Basketball

Le poste 5 à travers les âges, miroir de la NBA (Partie 1)

Depuis les prémices de la NBA et même du basket en général, le poste de pivot est probablement celui qui a le plus changé, avec celui de meneur, dont nous avons déjà parlé. De monstre défensif à monstre statistique, en passant par des forces de la nature et des gazelles de 2m20, le poste de pivot est symbole d’une évolution constante de la National Basketball Association. Mais comment exactement se sont traduites ces évolutions ? Quels pivots ont marqué leur temps et la NBA ? Asseyez-vous confortablement, c’est parti pour une leçon d’histoire.

Les 50/60s : la préhistoire.

On peut considérer la saison 1949-1950 comme la première vraie saison de NBA. Elle correspond à la fusion entre la NBL (National Basketball League) et la BAA (Basketball Association of America), deux ligues de basket qui faisaient alors jeu à part. C’est donc dans les années 50 qu’apparaissent les premiers grands joueurs et futures légendes du jeu. C’est donc dans les mêmes années qu’apparaissent les premiers grands pivots, avec comme tête de file George Mikan

 

Ah, la belle époque … Le grand Mikan incarne alors les Lakers.

 

Mikan est la première star de la NBA. En voilà un titre qui en impose. Au début des années 50, les Minneapolis Lakers, qui deviendront plus tard les Los Angeles Lakers, construisent la première dynastie de l’histoire autour de cet incroyable pivot de 2m08. Mikan domine tellement le jeu que les instances de la NBA se voient obligés d’instaurer des règles pour le réfréner, notamment celle du goaltending. Pour faire simple, il était désormais interdit de contrer un ballon descendant vers le panier ou ayant déjà touché celui-ci. À cette époque les contres n’étaient pas comptés, mais ce changement de règle suffit à poser Mikan comme un pionnier du domaine. C’est donc autour de ce roc que les Lakers gagnent 5 titres en 6 saisons : 1949, 1950, 1952, 1953 et 1954. Mikan raccrochera les crampons après cette dernière saison, pour 9 saisons professionnelles, dont 7 en NBA, et une moyenne de 22,6 points et 13,4 rebonds par match. 

Comment ? La première dynastie de l’histoire appartient aux Lakers ? Eh oui. Mais la plus prolifique, elle, appartient aux Boston Celtics, et commence juste après le déclin des Lakers de Mikan. En 1956, les Celtics draftent un jeu pivot nommé Bill Russell. Fait intéressant, celui-ci devient la première star afro-américaine de la NBA, pavant la route à de nombreuses générations à suivre. 

 

Le plus grand défenseur intérieur de l’histoire, Monsieur Bill Russell.

 

Lorsqu’il est drafté en 1956, Russell rejoint le légendaire meneur des Celtics Bob Cousy et le non-moins légendaire coach Red Auerbach. Il emmènera ses Celtics à la plus grande dynastie de l’histoire, avec 11 titres en 1957, de 1959 à 1966, puis en 1968 et 1969. Une domination sans partage qui ne trouvera jamais d’égale, représentée par cet incroyable joueur qu’était Bill Russell. Pivot de 2m08 et 102 kg à son prime, il n’a jamais été très porté sur l’attaque, bien que capable de tourner à 19 points de moyenne lors de certaines saisons. Sa spécialité était la défense, et c’est notamment grâce à elle qu’il mène Boston à la gloire et qu’il gagne 5 titres de MVP.

Contreur inarrêtable, rebondeur acharné, peu importe : Bill Russell représentait un nouvel aspect du jeu encore peu exploité à cette époque en NBA, la défense à son paroxysme. Si sa moyenne de contres en carrière est inconnue, il marque 15,1 points par matchs et attrape 22,5 rebonds. Il est l’un des deux joueurs connus à avoir dépassé les 50 rebonds dans un match, avec un certain … Wilt Chamberlain. Car comment parler de Bill Russell sans évoquer sa rivalité avec Wilt, le plus grand pivot scoreur de sa génération, si ce n’est de l’histoire ?

Remettons le contexte en place : alors que Russell et ses Celtics dominent déjà la ligue depuis 3 saisons, Wilt rejoint en 1959 les Warriors de .. Philadelphie. Dès son premier match, la NBA se rend compte du potentiel du pivot : 48 points et 28 rebonds, et une victoire face aux Knickerbockers de New York. Du haut de son 2m16 et ses 110 kg, Wilt the Stilt (surnom dû à son physique gracile et ses jambes en échasses) domine sa génération et remporte le titre de MVP dès sa première saison. Ses stats parlent d’elles-mêmes : 37,6 points et 27 rebonds de moyenne pour une première saison, plutôt correct donc. Le point culminant de sa domination est la saison 1961 – 1962 : 80 matchs, 48,5 minutes de moyenne par match (!!!), 50,4 points (!!!) avec un record de 100 points contre Knicks le 2 mars 1962 (record a priori imbattable) et 25,7 rebonds par matchs, une orgie offensive de 80 matchs .. qui ne lui permettra même pas de remporter le titre de MVP, remporté par nul autre que Bill Russell, son éternel rival.

