Cyclisme

Le doublé de Mohorič : analyse

Cette étape entre Mourenx et Libourne était promise aux sprinters. Longue de 207 km après un passage éprouvant dans les Pyrénées, elle sourit à un opportuniste, Matej Mohorič. Analyse d'un succès tout en puissance.

La muselière de la “wolfpack”

Sous les yeux d'Eddy Merckx, Mark Cavendish avait son terrain pour battre le record du “Cannibale”, qui avait fait le déplacement en Nouvelle-Aquitaine. Scenario inhabituel sur ce Tour de France, Deceuninck-Quick Step ne se met pas à la barre lors d'une étape de plaine. Les directeurs sportifs de l'équipe belge ont mis une muselière sur leurs loups, la “wolfpack” reste dans sa tanière. Alors, pour honorer l'anniversaire d'André Greipel (39 ans), Israel Start-Up Nation fait l'essentiel du travail à l'avant. Devant, les échappés tiennent bon et le peloton abdique.

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© NTT – ASO

Un contre salutaire

Six coureurs, puis vingt filent vers Libourne en tête, et on se doute à cet instant qu'un coup partirait de loin. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'à l'avant figurent Jasper Stuyven (Trek-Segafredo), Christophe Laporte (Cofidis) et Anthony Turgis (TotalEnergies). Ces trois hommes sont rapides au sprint, et font figure d'épouvantail ! Malgré un vent de face, les vingt fuyards roulent vite, très vite, il faudra être fort pour ressortir.

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Dans le vignoble bordelais, Élie Gesbert tente sa chance, mais le seul qui réussit à s'extirper, c'est Matej Mohorič. À vingt-cinq kilomètres du but, le Slovène part à la pédale, ses compagnons de route se regardent sans réaction. Le break est alors fait, avec cinquante-cinq dents sur le plateau, Mohorič enroule un braquet impressionnant. Son avance ne fait qu'accroître, et malgré la distance qu'il reste à couvrir, on comprend vite que le champion de Slovénie est parti pour un doublé. Son compteur affiche des données hallucinantes, avec une moyenne de 48 km/h depuis son attaque.

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Christophe Laporte a tenté de faire la jonction, mais le sprinter doit se contenter du premier accessit. Le Varois est pourtant lui aussi un bon rouleur, mais l'adversité était trop forte, Strava en témoigne. Quelques KOM ont explosé, la puissance a parlé. Même en fin de Tour, Matej Mohorič parvient à produire près de 370 W, sur des portions où en chasse à 46,5 km/h, Élie Gesbert produit moins de 300 W. Mais n'y voyons rien de suspect, aux mêmes passages, le capteur de Franck Bonnamour indiquait entre 437 et 503 W. Capable d'emmener un 55-11, Mohorič s'offre une magnifique victoire, prouvant qu'il n'est pas un simple descendeur, mais bien un coureur complet.

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© Strava

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Cette étape de transition complètement folle, est gagnée à une moyenne de 47,9 km/h. Récemment perquisitionnée dans le cadre d'une enquête, l'équipe Bahrain Victorious brille encore. Cette nouvelle victoire fait évidemment parler les plus septiques, auxquels le lauréat du jour s'adresse personnellement en franchissant la ligne.

Crédit photo en une : Pete Goding
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