Football

Le flow Kovač, ça donne quoi ?

Nouvelle année mêmes objectifs. L’an passé, l’heure était déjà au bilan de mi-saison du Monaco de Jardim à l’époque. Robert Moreno avait tout juste été nommé entraîneur et un nouveau cycle venait de commencer. Pourtant, douze mois et deux entraîneurs plus tard, rien n’a vraiment changé sur le Rocher.

Les maux éternels

© Icon Sport/Pascal Della Zuana

Débarqué à l’été 2020, Niko Kovač était attendu comme celui qui allait instaurer une discipline collective et surtout défensive à l’équipe qui avait terminé 16e meilleure défense la saison précédente. Après 17 matchs joués, Monaco est à la 11e place de ce classement avec 25 buts encaissés. Certes il y a du mieux, mais est-ce difficile de faire pire ? Pour une équipe qui prétend vouloir retrouver l’Europe, cela reste insuffisant. C’est lors de l’exploit face au Paris Saint-Germain que Kovač a cru trouver la solution miracle. En début de saison, le technicien croate s’est d’abord essayé au 4-3-3 avec une tactique résolument offensive tournée vers le pressing tout terrain. Ambitieux, très ambitieux. Si ce système paraissait viable contre les équipes supposées plus faibles, de grosses lacunes se sont faites sentir contre les équipes plus solides dans la transition offensive. Après les défaites face à Rennes, Brest, Lyon et la première mi-temps catastrophique face au PSG, renforcer la défense est devenu une priorité. Les ailiers sont devenus des milieux dont l’apport défensif se devait d’être aussi important que l’apport offensif. Le 4-3-3 s’est transformé en 4-4-2 ou plutôt en 4-2-4. Cependant, on ne soigne pas des fractures avec des pansements.

La défense monégasque est fébrile, c’est loin d’être une nouveauté. Malgré le recrutement d’Axel Disasi, la charnière rouge et blanche manque toujours de solidité. Si l’ancien Rémois avait débuté correctement la saison, il a ensuite montré des grosses lacunes, notamment en terme de vitesse et de marquage. Déjà exclu deux fois cette saison, le vice-capitaine monégasque est loin d’être l’assurance tout-risque de la défense, alors qu’il est censé en être le pilier. L’autre recrue défensive, le latéral gauche brésilien Caio Henrique, est lui plus convaincant sans être transcendant. Cela reste malgré tout bien plus rassurant que son prédécesseur devenu remplaçant, Fodé Ballo-Touré. Pour autant, les problèmes ne viennent pas que des défenseurs.

Un turn-over inexistant

© Valery HACHE/AFP

Niko Kovač a fait ses choix, et il compte bien s’y tenir. Depuis la rencontre face au LOSC, les seuls changements effectués dans le onze titulaire de l’entraîneur monégasque l’ont été par contrainte (blessure ou suspension), excepté la titularisation de Maripán à la place de Badiashile contre Lens. Aucun des trois centraux alignés n’ayant montré de vrais signes de satisfaction, il est regrettable que Chrislain Matsima, titulaire et bon face au PSG, n’ait plus eu sa chance depuis. On ne parlera pas de l’espoir serbe Strahinja Pavlović, apparu quelques minutes lors du match face à Dijon.

Au milieu de terrain, les jeunes Tchouaméni et Fofana se retrouvent à enchaîner les matchs. L’ancien Bordelais possède le troisième meilleur temps de jeu de l’effectif asémite avec plus de 1300 minutes jouées, en ayant manqué un match pour suspension. Cependant, les deux joueurs ont un profil assez similaire et leur complémentarité laisse parfois à désirer, en plus de leurs sautes de concentration régulièrement handicapantes. À voir ce que va donner le retour d’Aleksandr Golovin et s’il pourra fluidifier davantage le jeu monégasque. Cesc Fàbregas, laissé de côté par Kovač en début de saison, semble avoir gagné sa place suite à sa performance XXL face à Paris. L’artiste espagnol doit malgré tout se contenter d’un rôle d’intermittent à cause de ses perpétuels pépins physiques.

En attaque, le quatuor Gelson Martins, Ben Yedder, Volland, Diop a les faveurs de leur coach. Si Sofiane Diop est incontestablement la révélation de ce début de saison côté monégasque, pour Martins, souvent placé côté gauche, c’est plus compliqué. S’il n’est pas avare d’efforts défensifs, son manque d’intelligence de jeu et son déchet technique lassent bon nombre de supporters monégasques. Le retour de Golovin pourrait coûter sa place à l’ailier portugais.  Le duo Ben Yedder (7 buts et 4 passes décisives) – Volland (7 buts et 3 passes décisives) marche bien statistiquement. L’international français, atteint par la COVID début novembre a tout de même plus de difficulté à être aussi influent dans le jeu que la saison dernière (4 de ses 7 buts ont été inscrits sur pénalty).

Les profils créatifs sont très rares à Monaco, la pauvreté du niveau de jeu s’explique en partie par cela. Malgré tout, selon les informations de Nice-Matin, le club souhaiterait se séparer de l’un d’eux : Stevan Jovetić. L’esthète monténégrin n’a pas les faveurs de son coach, qui souhaiterait pourtant le retrouver à la reprise. Le départ de Jovetić serait une aubaine pour Pellegri et Geubbels qui se partagent les entrées en jeu, même si le Français est plus souvent rentré sur un côté. En revanche, son transfert serait un coup dur pour la qualité technique d’un effectif qui en manque déjà cruellement.

Retrouver l’Europe est l’objectif numéro un du club de la Principauté cette saison. Si atteindre la Champions League s’apparente encore à une chimère, le salut pourrait bien venir de la Ligue Europa voire même de la future Conference League, qui débutera la saison prochaine. Un moindre mal, compte tenu du niveau affiché par les hommes de Niko Kovač alors que la mi-saison arrive bientôt. Défense instable et attaque en dents de scie, la 6e place qu’occupent actuellement les Monégasques paraît presque être bien payée.

Crédit photo de une : @AS Monaco

 

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