club londonien depuis 1961. À partir de là, plusieurs questions apparaissent comme légitime : Kane est-il mal-entouré : joue-t-il avec des coéquipiers qui ne lui permettent pas d’aller chercher un trophée ? Non, certainement pas. Il fait partie de ce qui semble être la meilleure génération des Three Lions depuis bien longtemps (on va y revenir), et en club, il peut s’enorgueillir de combiner tous les week-ends avec des joueurs comme Delle Ali, Heung-Min Son, Christian Eriksen ou Moussa Sissoko. Lui et son équipe payent sûrement la concurrence féroce qui règne dans le championnat anglais. En 2016, l’année où ils furent tout près du titre, Leicester passa par là et rafla la mise.
Cet été on a longtemps cru au miracle anglais : la sélection avait enchaîné les désillusions et sa place dans la même poule que la Belgique n’avait pas de quoi rendre optimiste les observateurs. Par un concours de circonstance favorable et, il faut bien le dire, quelques bonnes performances, l’Angleterre a vu le chemin vers la finale se découvrir subitement, arrivée en huitième de finale. Les fans anglais se sont mis à croire à une génération dorée qui leur rapporterait le plus beau trophée de la planète foot. Des jeunes pousses au rendez-vous (Lingard, Rashford), un gardien en feu (Pickford), des défenseurs solides (Maguire, Stones), et un buteur prolifique, tout cela ajouté à un tirage favorable, cela aurait dû permettre à Kane et aux siens de venir disputer le trophée Jules Rimet aux Français. Vous connaissez l’histoire : les Anglais ont craqué face à la Croatie et le sort nous a privés d’une finale qui s’annonçait d’ores et déjà d’anthologie. Muet après les huitièmes de finale, Kane a-t-il sa part de responsabilité dans cette déception ? La saison passée, Kane a marqué trois buts en huit confrontations en championnat face au Top 5. C’est peu pour un attaquant de son calibre, cependant, est-ce qu’une plus grande efficacité de sa part aurait permis à Tottenham de décrocher enfin le titre ? Peu probable. Toujours est-il que l’avant-centre fait partie des joueurs les mieux côtés au monde par le CIES (197.3M €) et est courtisé par de nombreux grands clubs. On a beaucoup parlé d’un hypothétique transfert vers le Real notamment.

Pourquoi est-il dans les 30 ?

Une saison pleine, une coupe du Monde réussie (ça compte pour le Ballon d’or, surtout quand ce sont les journalistes qui votent, Canavarro et Inisesta peuvent en témoigner), tout était réuni pour voir le nom d’Harry Kane dans la liste des 30 nommés au BO. Mais ses stats et ses performances lui permettront-elles de faire mieux que son classement de l’année dernière (10e) ? Peut-être, on se mouille, et on prédit une place entre 8e et 13e.

C’est tout pour le cas Harry Kane, demain on abordera celui qui est petit et gentil et qui a bouffé Léo Messi… N’Golo Kanté !

 

Crédit photo: Alex Morton/Getty Images

A propos de l'auteur

Diplômé ESJ Paris, journaliste foot, passé par le Paris Normandie. L'important n'est pas d'avoir raison, mais de l'argumenter. Rabiot est surcôté

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