Championnats du Monde

Lara Gut-Behrami (enfin) championne du monde de Super-G

Elle était l'ultra-favorite et elle a tenu son rang. Lara Gut-Behrami a remporté le titre mondial en Super-G devant sa compatriote Corinne Suter et l'Américaine Mikaela Shiffrin. C'est la première médaille d'or de la carrière de la skieuse de Ragusa.

Patience. C'est le mot qui était sur toutes les lèvres à Cortina d'Ampezzo. La météo fait des caprices depuis le début de la semaine. La neige, tombée en abondance, puis le brouillard ont reporté les premières épreuves de ces Mondiaux italiens. Si ce n'est aujourd'hui, ce sera demain : rappelons-nous que la patience est le pilier de la sagesse. Patience et sagesse, il en a fallu à Lara Gut-Behrami pour tracer sa propre route jusqu'au titre de championne du monde qu'elle espérait tant, depuis toutes ces années.

Après de nombreuses blessures, des méformes, la Suissesse réalise sans doute l'une des meilleures saisons de sa carrière. La femme du footballeur de la Nati, Valon Behrami, est toujours en course pour aller chercher le classement général, synonyme de gros globe de cristal. Elle arrive dans les Dolomites en patronne du Super-G avec quatre victoires consécutives, série en cours. La pancarte qu'elle a autour du cou est grande comme le Cervin, tout le monde l'attend sur la première marche du podium.

Rapide, technique et victorieuse

Ce jeudi 11 février au matin, Lara Gut-Behrami porte le dossard 7. Ce numéro lui permet de partir tôt mais pas trop, pour obtenir de précieuses infos de la part des premières concurrentes à s'élancer. A 10h58, c'est son tour, Corinne Suter est en tête devant une grande Mikaela Shiffrin.

La Tessinoise de 29 ans ne perd pas ses habitudes. Dans la grande rampe de lancement au départ, chaque courbe est poussée, tendue au maximum, elle atteint 100km/h en moins de huit secondes. En plus d'être une grande descendeuse, Gut-Behrami est à l'aise techniquement. Dans les virages les plus serrés, elle ne se désunit pas et reste groupée tout en gardant la trajectoire idéale. Son avance s'est réduit sur le bas du tracé mais la Suissesse garde 34 centièmes pour s'emparer du fauteuil de leader, qu'elle ne quittera plus.

En conférence de presse, Lara Gut-Behrami a eu des mots lucides : “Par le passé, j'ai toujours voulu gagner la médaille d'or, mais cela n'était jamais arrivé. […] Je n'ai pas skié pour remporter la médaille d'or, j'ai juste skié pour montrer que je pouvais l'avoir.” Elle a pu faire des erreurs par le passé, jouer de malchance – 4e à un centième du podium aux JO 2018 -, sa course n'a pas été aussi parfaite que ces victoires cette saison mais cela suffit pour glaner la breloque dorée.

Une faute peut être fatale

Lara Gut-Behrami a bien failli ne connaître que la couleur argentée aujourd'hui, à Cortina d'Ampezzo. Il y a une femme de 25 ans, Mikaela Shiffrin, qui a découpé la piste italienne comme personne aujourd'hui. Elle, la revenante, zéro départ en vitesse lors de cet exercice 2020-2021, a allumé du vert à tous les intermédiaires. Chasuble de championne du monde en titre sur les épaules, la skieuse de Vail a commis une seule faute sur le sinueux parcours tracé par le coach de l'Italie.

C'était tout en bas, une courbe vers la gauche avec un imposant mouvement de terrain. Trop de vitesse et ses spatules s'envolent. Perte de trajectoire et donc perte de vitesse avec la rectification faite par l'Américaine. Le temps abandonné ici est lourd : environ une seconde et pourtant elle est à moins de cinq dixièmes de Lara Gut-Behrami sur la ligne d'arrivée.

Finalement, celles qui dominaient la discipline depuis le début de la saison ont pris toutes les places d'honneur. Ledecka 4e, Lie 5e, Gagnon 6e, Tippler 7e… Bien que leur entraîneur ait tracé pour elles, les Italiennes sont à leur place : Federica Brignone 10e, Marta Bassino 11e.

Le Top 10 de ce Super-G des championnats du monde.

Pas d'exploit pour les Bleues

Pas de drapeau bleu-blanc-rouge dans les premières positions. La plus déçue, c'est peut-être Tiffany Gauthier. La Tignarde, partie avec le dossard 2, s'est manquée avec une 21e place finale à 2″20 de la gagnante. “J'ai hâte de voir un peu la vidéo, savoir ce qu'il s'est passé parce que c'est vrai que, Cortina, souvent, on peut se perdre.” La meilleure française du jour n'est autre que Tessa Worley. Treizième, la Bornandine s'est vite rendue compte que la performance n'était pas là, “j'ai fait pas mal de petites erreurs d'appuis, des petites pertes de pied et je sais que ça m'a coûté très cher sur le premier intermédiaire.”

Les fans français ne peuvent pas en vouloir à Laura Gauché et Tifany Roux. Pour leur première course dans un championnat du monde, il était difficile d'espérer mieux. La première est 26e, la dernière 34e. Ce rendez-vous ressemble plus à un apprentissage, à tout juste un an des Jeux Olympiques de Pékin.

Crédits photo : E. Spiess

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