Basketball

Le bilan des Lakers 2019

Si l’arrivée en grandes pompes de LeBron James en Californie lors de l’été 2018 promettait aux Lakers des jours radieux, la réalité a été toute autre. Entre blessures, rumeurs de trades et problèmes en interne, la saison des Purple & Gold a viré au cauchemar, avec en point d’orgue une nouvelle non-participation aux playoffs. Une année de purgatoire supplémentaire avant la véritable éclaircie ?

La Draft

Après une très bonne cuvée 2017 (Lonzo Ball, Kyle Kuzma, Josh Hart), la draft 2018 restera pour le moins anecdotique pour la franchise de L.A., car les trois joueurs draftés n’ont pas vraiment crevé l’écran. Les Lakers avaient dans leur main le 25ème pick, et ont récupéré au 1er tour l’intérieur Moritz Wagner, en provenance des Michigan Wolverines. Le jeune allemand n’a disputé que 43 rencontres, avec un temps de jeu d’environ 10 minutes en moyenne, pour un bilan statistique correct : 4.8 pts, 2.0 rbds, 0.6 pdec. Avec un peu plus de minutes l’an prochain, il pourrait avoir un impact plus significatif, mais pas sûr qu’il ait beaucoup d’opportunités de le prouver.

Drafté en 47ème position au second tour, Sviatoslav Mykhailiuk n’a quant à lui pas eu le loisir d’exercer ses talents bien longtemps en Californie, puisqu’il a été envoyé à Detroit début février 2019 en échange de Reggie Bullock. L’ex-ailier des Kansas Jayhawks tournait alors à 3.3 pts, 0.9 rbds et 0.8 pdec en 10.8 minutes (pour 39 matchs disputés), pas de quoi sauter au plafond non plus. Enfin, les Lakers ont récupéré Isaac Bonga, drafté par les Sixers en 39ème position, en échange d’un choix de second tour et d’un peu d’argent. L’ancien meneur des Francfort Skyliners n’a pris qu’à 22 rencontres de NBA, pour un temps de jeu ridicule (5.5 minutes de moyenne), et a logiquement été envoyé en G-League pour faire ses armes.

La saison

Un joyeux bordel. Voilà comment nous pourrions résumer l’exercice 2018-2019 des Lakers. Et pourtant le dernier intersaison laissait entrevoir des jours meilleurs… Début juillet 2018, Los Angeles avait réalisé le coup parfait en s’offrant les services de LeBron James pour un contrat de 4 ans et 154 millions de dollars. Avec le King dans ses rangs, la franchise californienne comptait dans ses rangs l’un des meilleurs basketteurs actuels (si ce n’est le meilleur), de quoi aborder sereinement la saison à venir. En plus de LBJ, les dirigeants avaient notamment signé Rajon Rondo (ex-New Orleans), Lance Stephenson (ex-Indiana), JaVale McGee (ex-Golden State), Michael Beasley (ex-New York) et Tyson Chandler (ex-Phoenix). Sur le papier cela s’apparentait plus comme un cocktail très sulfureux, notamment Stephenson qui avait déjà eu quelques griefs avec LeBron par le passé, mais cela a étonnamment bien fonctionné au départ. Enfin, si l’on omet la bagarre entre Rajon Rondo et Chris Paul lors du deuxième match de saison régulière. Car fin décembre, les Purple & Gold affichaient un bilan honorable de 21 victoires pour 14 défaites au soir de la victoire face aux Warriors lors du Christmas Day. Mais c’est à partir de ce match que tout a vraiment basculé, avec la blessure du King sur le parquet de Golden State.

James blessé à l’aine lors du Christmas Day à l’Oracle Arena (Source : basketusa.com)

Le quadruple MVP a manqué un bon mois de compétition, et à son retour tout était à refaire, sachant que plusieurs de ses coéquipiers ont également connu des pépins physiques (voir plus bas). Le facteur blessure a été l’un des éléments perturbateurs majeurs de la saison des Lakers, mais ce n’est pas que pour cette raison que les objectifs de retour en playoffs n’ont pas été remplis…

La période des transferts a également joué une importance capitale durant la saison des Angelenos. LeBron disposait d’un effectif correct pour l’entourer, mais pas suffisamment étoffé pour aller loin en post-season. Il a donc tout mis en place pour faire venir une superstar supplémentaire à L.A., en l’occurrence Anthony Davis, avant la trade deadline du 7 février 2019. Seulement, malgré plusieurs semaines de manœuvres incessantes pour faire signer AD, les Pelicans ont finalement mis leur veto (ce ne sera que partie remise, comme nous le verrons par la suite). A première vue on peut se dire que ce n’est qu’une opportunité manquée, que cela n’impactera pas le fonctionnement de l’équipe, mais tout le contraire s’est passé. A force de parler de trades – car pour avoir Davis il fallait proposer des contreparties comme Ball, Ingram ou autre – la cohésion du vestiaire a complètement volé en éclat. Et d’un point de vue terrain cela s’est immédiatement constaté, avec un mois de mars catastrophique durant lequel Los Angeles a connu une série noire de 10 défaites en 11 matchs, pour un bilan global de 4 succès pour 11 revers sur le mois complet. Les Lakers ne se sont pas relevés de ce passage à vide, et ont fini en complète roue libre. Avec 37 victoires et 45 défaites (16ème bilan de la NBA), les Californiens ont terminé à la 9ème place de la conférence Ouest. Encore une année sans playoffs donc, pour la sixième fois consécutive.

