La Ruée vers le Ballon d’Or (26/30) : Ivan Rakitic

We Sport FR vous propose “La ruée vers le Ballon d’Or”. Cette série livrera un focus sur les 30 joueurs nommés pour cette récompense individuelle. Le portrait de chacun sera publié par ordre alphabétique. Aujourd’hui, Ivan Rakitic !



Ivan Rakitic a quelque chose qui échappe au football moderne. Quand l’efficacité d’un joueur n’est plus déterminée que par ses statistiques, on ne parle pas de football, du jeu. Et des artistes comme Xavi, Iniesta ou Pirlo passent en-dessous des normes radars imposées par les empileurs Messi ou CR7.

Canada Dry

Ivan Rakitic, sans être de la trempe de ces architectes pritzkerisables, appartient à cette lignée de joueurs qui ont autre chose. Arrivé au FC Barcelone avec la tâche, immensément difficile, de succéder puis remplacer Xavi au coeur du jeu et d’Iniesta, Ivan Rakitic s’est imposé comme une pierre importante de l’édifice blaugrana. Aux côtés de Don Andrès, la comparaison était peu flatteuse pour le Croate, mais les faits sont là : pas une saison à moins de 32 matchs de Liga, et une confiance inchangée de ses entraîneurs. Malgré les critiques de certains fans.


Il faut dire que les supporters barcelonais ont été mal habitués. Passer de XavIniesta à Iniesta+Rakitic, c’est comme commencer son repas par un Château Laffite 1989 et le finir par un Chablis 1er cru. Pas forcément une faute de goût, mais un palais à refaire. On lui a alors collé une étiquette de joueur Canada Dry : un goût de synthèse sans l’ivresse. Trop de passes latérales ou en retrait, pas d’influence sur le jeu à la hauteur de son talent présumé : le Croate n’était plus vraiment en odeur de sainteté dans les travées du Camp Nou. Au-delà du raisonnable ? Peut-être, car Rakitic payait aussi l’usure d’un Iniesta qui se savait jouer sa dernière saison sous les couleurs catalanes, et un front offensif timoré.

Accélérateur

C’est peut-être à la Coupe du Monde que Rakitic a le mieux rappeler quel joueur il pouvait être : un facilitateur. Pas un accélérateur de particules comme Modric ou Iniesta, pas un gars décisif à la Lampard. Mais un joueur capable de mettre précisément ces joueurs-là dans les meilleures dispositions pour les faire briller en le délestant du sale boulot et en leur passant la balle dans des positions préférentielles.

Un joueur hors du temps et hors des modes. Un joueur indémodable, donc.

Demain, on s’intéresse à Sergio Ramos !

A propos de l'auteur

Fan de foot mais aussi de Serie A, je prends autant de plaisir à voir jouer Gilles Simon qu'à attendre une arrivée au sprint entre les Alpes et les Pyrénées. Talking Heads et Panetonne.

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