Le règlement n’empêche pas le spectacle

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Ligue 1

La disqualification de Novak Djokovic dimanche soir a été un cataclysme dans le monde du tennis. C’est la première fois qu’un numéro 1 mondial se voit infliger une telle sanction. La décision a été loin de faire l’unanimité : d’un côté les partisans du “c’est normal, c’est la règle”, de l’autre ceux du “c’est involontaire, la sentence doit être proportionnée au geste”. Pour ma part, je me situe dans le premier camp et si l’on en venait à décider de la sanction en fonction de la gravité, cela pourrait avoir un grave impact sur le tennis que l’on aime. 

La règle, c’est la règle !

Dès qu’il a vu qu’il avait touché la juge de ligne, Novak Djokovic a compris. Il a compris que malgré toutes ses négociations il serait disqualifié. Parce que c’est la règle, parce que c’est déjà arrivé avant lui, parce qu’il était diffusé dans le monde entier. Serait-ce arrivé à quelqu’un d’autre ? Absolument ! Vous me rétorquerez que Bedene, lui, n’a pas été exclu pour un geste similaire la semaine passée. Oui et il aurait dû l’être même si le caméraman a tout de suite montré qu’il allait bien. Ce genre de geste doit être puni de la même manière qu’il y ait intentionnalité ou non (même si en général, les joueurs ne visent personne), qu’il y ait dommage physique ou non. Nous vous avions listé en début de semaine quelques joueurs exclus pour leur comportement lors d’un match de tennis. Aucun de ses joueurs ne souhaitaient blesser quiconque (même si les insultes peuvent parfois heurter). Et pourtant ils se sont tous fait exclure. Cependant, là où la sentence doit évoluer suivant le contexte est une fois que le joueur quitte le terrain. A chaque fois, ils écopent d’une amende, du retrait de leurs points et de leur prize money acquis. C’est à ce moment que l’on peut juger le geste. Dans le cas de Djokovic, on voit clairement qu’il ne fait pas exprès et que, finalement, la juge va bien ; on peut alors décider d’alléger la sanction, une disqualification étant déjà suffisante. Dans le cas d’un Nalbandian qui blesse un juge en finale du Queen’s en 2012, on peut l’amender plus lourdement. Ne pas sanctionner ce genre de geste montrerait que l’on ne prend pas en compte sa dangerosité. Zéro tolérance mais avec une pointe d’indulgence.

L’assouplissement : pour quoi faire ?

Plus encore, cet épisode montre que l’assouplissement des règles voulues par certains n’est pas forcément une bonne évolution. De nombreux observateurs du tennis voudraient que les joueurs puissent s’exprimer bien plus librement. Libérez leurs émotions, leur colère et leur frustration. Quand on voit ce qu’il se passe avec des règles dites strictes, je ne veux pas voir le résultat si les joueurs sont en roue libre. Lorsque qu’un joueur enrage après la perte d’un jeu ou d’un set, on sait pas comment il va réagir. Ce n’est ni aux volontaires, ni aux arbitres, ni au public de se protéger “au cas où”.

Malheureusement, l’histoire nous a montré que s’il n’y a pas de limite, les joueurs ne s’en fixeront pas forcément eux-même. On ne sait pas forcément comment va rebondir une balle ou de quel côté va se diriger une raquette brisée… Laissons libre cours aux échanges verbaux (parfois houleux) entre joueurs, à des cris à l’attention de leur coach ou du public mais pas plus et le tennis en sera toujours aussi beau. De plus, même si le tennis est un show, c’est avant tout un sport. Le spectacle ne doit pas venir des réactions mais plus des échanges et du jeu. Les joueurs et joueuses sont très doués pour cela, laissons les s’exprimer (avec leur raquette).

Vous me trouverez peut-être un peu “vieux con” mais pour moi, le tennis ne doit pas devenir un cirque où les ramasseurs et juges sont au centre de l’arène entourés par des joueurs en furie. Des règles strictes ne diminuent pas la qualité du show !

Source Image en Une : Seth Wenig/AP/SIPA

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