 

Wilt défendant sur Russell. Cette rivalité amènera le succès à la NBA.

 

Si Wilt est notamment connu pour détenir tous les records de scoring et de rebonds de la ligue, il ne parviendra jamais à dépasser l’obstacle que représente son rival des Celtics, malgré 2 titres en 67 avec les Sixers et 72 avec les Lakers. Cette rivalité, la première rivalité entre deux pivots stars, amènera ses premières lettres de marque à la NBA, et animera les deux premières décennies de la ligue. D’autres pivots marquent les années 60 en NBA, comme Nate Thurmond. De grands défenseurs, d’intraitables attaquants et de grands leaders, voici les premiers pivots de la NBA. À noter, un dénommé Willis Reed est drafté en 1964 par les New York Knicks, et remportera le titre de Rookie de l’année. Mais nous en parlerons plus tard.

 

Les 70/80s : expansion, grands noms.

 

Alors qu’une nouvelle ligue, la ABA (American Basketball Association) tente de concurrencer la NBA, celle-ci continue de s’agrandir et de voir l’éclosion de nouvelles stars. À cette époque toujours éloignée, les pivots sont les joueurs les plus importants de leurs équipes, et les franchises NBA le savent. Preuve en est qu’à la fin des années 60 et au début des années 70, de nombreux pivots talentueux sont draftés et changent leur franchise : Wes Unseld, Bill Walton, Elvin Hayes, etc.

En 1969, la NBA attire le joueur universitaire le plus convoité, un dénommé Lew Alcindor, drafté en 1ère position par les Milwaukee Bucks. À cette époque, il est notamment connu pour avoir contraint la NCAA à interdire le dunk, première arme offensive du merveilleux pivot de 2m18 et 102 kg. Arrivé aux Bucks et rejoint par le merveilleux meneur adepte des triples doubles Oscar Robertson, il permettra à la franchise du Wisconsin de remporter un titre dès sa deuxième saison (1970-1971). Vous ne le remettez toujours pas ? Il changera plus tard de nom, pour devenir Kareem Abdul-Jabbar, marqueur le plus prolifique de l’histoire de la NBA, et plus grand pivot de l’histoire pour beaucoup.

 

Lew Alcindor sous le maillot des Bucks de Milwaukee.

 

En plus de remporter un titre dès sa deuxième saison, Kareem remporte le trophée de MVP, en alignant des statistiques éblouissantes : 31,7 points, 16 rebonds et 3,3 passes. Plusieurs fois meilleur marqueur de la ligue (1971 et 1972), meilleur rebondeur en 1976 avec 16,9 rebonds, et meilleur contreur en 1975, 1976, 1979 et 1980, Kareem incarne le mieux la domination des pivots dans cette ère. Il est aussi connu pour avoir développer un tir presque impossible à contrer, le skyhook. Un pivot très intelligent, prolifique, leader que ce soit aux Bucks ou aux Lakers aux côtés de Magic Johnson ; 6 titres de MVP, 3 aux Bucks et autant aux Lakers, 6 bagues de champion, dont 5 avec les Lakers, 2 titres de MVP des Finales en 1971 et 1985 (à 38 ans quand même), 15 fois dans une All-NBA Team, 19 fois All-Star, 20 saisons NBA (de 1969 à 1989), meilleur marqueur de l’histoire avec 38 387 points, 3ème rebondeur et l’un des meilleurs contreurs de l’histoire. Voilà qui était Kareem Abdul-Jabbar.

Il serait cependant injuste de résumer cette période à un seul pivot, aussi fabuleux soit-il. Rival du grand Kareem en NCAA, Elvin Hayes est drafté en 1968 par les Rockets de San Diego. Culminant à 2m06 pour 107 kg, il est le 4ème meilleur rebondeur de l’histoire de la NBA. Ailier fort capable de jouer pivot, Elvin Hayes est aussi un excellent scoreur, inscrivant 28,4 points par match dès sa saison rookie, le plaçant en première position des marqueurs. Il est aussi meilleur rebondeur en 1970 et 1974. Transféré aux Baltimore Bullets en 1972, il y restera 9 saisons. Après le déménagement des Bullets à Washington la saison suivant son transfert, il fera équipe avec Wes Unseld, autre grand intérieur de l’époque. Drafté par les Bullets en 2ème position en 1968, juste derrière Hayes, Wes Unseld est le deuxième joueur de l’histoire après Wilt à être nommé Rookie de l’année et MVP lors de sa première saison. 