Mais ce n’est pas tout ! A l’issue de cet exercice 2018-2019, le co-General Manager Magic Johnson a donné sa démission, et le coach Luke Walton a été poussé vers la sortie. En apparence, ces choix paraissaient douteux, et cela a effectivement été confirmé par un dossier accablant monté par Baxter Holmes, reporter pour ESPN. Parmi les nombreuses révélations qui ont été faites, la majorité concernaient la gestion hasardeuse de Magic et Rob Pelinka, ainsi que le rôle prépondérant de Rich Paul, agent de LeBron. Nous vous conseillons d’ailleurs de lire les articles de Trashtalk, qui détaillent précisément les agissements douteux des dirigeants des Lakers. Tous ces faits en coulisses combinés aux blessures ont fait chavirer le navire angeleno, il n’y a donc rien d’étonnant que tout ait fini en eau de boudin.

Une fois la déception évacuée, la franchise s’est remise au travail pour tenter de faire venir une voir plusieurs superstars, et pour le moment cela a payé. Car après un lobbying de plusieurs mois, Los Angeles a enfin mis la main sur Anthony Davis ! L’intérieur des Pelicans a rejoint les Lakers en contrepartie de Lonzo Ball, Brandon Ingram, Josh Hart et trois tours de draft. Un trade retentissant, qui fait saliver d’avance les fans de L.A. Et nous ne sommes sûrement pas à l’abri de nos surprises, puisque l’objectif est de ramener un autre top player du style Kemba Walker, Kawhi Leonard, afin de constituer un Big Three. Si les Californiens parviennent à leurs fins, nul doute qu’ils retrouveront les playoffs l’an prochain (déjà avec AD il y a de fortes chances), voire peut-être même les finales NBA. L’été sera passionnant sur la côte Ouest.

Le MVP de la rédac : LeBron James, par défaut

Sur le papier rien à dire : 27.4 pts, 8.5 rbds, 8.3 pdec en 35.2 minutes sur 55 matchs. Comme chaque année LeBron James aligne un bilan statistique phénoménal, ce qui le rapproche un peu plus du record de points en carrière détenu par Kareem Abdul-Jabbar. Une régularité impressionnante au plus haut niveau, malgré une vingtaine de rencontres manquées pour cause de blessure. Mais ce n’était pas pour ses points que le King était attendu, plutôt sur sa capacité à tirer vers le haut un effectif hétérogène. Et en ce sens il a clairement failli, contrairement à ce qu’il avait pu faire à Cleveland. Certes, il n’avait pas de joueurs majeurs pour l’entourer, mais cela n’excuse pas tout. Le fait d’avoir tant milité pour signer Anthony Davis au point de dénigrer complètement ses coéquipiers a terni un peu son image, sans parler de ses absences répétées en défense en fin de saison qui ne lui ressemblent pas du tout.

Reste qu’il se démarque largement des autres Lakers en termes d’influence dans le jeu, et c’est pour cette raison que nous en avons fait notre MVP. Il devra néanmoins corriger le tir l’année prochaine, car il sera encore plus attendu. Mentions honorables tout de même à Brandon Ingram (18.3 pts, 5.1 rbds, 3.0 pdec) et au sophomore Kyle Kuzma (18.7 pts, 5.5 rbds, 2.5 pdec) qui ont réussi à tirer leur épingle du jeu dans ce marasme ambiant.

La saucisse de la rédac : L’infirmerie

Difficile de choisir un joueur pire qu’un autre durant cette saison, puisque chacun a eu son moment de gloire de temps à autre. En revanche, comme nous l’évoquions plus haut, la cascade de blessures a été un élément-clé de la chute des Lakers. Rien d’étonnant donc à ce que l’infirmerie fasse office de saucisse, car elle n’a jamais vraiment désempli. On pense notamment à Rajon Rondo (36 matchs ratés), Brandon Ingram (30 matchs ratés), Lonzo Ball (35 matchs ratés), ou encore Josh Hart, JaVale McGee et Kyle Kuzma qui n’ont pas pu disputer l’intégralité des rencontres. Seul Kentavious Caldwell-Pope a réussi à jouer les 82 matchs de saison régulière.

L’avis de la rédac

Nous pensions tous revoir les Lakers en playoffs dès 2019 avec l’arrivée de LeBron James, mais force est de constater que cela n’a pas suffi. Si la franchise avait été mieux organisée, peut-être que cela se serait passé différemment. Mais il y avait beaucoup trop de problèmes internes pour que cela fonctionne, et finalement la fin est logique. Le départ de Magic va pouvoir permettre de tourner une première page, mais il faudrait qu’il soit suivi par Pelinka pour qu’il y ait vraiment une différence. L.A. repart de zéro en automne prochain, et il sera intéressant de voir le duo James-Davis sur le terrain, coaché par Frank Vogel, entraîneur confirmé. Si les Californiens parviennent à former un Big Three, il ne fait aucun doute qu’il faudra compter sur eux en haut de la conférence Ouest. Mais encore une fois ce ne sont que des “si”. On en attend en tout cas bien plus pour le prochain opus.

 

Source image : thewest.com.au



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