 

Wes Unseld (41) et Elvin Hayes (11) emmènent les Bullets au titre en 1978.

 

Aidé de ce pivot court sur pattes mais solide (2m01 pour 111 kg), Elvin Hayes emmènera les Bullets 3 fois en Finales en 1975, 1978 et 1979. Ils gagneront le titre en 1978 face aux Seattle Supersonics. Présent en NBA jusqu’en 1984, Hayes est l’un des meilleurs marqueurs de l’histoire, avec 27 313 points en carrière. 

Difficile de parler des 70s sans parler d’un autre pivot légendaire qui aussi sévit dans ces années, Moses Malone. Arrivé en NBA grâce à la fusion entre la ABA et la NBA, nettement plus suivie, rentable et donc puissante, Moses Malone débarque chez les Rockets et compte dès sa première saison dans la ligue près de 13 points et 13 rebonds. 6 fois meilleur rebondir de la NBA, il obtient 3 fois le titre de MVP au cours de sa carrière en 1979, 1982 et 1983 avec les Sixers, témoignant du monstre qu’il était et de la place qu’il prenait dans les raquettes. D’autres grands Big Men comme Bill Walton, MVP en 1978 et FMVP en 1977, ou encore Willis Reed, MVP et FMVP en 1970 sont à mentionner.

Difficile de parler des années 80 sans mentionner de grands pivots. Cette décennie est dominée par les Celtics de Bird et les Lakers de Magic qui y gagneront respectivement 3 et 5 titres, et à cette époque encore, une équipe ne peut être grande sans un grand pivot, et ces deux formations ne dérogent pas à la règle. Si nous avons déjà mentionné Kareem Abdul-Jabbar aux Lakers, il faut évoquer son adversaire direct aux Celtics, Robert Parish. Ce n’est pas pour rien s’il est le joueur ayant disputé le plus de matchs en NBA (plus de 1600.)

 

Parish défendant sur Kareem en 1986.

 

Drafté en 1976 par les Warriors, il rejoint les Celtics en 1980. Dès sa première saison dans la franchise verte, il aide son équipe à accéder au titre. Une fois devenu titulaire après l’annonce de la retraite de Dave Cowens, alors pivot titulaire des Celtics, Parish formera avec McHale et Bird le premier Big Three de l’histoire. 9 fois All-Star, 4 fois champion dont une fois avec les Bulls de Jordan en 1997 (sa 21ème et dernière saison), Parish était un grand pivot de 2m13 et pourtant rapide, longiligne, très adroit à mi-distance et sérieux en défense. Il prendra sa retraite très tard, à 43 ans en 1997. 

Dernier mais pas des moindres, il a hanté les terrains pendant toute la décennie 80, mais a remporté ses deux bagues avec les Pistons en 89 et 90. Si Bill Laimbeer était peut-être moins talentueux (bien que très bon) que les monstres cités au-dessus, il était bien meilleur qu’eux lorsqu’il s’agissait de se faire haïr. Et dans ce domaine, il était roi au sein de son équipe, pourtant constitué de parias de la NBA. Les Bad Boys sont peut-être l’équipe la plus détestée de l’histoire (quoique, les Warriors d’aujourd’hui taquinent), mais ils sont aussi l’une des plus prestigieuses. Et Bill Laimbeer en est l’une des principales raisons.

 

Pendant 15 ans, Laimbeer a terrorisé les joueurs s’aventurant dans la raquette des Pistons.

 

Demandez donc à Jordan, que vous voyez juste au dessus. S’il n’a jamais été un grand scoreur, bien que capable d’atteindre les 17 points de moyenne en régulière, il était avant tout le pire boucher défenseur de la ligue. Avec ses Pistons rugueux défensifs et menés par le génie de Chuck Daly et le talent d’Isiah Thomas, qui n’était pas en reste pour se battre, Laimbeer va s’imposer comme un joueur dirty par excellence, prêt à donner des coups et à les rendre. Mais Laimbeer est aussi l’un des rares pivots à cette époque capable de shooter à 3 points. En moyenne, Billou compile 13 points et 10 rebonds, preuve de son impact dans les raquettes des années 80. C’est avec ce jeu border et toujours à la limite du massacre sur les attaquants adverses que les Pistons iront 3 fois de suite en Finales à la fin des années 80. 

 

Dans la prochaine partie de cet article, nous aborderons les années 90, véritable âge d’or pour le poste de pivot. Stay tuned, nous allons nous attaquer à de vrais monuments de l’histoire du sport américain, et du sport en général, qui nous auront fait “rêver” pendant plus de 10 ans. À demain ! 



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